Avec l’appui du FOPHAC et de la FENAPHACO: L’Ong GRADHAC sensibilise les chefs des quartiers de Mont-Ngafula sur les droits des personnes handicapées

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Des chefs des quartiers et des administratifs de la commune de Mont-Ngafula étaient en séance de sensibilisation mercredi 6 avril 2022 dans la salle des conférences de la maison communale, sur les instruments juridiques nationaux et régionaux et internationaux qui garantissent les droits des personnes vivant avec handicap, en particulier la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées (Aveugles, sourds-muets, handicapés moteurs, les bossy, l’homme de petite taille, les albinos…).

Pour Me Patrick Pindu-di-Lusanga, Directeur exécutif du GRADHAC (Groupe d’action et la défense des droits des personnes vivant avec handicap), les personnes vivant avec handicap vivent dans la précarité en RDC. Leurs droits sont non seulement bafoués et non reconnus, mais elles également victimes des attitudes négatives de la part des personnes valides. Ces dernières estiment que les PVH sont incapables et sont inutile dans la communauté. C’est la raison pour laquelle le Forum des Défenseurs et Organisations des Personnes Vivant avec Handicap en Afrique Centrale (FOPHAC) et la Fédération nationale des associations des personnes handicapées (FENAPHACO-HANDICAP/CONGO), ont apporté leur soutien matériel au GRADHAC, en vue de l’organisation de cette session d’information et de sensibilisation.

L’objectif de cette activité poursuit Me Pindu, consiste en particulier à renforcer les capacités des quartiers qui sont en contact permanent avec les personnes handicapées dans leurs milieux. « Avec les chefs des quartiers, le message peut facilement passer dans la communauté en vue de l’obtention d’un changement des regards et d’attitudes sur les personnes vivant avec handicap, notamment à travers le respect de leurs droits ».

Parlant de ces instruments juridiques, Me Pindu explique qu’ils sont répartis en deux groupes. Il y a ceux qui protègent les droits des personnes vivant avec handicap d’une manière générale et ceux qui les protègent d’une façon spécifique. Sur le plan national, mieux au niveau de la RDC, il a cité la Constitution de la république, notamment en son article 49 alinéa 1 (Les personnes vivant avec handicap et les personnes de troisième âge, ont droits à des mesures spécifiques pour leur protection), alinéa 2 (L’Etat doit promouvoir la présence des personnes vivant avec handicap, au sein des institutions nationales, provinciales et locales) et alinéa 3 (Une Loi organique doit être votée au parlement pour les modalités d’application de ces droits). « En outre, tous les articles qui protègent les droits des citoyens dans la Constitution, le sont également pour les PVH », a fait noter Me Pindu.

Parmi d’autres instrument nationaux, il a cité la Loi sur la parité qui garantit les droits des femmes vivant avec handicap ; la Loi portant protection des droits de l’enfant qui garantit les mêmes droits à tous les enfants ; le Code de la famille). Sur le plan régional, il a cité la régionaux et internationaux, Me Pindu cite la Charte Africaine des droits de l’homme et des peuples, relatif aux droits des personnes handicapées en Afrique, qui garantit les droits de toutes les PVH au niveau régional ; la Charte Africaine des droits des femmes ou Charte de Maputo ; la Charte Africaine des élections, la gouvernance et la démocratie ; la Charte Africaine des droits des personnes handicapées (adopté en 2018 à Addis-Abeba) et la Loi type africaine sur le handicap (votée par les parlementaires panafricains en 2019 en Afrique du Sud).

Sur le plan international, il existe également quelques instruments qui protègent les droits des PVH, en l’occurrence la Déclaration universelle des droits de l’homme (Adoptée le 10 décembre 1948, date de la création de l’ONU), le Pacte international relatif aux droits civils et politiques ; le pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels ; la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard de la femme ; la Convention relatif aux droits de l’enfant (adoptée en 1989 et ratifiée par la RDC en 1993) ; la Convention sur les droits des travailleurs migrants ainsi que la Convention relative aux droits des personnes handicapées, signée par tous les chefs d’Etat et les gouvernements du monde.

Parmi tous ces instruments, l’activité de mercredi 6 avril 2022 a tourné sur la Convention relative aux droits des personnes handicapées. La copie de ce précieux instrument en faveur des PVH a été mis à la disposition des chefs des quartiers et des administratifs de la commune de Mont-Ngafula, afin qu’à leur tour, ils puissent faire la sensibilisation au niveau de leurs communautés. Elle dispose en son sein 50 articles (égalité et non-discrimination ; femmes handicapées ; enfants handicapés ; accessibilité ; sensibilisation ; droit à la vie ; accès à la justice ; protection de l’intégrité de la personne ; droit de circuler librement ; droit de ne pas soumis à l’exploitation, à la violence et à la maltraitance ; droit de ne pas soumis à la torture ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ; protection de l’intégrité de la personne…).

Une aubaine pour les administratifs de Mont-Ngafula

Livrant ses impressions, le responsable du service social de la Commune de Mont-Ngafula, Samy Fumbi, a manifesté son satisfecit pour la simple raison que, les personnes vivant avec handicap font partie de son rayon d’actions. « Nous n’allions pas exister sans eux et vice-versa. Nous devons donc travailler en étroite collaboration, surtout que tout le monde est personne avec handicap, mais qui s’ignore, pour la simple raison que, personne ne peut prévoir un accident ou un malheur qui peut survenir demain ou après-demain, et qui peut faire de lui une PVH », ajoutant que cette séance lui a permis d’ajouter d’autres connaissances sur les droits des personnes vivant avec handicap.

Pour lui, cette séance de sensibilisation tombe à point nommé, car son service était déjà en train de lancer une opération d’identification de tous les enfants vivant avec handicap de la commune de Mont-Ngafula. Il sera donc question d’inclure toutes les catégories des PVH ainsi que les personnes de troisième âge, qui sont également considérées comme des personnes vivant avec handicap. Aussi a-t-il émis le vœu de voir ce genre de formation s’étendre dans toutes les autres communes.

Pour sa part, M. Jean-Paul Amboko Elumba, chef de quartier Masanga-Mbila dans la même commune, a mis l’accent sur la vulgarisation des différents instruments protégeant les personnes vivant avec handicap. « Aujourd’hui, je ne peux plus avoir un mauvais regard vis-à-vis des personnes vivant avec handicap. Par conséquent, mon devoir est de sensibiliser toute la communauté du quartier Masanga-Mbila, de considérer non seulement les personnes vivant avec handicap telle qu’elles sont, mais aussi de les protéger. Même chose pour les différents foyers, qui doivent scolariser les enfants vivant avec handicap, afin qu’ils puissent apprendre pour leur propre auto-prise en charge », a-t-il dit, invitant les PVH à se libérer du complexe, en se considérant comme toute autre personne, afin de s’intégrer dans la société, au regard de tous les instruments juridiques qui les protègent.

A noter que pour la commune de Mont-Ngafula, le GRADHAC appuyé par la FENAPHACO et le FOPHAC avec le concours de Africa Disabilty Alliance, National Endowment For Democraty (NED) et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, a prévu d’organiser deux activités : la première activité concerne les chefs des quartiers et le personnel administratif et le seconde concernera les enseignants et les chefs des établissements scolaires, en vue de les sensibiliser sur les droits des enfants vivant avec handicap en milieu scolaire. Après la commune de Mont-Ngafula, ce sera le tour des communes de Kisenso, Selembao, Ngaliema, Bumbu et Makala.

Pour rappel, les handicapées en RDC forment une population de près de 13.841.000 d’individus, soit 18% de la population nationale et une population regroupant 9 pays de l’Afrique centrale. Mais 98% d’entre eux sont analphabètes et ont besoin d’être assisté et secourus.

José Wakadila

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