RAM-RDC: L’Union sacrée refuse de sacrifier Augustin Kibassa!

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Une dizaine de minutes ! C’est le temps qu’a pris Augustin Kibassa Maliba, hier au Palais du peuple, pour répondre aux préoccupations des députés sur la taxe Registre des appareils mobiles (RAM). Le ministre des PT-NTIC a juste eu le temps de déclarer qu’il s’en remettait à une décision du gouvernement à qui le problème a été posé sur la suite à donner aux revendications des Congolais, qui trouvent injuste, inappropriée et comme un vol organisé cette taxe RAM.

Pas assez dur

L’auteur de la question s’est montré assez peu pugnace dans sa conclusion. Certes, il a exigé l’annulation de l’arrêté ministériel instituant la taxe RAM et la suppression de celle-ci, ainsi que le remboursement des unités défalquées aux consommateurs, mais il a évité de proposer ce que tout le monde attendait : la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire. Celle-ci aurait dû faire le reste du boulot afin de connaître qui a fait quoi et sur base de quoi dans cette affaire. L’enquête aurait également permis de savoir combien d’argent a déjà été produit par la taxe RAM, où l’argent est logé, qui mouvemente ce compte et pour quelle affectation. C’est le flou total qui persiste autour du RAM.

A l’issue de cet exercice parlementaire, nombre de Congolais, si pas tous, moins ceux qui profitent de ce que d’aucuns ont qualifié d' »escroquerie », sont restés sur leur soif. On ne saura jamais quel est le degré d’implication du ministre des PT-NTIC dans cette affaire et quelle est la part de l’Autorité de régulation des postes et télécommunications (ARPTC) dans cette imbroglio. Service rattaché à la présidence de la République depuis 18 ans et jusqu’il y a 48 heures, l’ARPTC est désormais, à la faveur de la publication, il y a seulement 48 heures, de la loi sur les télécommunications et les Ntic, rattachée au ministère des PT-NTIC. C’est là que l’on peut trouver la vérité sur la très controversée taxe RAM. Hélas !

Ça continue

Le débat à l’assemblée nationale sur la taxe s’est quasiment terminée en queue de poisson. La conclusion en demie teinte de l’auteur de la question démontre à suffisance que l’Union sacrée a préféré ne pas donner des ailes au FCC resté fidèle à Joseph Kabila pour crucifier Augustin Kibassa. L’homme qui paraissait visiblement n’être qu’un bouc-émissaire, s’en tire plutôt bien. La motion de défiance déposée par le FCC contre lui n’a aucune chance d’aboutir à un départ immédiat de Augustin Kibassa du gouvernement.

Toutefois, ce qui choque  c’est qu’alors que les Congolais n’avaient pas encore supporté tous les effets de la douche froide d’hier, le RAM poursuivait son opération de coupe des unités des abonnés des sociétés des télécommunications.

Cela ajoute à une colère sourde qui ne va pas retomber de sitôt. Si la taxe RAM continue à pomper les unités des pauvres Congolais, elle sera au-devant des débats lors de la campagne électorale pour les élections de 2023. Et, ce ne sont pas ceux qui ont imaginé et mis en place le RAM qui vont en répondre face à l’opinion publique. C’est Félix Tshisekedi seul, candidat à sa propre succession, qui devra trouver des réponses idoines aux interrogations des Congolais, à moins qu’entre-temps le RAM ait été totalement réformé.

Kumbu Mona

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