RDC : Les grandes inconnues de l’accord avec Dan Gertler

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Le gouvernement congolais continue de se féliciter de l’accord signé entre Dan Gertler et la ministre de la Justice qui permet à la RDC de récupérer des avoirs miniers et pétroliers, qui s’élèveraient à 2 milliards de dollars américains, détenus jusqu’ici par des entreprises de l’homme d’affaires israélien.

Mais la satisfaction du affichée par le premier cercle du pouvoir autour du président Félix Tshisekedi est loin d’être généralisée.

Dès le lendemain de l’annonce de cet accord, on a pu ainsi découvrir la déclaration sur twitter de Peter Pham. Pour l’ancien envoyé spécial des Etats-Unis en RDC, qui connaît particulièrement bien le milieu des affaires congolais, cette annonce doit être suivie par la publication du contenu des termes de l’accord.

« J’espère qu’au nom de la bonne gouvernance et de la transparence, les termes de cet accord avec M.  Gertler seront publiés comme l’a demandé à juste titre la société civile de la RDC et du monde », a déclaré Dr. J. Peter Pham, le samedi 26 février.

Dans la même communication sur ce réseau social, Peter Pham va même plus loin et met en garde le gouvernement congolais sur le contenu de ce deal. Il rappelle ainsi que quels que soient les termes de cet accord et les garanties judiciaires offertes au patron du groupe Ventura par le président Tshisekedi, l’homme d’affaires demeure sous sanctions aux Etats-Unis et la grâce congolaise pourrait assombrir les relations entre Washington et Kinshasa.

Grogne et questionnement 

Peter Pham comme avant lui la coalition « Le Congo n’est pas à vendre » ont été rejoints par de multiples voix tout au long du week-end. Avec à chaque fois le même constat : l’opacité totale de ce règlement à l’amiable et l’évolution constatée dans la communication du pouvoir congolais entre la première annonce de cet accord et ce qui a été dit lors de la signature en pleine nuit du protocole d’accord. En effet, lors du conseil des ministres, le pouvoir parlait initialement de la récupération des « actifs miniers et pétroliers et d’une partie substantielles des royalties de KCC ». De nombreuse voix s’interrogeaient alors : pourquoi une parte substantielle et pas l’intégralité des royalties et pourquoi uniquement KCC et rien sur les royalties de Mutanda et Metalkol?

Aujourd’hui, après la signature de l’accord entre les deux parties, les mêmes interrogations subsistent. Elles sont même encore plus grandes car dans la foulée de cette soirée nocturne, on ne parle plus du tout des royalties. « Or, ces royalties lui rapportent plus de 200.000 dollars par jour », insiste un spécialiste de la question.

« On peut douter encore plus qu’il compensera les pertes passées. Au contraire, on semble passer l’éponge », s’indigne un autre expert qui ajoute : « Bref, avec cet accord vanté comme bénéfique, il se pourrait tout à fait qu’il garde ses 2 milliards volés dans le passé, qu’il garde une partie substantielle des royalties, qu’il ne rende que les blocs pétroliers et quelques permis dans l’or. En d’autres termes, on n’a aucune idée dans quelle mesure le règlement est réellement juste ».

« Par ailleurs, l’accord a été négocié par une très petite poignée de gens. Les personnes qui devraient normalement être impliquées dans ce dossier n’ont même pas vu de copie », ajoute cet expert qui interroge: « Qui peut réellement être satisfait de la compensation des dommages que le Congo a subi? A part peut-être certains qui s’y retrouvent personnellement sur le dos du Congo et des Congolais ? »

De nombreuses voix rappellent que le manque de transparence sur les montants et les avoirs récupérés par le Congo se double du fait que sans la publication e cet accord personne en sait où seront affectés les fonds qui seraient ainsi récupérer.

Dan Gertler touche des royalties de $200.000 par jour grâce à trois projets: KCC, Mutanda et Metalkol. Le gouvernement a annoncé qu’il ne récupèrerait qu’une « partie substantielle des royalties de KCC. » Pourquoi pas tout ? Pourquoi pas ceux de Mutanda et Metalkol ?

Autant de questions qui pourraient être levées par la simple publication d’une copie de l’accord. « Il sera peut-être plus facile d’obtenir une copie en passant par Tel-Aviv que par Kinshasa », explique un de nos spécialistes des dossiers miniers congolais. L’ONG Le Congo N’est pas à Vendre exige au gouvernement de publier le contrat.

La Libreafrique/LRP

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