Lutte contre l’insécurité alimentaire: Les rideaux sont tombés sur l’atelier de validation de la politique agricole durable de la RDC

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Organisé du 1er au 2 juillet 2022 au chapiteau du Pullman hôtel à Gombe, l’atelier de validation de la politique agricole durable de la RDC a clos ses portes le week-end dernier, sous une note de satisfaction générale.

Présent à la cérémonie de clôture de cette importante activité, le ministre de l’Agriculture, Désiré M’zinga Birihanze, a félicité tous ceux qui ont contribué à la mise en place de la politique nationale de l’agriculture durable, notamment les experts et les partenaires techniques et financiers (FAO, FONAREDD, CAFI). Cette politique agricole durable dit-il, vient en appui à la philosophie du Chef de l’Etat Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo sur la revanche du sol sur le sous-sol. « Nous n’avons pas attendu tous les documents produits au cours de cet atelier pour commencer le travail. Ce qui fait que je suis heureux ce jour, de voir que les choses bougent dans le pays. Car même les congolais considérés hier comme étant des fainéants, sont aujourd’hui débout pour travailler », a soutenu le ministre, faisant allusion à la fabrication de pain sur base de la farine panifiable et fine dans la ville-province de Kinshasa.

Il a par ailleurs reconnu que les défis sont nombreux, entre autres la vulgarisation. Ici, le ministre cite l’exemple des militaires qui doivent aller au front pour lutter contre la crise alimentaire.

En clair dit-il, cela nécessite la sensibilisation de la population du fait que, malgré les 80 millions d’hectares de terres arables dont dispose la RDC, la crise alimentaire persiste. Il a ajoute à ce défi, celui lié à la formation de ceux qui font l’agriculture, avec comme recommandation de faire valider leurs semences et engrais par les services compétents.

A cela s’ajoute la mise à niveau des moniteurs agricoles et de tous ceux qui prestent dans le domaine agricole.

Tout en encourageant l’agriculture familiale, le ministre Birihanze évoque le défi de l’organisation au niveau des coopératives. « Nous étions un peu égoïstes ou égocentriques et tout le monde voulait que les choses passent par lui. Ensuite, on s’enfermait sur soi. Mais aujourd’hui, nous pensons que les coopératives peuvent sauver l’agriculture congolaise. Nous partirons des villages pour réorganiser le système de troc, sans oublier l’étape de la modernité. Comme nous avons les ambitions de nourrir le monde, nous devons aussi passer au système de motorisation agricole, aux engins, aux machines, afin de faire des exportations pour accroître notre production », a-t-il fait savoir, avant d’évoquer le défi lié aux finances. « Ce ne sont pas des défis insurmontables, car l’impossible n’est pas congolais. Ensemble unis, nous allons y arriver», a rassuré le ministre de l’Agriculture.

De son côté, le représentant-résidant de la FAO, M. Aristide Ongone Obame, a manifesté son satisfecit de voir ce travail arriver à termes. Il a mis un accent sur l’agriculture durable, qui pour lui, signifie que la population doit beaucoup produire, parce que les besoins sont énormes. Mais en produisant souligne-t-il, la nature sur laquelle on produit, ne doit pas être détruit. « Vous produisez parce que c’est la nature qui vous permet de produire. Mais en même temps, il faut protéger cette nature. C’est ce qui est un peu nouveau dans cette politique nationale agricole. En clair, chaque fois que vous allez pratiquer une quelconque opération agricole, il faudra toujours penser à la préservation de l’environnement », a encore ajouté M. Ongone.

A l’issue de l’atelier, le représentant des participants, a reconnu la grave responsabilité et l’exaltante mission qui étaient le leur, à travers cette épreuve de la formulation de la politique agricole de la RDC. « Nous avons mesuré le poids, mais en même temps, éprouvons la joie et le soulagement d’y être parvenu. Nous avons essayé au mieux de nos ressources, de nos diverses expertises et de notre patriotisme, de faire le mieux que nous avons pu, pour le bien-être commun de nos concitoyens en deux jours marathon des travaux. Ce qui est à féliciter », a-t-il martelé, avant de remercier le ministre de l’Agriculture pour la tenue de cet atelier.

Selon le représentant des participants, les experts ont apporté leurs précieuses contributions pour parfaire l’ossature de base qui avait déjà reçu de nombreux apports. « Il n’est certes pas parfait, mais il approche la perfection », a-t-il confié au ministre, l’invitant de faire en sorte qu’elle soit appliquée, en obtenant du Chef de l’Etat, son implication personnelle. Car aucun autre secteur insiste-t-il, n’est autant impliqué à la politique, à l’économie, à la sociologie, à l’anthropologie, à l’aménagement du territoire, à la terre et à la vie. « Vous et le Chef de l’Etat, avez entre vos mains, un trésor qu’il faut améliorer et appliquer pour soulager la misère de nos concitoyens et pour assurer la sécurité alimentaire et la grandeur de la RDC. Avec ce trésor, la RDC peut se transformer en une véritable puissance agricole et par ricochet, en une puissance géopolitique et économique, bref à une puissance tout court », a-t-il conclu.

A savoir

Il faut noter que cet atelier a réuni près de 161 participants dont 56 en provenance des provinces, parmi lesquels tous les ministres provinciaux de l’Agriculture. Deux panels de présentation se sont succédé à tour de rôle. Le premier panel avec comme thème : « Historique de l’importance de la politique agricole dans le pays », a connu trois intervenants à savoir : prof. Jean Ahunge de la Faculté Agronomique de l’Université de Kinshasa, qui a fait une présentation sur la définition de la politique agricole et l’importance de la politique agricole dans un pays. Il a été suivi par M. Thomas Kembola, Secrétaire général honoraire au ministère de l’Agriculture. Ce dernier a fait l’historique des politiques agricoles et cadres programmatiques élaborés par le secteur agricole ; tandis que le troisième intervenant, M. Sabi Oleko, Chef de projet de gestion durable de l’agriculture, a axé sa présentation sur le diagnostic du secteur agricole.

Le second panel sur « Le processus de formulation de la politique agricole : les objectifs et actions prioritaires de la politique agricole ainsi que le cadre institutionnel et financement de la politique agricole », a également connu la participation de trois intervenants à savoir : M. Venant Palanga, expert au ministère de l’Agriculture qui a retracé le processus le processus qui a conduit la formulation de la politique agricole durable. Le deuxième intervenant M. Sabi Oniko, a présenté les approches, les objectifs et les actions prioritaires de la politique agricole durable ; tandis que le troisième intervenant, M. Issa Saidi Mahel, également expert au ministère de l’Agriculture, a parlé du cadre de mise en œuvre et de financement de la politique agricole durable.

Les participants ont été ensuite répartis en trois groupes de travail avec pour mandat, d’enrichir le draft 2 de la politique agricole durable, lequel se rapporte aux textes réglementaires qui doivent accompagner la mise en œuvre de la politique agricole durable.

José Wakadila

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