CENI : Félix Tshisekedi face à lui-même

Sélection de la rédaction

* Que sera l’attitude de Félix Tshisekedi qui avait refusé d’investir
Ronsard Malonda, candidat entériné par l’Assemblée nationale alors
dirigée par Jeanine Mabunda, justifiant son refus en s’appuyant sur le
manque de consensus entre les confessions religieuses
*Aujourd’hui, il est placé dans la même situation, peut-il se dédire en
investissant Denis Kadima comme prochain président de la CENI ?

Après deux semaines de laborieux travaux, la commission « paritaire » de l’Assemblée nationale chargée d’examiner les candidatures des composantes au bureau et à la plénière de la CENI s’apprête à rendre son rapport. A moins d’un cataclysme politique, la chambre basse du Parlement va entériner les choix opérés par les composantes, même si « Ensemble pour la République » de Moïse Katumbi, « Lamuka » du duo Martin Fayulu – Adolphe Muzito ainsi que l’aile dure du FCC de Joseph Kabila ont décidé de ne pas désigner les candidatures aux postes leur réservés.
Comme cela a été une constante depuis 2006, la majorité parlementaire va passer outre les récriminations de ces groupes politiques, qui jugent non transparent le processus tel que mené par le speaker de la chambre basse du parlement.

Si la plénière de l’assemblée nationale donne le quitus au rapport de la commission « paritaire » et entérine les candidatures proposées, il faudra attendre l’ordonnance d’investiture que devra signer le président de la République.
On se demande bien ce que sera l’attitude de Félix Tshisekedi qui avait refusé d’investir Ronsard Malonda, candidat entériné par l’assemblée nationale alors dirigée par Jeanine Mabunda. A l’époque, il avait justifié son refus en s’appuyant sur le manque de consensus entre les confessions religieuses. Comme aujourd’hui, l’ECC et l’église catholique n’avait pas agréé le choix porté par les six autres confessions religieuses sur Ronsard Malonda, malgré son expertise avérée en matière électorale.
Aujourd’hui, Félix Tshisekedi est placé dans la même situation. Toute chose restant égale par ailleurs, peut-il se dédire en investissant Denis Kadima comme prochain président de la CENI ? Tout porte à croire, à moins d’un miracle, qu’il pourrait s’incliner devant le choix opéré par les six confessions religieuses sous la houlette de Dodo Kamba, président des églises de réveil du Congo. Le week-end, Denis Kadima a reçu le soutien plus qu’appuyé de Simon Kimbangu, chef spirituel de l’église kimbanguiste.
Le train est sans doute déjà en marche pour un passage en force, quitte à arrondir les angles après. Dans certains cercles politiques, on rappelle que la désignation des membres de la CENI a toujours obéi à cette logique. Un candidat président désigné en dehors de tout consensus entre confessions religieuses, mais qui, en définitive, reçoit le quitus de la majorité parlementaire et l’investiture du président de la République. Ce ne sera donc pas nouveau sous le soleil congolais et ce n’est pas le FCC qui devrait faire des leçons de morale politique sur ce point.

Il reste que la méfiance va s’installer un peu plus entre les forces politiques et sociales, au risque de plomber le processus électoral. La prochaine étape, pleine d’embûches, ce sera la révision de la loi électorale et une possible révision de certaines dispositions de la constitution. Autre pomme de discorde en vue : le choix à opérer entre l’identification des électeurs ou révision du fichier électoral et l’identification de la population ou recensement. Du choix qui sera fait dépendra la suite, vers un glissement ou pas.

Kumbu Mona

 

 

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