Atelier de validation de la politique agricole durable de la RDC: Aristide Ongone insiste sur l’élaboration des textes réglementaires et des mesures d’application

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Dans son mot de circonstance, le représentant-résidant de la FAO, Aristide Ongone Obame, a fait savoir que c’est depuis trois ans que cet organisme du système des Nations Unies accompagne le ministère de l’Agriculture dans la formulation de la politique agricole durable, à travers le projet Gestion Durable de l’Agriculture (GDA), un accompagnement qui se fait grâce à l’appui financier de CAFI-FONAREDD.

Le projet GDA dit-il, dispose de sept (7) résultats, dont le premier et le plus important, est l’élaboration de la politique agricole durable, qui fait l’objet de cet atelier. Il est revenu sur le résultat du projet 2, qui se rapporte aux textes réglementaires qui doivent accompagner la mise en œuvre de la politique agricole durable. Concernant ce résultat, Aristide Ongone fait savoir que le projet GDA a appuyé la Cellule d’Elaboration des Mesures d’Application de la Loi Agricole (CEMALA) et à ce jour, 11 textes réglementaires jugés prioritaires sont à la disposition du ministère de l’Agriculture, notamment l’avant-projet de Décret portant organisation et fonctionnement du Conseil Consultatif National Agricole (CCNA).

Le grand défi à ce jour dit-il, demeure la mise en application de ces textes, et surtout l’élaboration de nouveaux textes qui pourront appuyer la mise en œuvre de la politique agricole durable dès que celle-ci aura été validée.

Parlant du résultat 3 du projet, le numéro un de la FAO dit qu’il vise à renforcer les capacités techniques des experts nationaux pour une mise en œuvre efficiente de la politique agricole durable. « Ici le projet GDA a introduit et diffusé pour la première fois en RDC, l’outil EX-ANTE CARBON, qui permet d’estimer les émissions de Carbone avant la mise en œuvre des projets agricoles, de pêche et d’élevage », rappelle-t-il, avant de souligner qu’à ce jour, près d’une centaine d’experts nationaux issus des ministères sectoriels (Agriculture, Pêche et Elevage, Environnement), de l’Agence Congolaise de l’Environnement, des universités, de la société civile, et même du FONAREDD (Fonds national REDD), ont été renforcés dans l’utilisation de cet outil, en dehors l’acquisition et la livraison de plusieurs équipements et matériels informatiques au profit du ministère de l’Agriculture.

Les résultats 4 et 5, qui concernent le référentiel technique de base pour la sédentarisation des agriculteurs et le cahier sur les besoins de recherches complémentaires sont encore en friche et leur mise en œuvre va débuter incessamment. « Néanmoins, il y a lieu de signaler les passerelles qui ont déjà été tissées entre le projet GDA et l’Institut National d’Etude et de Recherche Agronomiques (INERA) qui ont permis de réaliser les premières ébauches des notes conceptuelles autour de ses deux études », renseigne le représentant de la FAO en RDC.

Parlant du résultat 6 du projet, qui vise à mettre en place une plateforme de diffusion des bonnes pratiques agricoles, Aristide Ongone affirme qu’il a été atteint à travers la relance du site internet du ministère de l’Agriculture. Ce qui fait que le projet GDA a doté la Direction Archive et Nouvelles Technologies de l’Information (DANTIC), de plusieurs équipements informatiques spécialisés, notamment d’un serveur ultra moderne, d’une connexion internet permanente, hormis les formations en faveur des experts da ladite direction. « Le grand défi à ce jour demeure la pérennisation du fonctionnement et de la mise à jour régulière de ce site internet, qui nécessite des moyens supplémentaires », a-t-il fait voir, avant de parler du résultat 7 qui concerne la mise en place des postes sentinelles pour l’observation des Evènements Majeurs de Déforestation (EMD).

A l’en croire, ce résultat a été également atteint, avec cinq postes sentinelles pilotes qui sont actuellement fonctionnels et logés dans les Inspections Territoriales de l’Agriculture respectivement à Bumba, Bomongo, Budjala, Inongo et Masi-Manimba. Le défi dit-il, reste la pérennisation des activités et la transmission régulière des rapports sur les EMD.

Cap important

Pour Aristide Ongone, la RDC vient de franchir un cap important avec l’élaboration de la politique agricole nationale durable, car elle dispose désormais d’un instrument qui va guider ses choix, en vue d’un développement durable du secteur agricole et rural. « Néanmoins, il convient de ne pas baisser les bras pour autant. Le Ministère de l’Agriculture doit d’ores et déjà planifier les étapes futures, en vue de l’opérationnalisation effective de cette politique. Il s’agit essentiellement de l’élaboration des textes réglementaires et des mesures d’application, mais aussi de la programmation et de la budgétisation des actions, sans oublier l’épineuse question de la mobilisation des ressources tant humaines que financières », a-t-il recommandé, avant de réitérer l’engagement de la FAO aux côtés du gouvernement de la RDC, pour l’accompagner dans cet exercice noble d’éradiquer une bonne fois pour toute, la pauvreté et la faim en RDC.

De son côté, M. Félicien Mulenda, Coordonnateur du Secrétariat exécutif du FONAREDD, a rappelé le programme de la GDA approuvé par le COPIL du FONAREDD du 22 février 2018 pour une durée de 36 mois, avec un budget de 3 millions USD, est mis en œuvre par la FAO, en collaboration avec le ministère de l’Agriculture. A ce jour dit-il, le FONAREDD a déjà transféré 2,3 millions USD au Programme ; tandis que le reste sera disponible dès que le programme aura présenté le plan de travail détaillé.

Il a rappelé que dans le cadre de la Lettre d’Intention du second partenariat RDC-CAFI pour la période 2021-2031, la RDC a pris des engagements politiques forts, en lien avec une agriculture REDD+ compatible à savoir : orienter le développement agricole en priorité dans les zones de savane y compris la facilitation de la sécurisation foncière et l’accès à l’énergie et 8 millions d’hectares de terres et forêts restaurées (Défi Bonn, AFR100) à l’horizon 2030.

Pour sa part, le Secrétaire général à l’Agriculture, Kalala Mbayo qui procédait à l’ouverture des travaux au nom du ministre empêché, a indiqué que la formulation de la politique nationale de l’agriculture durable, est inscrite dans le cadre des réformes sectorielles lancées par le gouvernement de la république à travers le FONAREDD et dont les objectifs se fondent sur la vision à long terme de la croissance verte prônée par le président de la république Félix-Antoine Tshisekedi.

Cette vision poursuit-il, vise non seulement la préservation de la forêt, mais lutte également contre les changements climatiques et le développement économique. Il est solide, rapide et durable. « Pour le secteur agricole, les défis majeurs consistent à promouvoir les investissements agricoles respectueux de la forêt et l’amélioration des moyens d’existence de la population rurale y compris les personnes vulnérables et marginalisées », dit-il, ajoutant que l’agriculture itinérante sur brûlis ayant été identifié comme le premier moteur de la déforestation en RDC, il était du devoir du gouvernement de la république à travers le ministre de l’Agriculture, d’apporter une réponse durable à cet effet. La politique nationale de l’agriculture durable de la RDC, constitue la réponse à ce défi, car à travers elle, le gouvernement entend relancer l’agriculture pour résoudre durablement et de manière efficace, les problèmes d’insécurité alimentaire et nutritionnelle qui affectent gravement la population congolaise.

José Wakadila

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