Dans les coulisses de la tripartite de Luanda : Tout ce qu’on ne vous dit pas sur cette rencontre dite de “vérité”

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Les deux chefs d’État (Félix Tshisekedi et Paul Kagame), ont changé d’attitude depuis une certaine période. C’est en effet tout le contraire qu’ils nous ont présenté ces derniers mois, lors de leurs apparitions publiques alors qu’ils étaient habitués à des poignées de main chaleureuses associées à un sourire, qui ne s’éteint toujours pas.

Les gestes et les apparences en diplomatie sont symboliques et ne sont jamais anodins ni un fait de hasard. A Luanda, l’on a pu ouvertement remarquer que Félix Tshisekedi et Paul Kagame ont envoyé un signal à travers leur attitude.

Sur l’une des rares photos après avoir pimenté tant de recherches, Paul Kagame serre la main de son homologue angolais en le regardant droit dans les yeux avec délectation, on dirait, d’une mission accomplie. Pendant ce temps, le président congolais reste planté comme un arbre regardant le climat d’ambiance et de convivialité entre Kagame et João Lourenço. Au-delà des gestes, les poignées de main sont un exercice diplomatique lourd de sens.

Et Félix Tshisekedi n’a eu qu’à serrer la main du président angolais, chez qui s’est tenue la rencontre tripartite de Luanda. Selon nos sources entrecoupées, Kagame et Tshisekedi ne se sont pas serrés la main à Luanda. Au contraire, ils ont continué à se regarder de manière moins amicale et fraternelle. Et s’il y en a eu, on reproche vivement le service de la communication du président congolais qui ne cesse de faillir quotidiennement à sa mission de faire preuve d’une bonne communication en ce temps de crise et de vendre la bonne image de l’institution président de la République.

Qui a été dupé, qui a été roulé ?

L’un des points qui cloche est la feuille de route de la rencontre tripartite de Luanda qui est tout sauf à l’avantage de la RDC. Kagame exige que l’on tue pour Kigali tous les supposés FDLR réfugiés en RDC et que Kinshasa accepte d’amnistier et d’intégrer les ex-rebelles M23 basés au Rwanda. Kinshasa a été moins forte et a fléchi devant Kigali. Honte au pays de Lumumba!

Tout compte fait, nous sommes en droit de dire que ce tête-à-tête, qui n’en est pas le premier de ce genre, serait loin de répondre à la problématique de la résolution pacifique et durable de la paix dans la partie orientale. Ce, en attendant le déploiement risqué, et dont les conséquences peuvent être incalculables, de la force régionale en RDC.

Au sein du parti présidentiel, le scepticisme même est grand. « Septique quant à la sincérité de Paul Kagame qui ne tient jamais parole. Il avait signé les accords à Arusha pour une transition pacifique au Rwanda, mais il ne s’était pas empêché de bombarder l’avion d’Habyarimana provoquant ainsi le génocide qu’il vend au mieux aujourd’hui», a déclaré le député provincial et cadre de l’UDPS, Peter Kazadi, qui, il y a quelques jours, appelait le chef de l’État à faire la guerre au Rwanda.

La crainte est quasiment partagée par toute la classe politique. Proche du pouvoir, l’initiateur de la proposition de loi sur la congolité et candidat à la présidentielle de 2018, doute aussi de la sincérité du Rwanda voisin qui tire profits de l’instabilité de la RDC.

« Je m’associe au président Macky Sall pour saluer les résultats du dialogue entre les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame, mais attends le retrait immédiat et complet du M23 pour juger de la sincérité du Rwanda. Trop de morts causés par des visées hégémoniques injustifiées », a fait remarquer Noël Tshiani.

objectif-infos / LRP

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