Nouveau massacre en Ituri: Des morts de trop sous l’état de siège!

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107 corps retrouvés jusque-là. 107 Congolais tués, massacrés dimanche et hier lundi par des miliciens de la CODECO dans deux villages, Drodro et Largu, dans le territoire de Djugu, province de l’Ituri. L’armée parle de 12 civils tués et dit avoir lancé une offensive pour nettoyer le secteur des miliciens de la CODECO.
Que ce soit 107 ou 12 morts, ce sont des morts de trop dans une province placée sous état de siège depuis cinq mois déjà. C’est à croire que ces fameux miliciens ou rebelles de la CODECO ont décidé de franchir un pan macabre de plus dans cette guerre dite asymétrique, qui leur est favorable. Ils ciblent des villages. Ils les investissent souvent la nuit. Ils pillent, incendient des maisons et tuent des paisibles citoyens qui ont le malheur de se retrouver là, sans défense.

Demain, il y aura d’autres morts, d’autres massacres. Pendant ce temps, l’armée et les autorités militaires et policières placées à la tête de cette province promettent une « montée en puissance » des FARDC. Du matériel sophistiqué devrait, semble-t-il, être disponibilisé pour venir à bout de cette dangereuse CODECO.

Ça tarde

Ce énième massacre de populations civiles à Drodro, Largu et leurs environs ne peut que relancer le débat sur l’efficacité de l’état de siège. Si une alternative crédible n’est pas disponible face aux attaques répétées des forces négatives dont la CODECO, il est plus que temps que les FARDC changent de stratégie et passent à l’offensive pour mettre hors d’état de nuire ces miliciens.
Comme toujours, on ne sait même pas pourquoi ces fameux miliciens de la CODECO harcèlent les FARDC et tuent les populations civiles. On ne connait pas leurs exigences, leurs désidératas. Que veulent-ils obtenir concrètement ? Pourquoi tuent-ils toutes ces populations sans défense ? Ont-ils de revendications politiques, sociales, économiques claires ? Quelles sont-elles ? Veulent-ils être intégrés dans l’armée ? Ont-ils de revendications territoriales ? On ne sait jusque-là rien de leurs motivations profondes ni qui sont leurs vrais chefs, commanditaires et soutiens. Comment se financent-ils ? Qui leur vend les armes et munitions ?

Ce qui est vrai est que la CODECO, les ADF et toutes les autres forces négatives y compris des pseudos Maï- Maï, qui terrorisent les populations civiles sont en train de rendre ces riches contrées de l’Ituri et du Nord-Kivu quasiment invivables. Des gens y vivent la peur au ventre, ne sachant pas s’ils seront encore vivants le jour suivant.

Une armée à la défensive !

On a toujours claironné que cette guerre qui endeuille la RDC dans sa partie orientale est asymétrique. On a toujours rétorqué à ceux qui s’accrochent à cette « évidence », qui n’en est pas une, que les sanctuaires et autres repères de ces hors-loi sont connus. Cela veut dire qu’il nous faut des nouvelles stratégies militaires pour venir à bout de ces bandits.

Recevant dernièrement le député Lambert Mende dans son émission « Bosolo na politik officiel », Israël Mutombo alias « Sango » a balancé un reportage qu’il a effectué dans la cité de Komanda en province de l’Ituri. Toutes les personnes interrogées ont été unanimes pour dire que « la population collabore avec les services de défense et de sécurité. Mais nous ne comprenons pas comment c’est quand nous sommes déjà massacrés que l’armée arrive ». Les propos d’un autre habitant de cette cité ont été on ne peut plus interpellateurs. D’une manière imagée, comme une équipe de football, il a déclaré au micro de « Sango » : « Notre armée est constituée seulement des défenseurs. Il n’y a pas d’attaquants. Sans les attaquants, vous ne pouvez pas gagner un match », fin de citation. « Les FARDC savent où se cachent ces bandits-tueurs. Pourquoi on ne les attaque pas dans leurs cachètes ? », avait-il déclaré dans un ton très désemparé.

Pendant que des compatriotes sont massacrés aveuglément par des hors-la-loi mus par la seule et mesquine volonté de détruire, à Kinshasa certains coalisent dans des alliances contre-nature avec ceux qui, hier aux affaires, ont échoué à donner la paix aux populations meurtries du Kivu et de l’Ituri.
Il est plus que temps que la paix en Ituri et au Nord-Kivu devienne la priorité des priorités pour le gouvernement. On ne peut accepter que des compatriotes soient ainsi massacrés durant tant d’années. On ne peut accepter que quelques miliciens sommairement équipés déjouent toutes les stratégies de l’armée. Trop, c’est trop.

Kumbu Mona

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