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Taxe sur le RAM : la population aux abois, le chef de l’État insensible

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La fameuse taxe sur le Registre des appareils mobiles (RAM) continue d’embarrasser les populations congolaises, du nanti au gagne-petit. Tous les cris de cœur lancés à l’endroit de leurs initiateurs et en particulier du chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi, n’ont trouvé aucun écho.

Même dans son fameux discours sur l’état de la nation prononcé dernièrement devant les deux chambres du Parlement réunies en congrès, le président de la République a fait fi d’aborder ce sujet. Ce qui fait dire aux analystes politiques et autres observateurs avertis, qu’il y a anguille sous roche.

En effet, le président de la République n’a rien dit. Même pas un seul mot sur ce que l’on qualifie de scandale qui agite pourtant toutes les couches de la population depuis plusieurs mois.

Escroquerie à grande échelle

A propos de l’escroquerie liée à la taxe RAM sur les téléphones portables, il y a lieu de noter que, même la Commission EcoFin (Commission économique et financière) de l’Assemblée nationale, n’a retrouvé aucune trace dans les budgets de l’Etat. Comme pour dire que, l’argent généré par cette taxe créée pour des gains politiques, ne bénéficient qu’à certains individus. Des analystes parlent des frais qui vont servir à la propagande d’une famille politique bien connue, lors des échéances électorales de 2023.

En effet, c’est depuis la fin 2020 que les possesseurs de téléphones portables sont obligés de débourser de O,17 à 1,17 dollar mensuellement sur leurs appareils. Cette somme prélevée automatiquement à partir des recharges d’unités téléphoniques, varie selon que le téléphone est de la génération 2G, 3G ou 4G. Cette somme s’ajoute également à une taxe sur le roaming prélevée de la même manière, de 1 à 7 dollars annuellement. Mais cet état de choses n’arrange pas les Congolais, surtout les moins nanties, parce qu’ils achètent peu d’unités seulement à cause de leurs maigres moyens. Curieusement, dès l’achat, les unités disparaissent automatiquement au profit de cette fâcheuse taxe RAM, instituée par le ministre des Télécommunications, Augustin Kibassa Maliba, suivi d’un remerciement rigolo pour avoir rechargé les unités.

Mensonge grossier

A en croire le ministre Kibassa, cette taxe a permis à l’État congolais, de générer près de 25 millions de dollars au profit du trésor public.

Il faisait cette déclaration le 29 septembre dernier devant les députés de l’Assemblée nationale. Il avait aussi déclaré que la taxe RAM devait servir à la lutte contre le vol des téléphones et contre les contrefaçons d’appareils, et qu’elle avait « permis de collecter 25 millions de dollars au profit du Trésor public » et de retrouver « 500 » téléphones volés.

Mais qu’à cela ne tienne, les explications du ministre Kibassa, étaient loin de calmer l’inquiétude des élus du peuple. De son côté, l’Ong ODEP (Observatoire de la Dépense publique), avait laissé entendre que, la taxe avait plutôt rapportée 266 millions de dollars en tout.

Cet argent est réparti à 40% pour le Trésor public, 30% pour le prestataire du service 5C Energy, 25% à l’ARPTC (Autorité de régulation des postes et télécoms) et 5% pour les entreprises téléphoniques.

Par contre, l’ODEP a fait savoir, qu’il n’y a aucune trace des 40% qui reviennent à l’Etat dans le budget 2021, ni dans le projet de budget 2022. De même, aucune trace de la taxe RAM ne se retrouve dans les actes générateurs de l’ARPTC, comme prévu.

Mettre fin au calvaire de la population

Les mêmes propos ont été confirmés dernièrement par la Commission EcoFin de l’Assemblée nationale, qui n’a trouvé aucune trace des fonds générés par la taxe RAM, ni dans le budget général, ni dans les budgets annexes, ni dans les comptes spéciaux : aucune trace de cet argent ni dans le rapport de reddition des comptes de 2020, ni dans la loi de Finances rectificative de 2021, ni dans le projet de budget 2022.

Pour les députés nationaux, ce prélèvement qui n’a rien de taxe, inventé par le ministre Kibassa est « illégal » et doit être annulé « sans délai ». Et ce rapport a été adopté unanimement adopté par l’Assemblée nationale, avec l’accord de députés l’Union sacrée.

Certains de ces députés ont même exigé le remboursement des sommes perçues et des poursuites judiciaires contre « les auteurs de ce qu’ils qualifient d’escroquerie.

Le chef de l’État insensible

Au cours du 25ème conseil des ministres tenu le 23 octobre dernier, pendant que des députés dénonçaient déjà l’ »escroquerie » du ministre Augustin Kibassa Maliba, le gouvernement avait tout juste accepté d’envisager une suppression de la taxe RAM pour les détenteurs de téléphones 2G, les moins performants et qui appartiennent aux gagne-petits. La colère de la population a redoublé d’intensité. Même au niveau du parlement, les deux chambres sont montées au créneau contre la taxe RAM.

Pendant ce temps, c’est comme si les revendications des populations ne lui disent absolument rien. Car en clair, le président Félix Tshisekedi n’a pas jugé nécessaire d’aborder la question dans son discours sur l’état de la nation. Il a préféré plutôt s’étendre sur les réussites de sa gouvernance.

Dossier à suivre.

José Wakadila

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