11ème prorogation de l’état de siège en Ituri et au Nord-Kivu: Des officiers FARDC, issus du mixage, au banc des accusés

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Une plénière s’est tenue, le lundi 1er novembre 2021, à l’Assemblée nationale, axée sur la prorogation, pour la 11ème fois consécutive, de l’état de siège dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu.

Au cours de cette séance, le débat a été houleux. Les députés se sont livrés à une véritable catharsis sur la question des tueries qui se perpétuent à l’Est du pays. Dans le Hall du Palais du peuple, certaines sources ont laissé entendre que certains élus sont allés presqu’à éventrer le boa, tant la situation sécuritaire dans les deux provinces est précaire avec sa cohorte macabre des morts.

C’est dans la foulée que des officiers militaires issus du mixage FARDC- CNDP de Laurent Nkunda – M23 de sieurs Bisimwa et Makenga ont été accusés d’être parmi les auteurs des tueries dans ces deux provinces. Il est un secret de Polichinelle, qu’en 2006, le général Nkunda ainsi que certains hommes des troupes avaient refusé de rejoindre Kinshasa. Au motif qu’ils resteraient au Nord-Kivu pour défendre les leurs. D’où, quelques mois plus tard, la naissance du CNDP. Quelques temps après, à l’issue de la conférence sur la paix et le développement de l’Est organisée à Goma, des militaires réfractaires refusèrent encore d’être déployés dans d’autres garnisons militaires du pays. Ainsi, ce groupe rebelle coalisa avec d’autres pour créer le M23. Ayant été chassés en 2013, certains rebelles trouvèrent refuge en Ouganda et d’autres se volatilisèrent dans la nature, parfois se confondirent dans la population. Avec tenues militaires des FARDC et armes, ils seraient aujourd’hui parmi les auteurs des massacres, ont dénoncé certains députés au cours de la plénière de ce lundi 1er novembre.

Une plénière passionnante et passionnelle

Le débat était à la fois passionnant et passionnel, ont indiqué d’autres sources proches de la chambre basse du Parlement. Certains députés ont demandé la démission du ministre de la Défense ainsi que des gouverneurs militaires à la tête de ces deux provinces. D’autres encore, ont exigé la levée pure et simple de l’état de siège en Ituri et au Nord-Kivu, au motif que cet état exceptionnel n’a pas apporté des résultats escomptés. Au passage, des officiers FARDC, sans pour autant les nommer, ont été accusés de détournement des soldes et des frais de ménage et autres ravitaillement alimentaire des troupes au front. Certains députés encore, ajoutent les mêmes sources, se sont étonnés de la manière dont l’armée mène cette guerre. Une guerre estampillée asymétrique, et pourtant les bastions des terroristes sont connus. Un élu a posé la question de savoir pourquoi les FARDC attendent toujours d’être attaquées pour réagir au lieu d’attaquer ces jihadistes directement dans leurs retranchements.

Durant cette plénière, face à toutes les questions soulevées, aucune alternative valable n’aura été proposée pour mettre fin aux massacres qui endeuillent le pays, a indiqué une autre source.

« En quoi l’état de siège vous gêne ? »

Ainsi, le premier vice-président de l’Assemblée nationale, Jean-Marc Kabund –a- Kabund, a dans un ton fracassant fustigé l’attitude des élus nationaux des provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu sous état de siège. À l’en croire, cette opposition de leur part n’aboutira nullement à éradiquer les tueries dans l’Est du pays, raison pour laquelle il a par cette occasion appelé ses collègues députés à faire des propositions plutôt que de protester contre cette mesure.

« C’est très grave. Au lieu d’exiger la fin de l’état de siège, vous nous aurez proposé ici des pistes des solutions. C’est de ça qu’on a besoin. En quoi l’état de siège vous gêne ? Parce que ces tueries existent depuis trois décennies. Vous voulez qu’on tue nos compatriotes là-bas sans que quelque chose soit faite ? Je nous exhorte à la retenue, au bon sens et à l’intelligence parce que cette question est très délicate », a déclaré le premier vice-président de l’Assemblée nationale.

Sur ce, Jean-Marc Kabund a indiqué aux députés brandissant le message de « Pas de prorogation sans plan de sortie », qu’aucune forme de populisme ne sera acceptée.

LRP

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