A travers une pétition signée par 100.000 personnes: Des ONG congolaises et internationales demandent au président Félix Tshisekedi de mettre fin à l’exploitation de nouveaux gisements pétroliers

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Plus de 100 000 personnes ont signé une pétition demandant au président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, de mettre fin à l’exploitation de nouveaux champs pétroliers et gaziers dans le pays. La pétition, lancée au début du mois par des ONG congolaises et internationales, a été remise lundi 25 juin 2022 à la présidence de la république par des militants de Greenpeace Afrique. Le jour de la vente aux enchères, jeudi 28 juillet, les militants d’Extinction Rebellion et de Greenpeace remettront des copies de la pétition aux ambassades de la RDC en Afrique et ailleurs.

La pétition, distribuée hors ligne et en ligne à travers la RDC par trois ONG environnementales nationales et à des publics internationaux par le biais de 350.org, Greenpeace Afrique, Rainforest Foundation UK et Rainforest Rescue, stipule que le gouvernement de la RDC à Kinshasa s’approche d’un point de non-retour : le gouvernement veut sacrifier de vastes zones de la forêt tropicale et des tourbières du Congo pour le pétrole. Ce serait un désastre absolu pour le climat, la biodiversité et les populations locales.

« Le temps de la promotion de nouveaux projets pétroliers est révolu. Pour notre bien-être et celui des générations futures, nous disons NON au bradage de nos forêts et tourbières et demandons au Président Félix Tshisekedi d’ordonner l’arrêt immédiat de la mise aux enchères des blocs pétroliers dans nos écosystèmes sensibles tels que le Parc National des Virunga et d’autres parties du bassin du Congo », a déclaré Bonaventure Bondo, Coordinateur du Mouvement des Jeunes pour la Protection de l’Environnement MJPE-RDC. 

« Avec la mise aux enchères des blocs pétroliers, les communautés locales sont prises en otage par les élites politico-économiques. L’exploitation du  pétrole congolais implique la disparition d’immenses parties de la biodiversité dont 100 millions de personnes dépendent pour la pêche, l’agriculture et d’autres pratiques traditionnelles. Elle implique également la négligence permanente des alternatives aux énergies renouvelables. Nous disons non à cette vente », a fait savoir Justin Mutabesha de l’Association des Jeunes Visionnaires RDC.

« La RDC ne manque pas de ressources pour relancer son économie et améliorer les conditions de vie des Congolais. Le pays est classé 182e en matière de bonne gouvernance, alors que sa population vit avec moins d’un dollar par jour, même dans la ville de Walikale, où le cobalt est extrait », a indiqué Faustin Nyebone de l’AICED (Appui aux initiatives communautaires pour la conservation de l’environnement et le développement durable).

« Rien ne peut justifier ce crime environnemental. Cherchez l’argent ailleurs et ne polluez pas notre planète », a déclaré Isaac Mumbere du Réseau CREF RDC.

« Nous pouvons être un pays solution pour l’humanité et un pays qui répond à ses propres besoins sociaux et économiques sans mettre en danger l’avenir de nos enfants en ne protégeant pas les écosystèmes critiques », a prévenu Pascal Mirindi, Extinction Rebellion, Université de Goma, RDC.

« Six mois seulement après avoir signé un accord de 500 millions de dollars pour la protection des forêts lors de la COP26, le gouvernement congolais déclare la guerre à notre planète avec le pétrole et le gaz. Le prix immédiat sera payé par les communautés congolaises, qui ne sont pas au courant de la vente aux enchères, n’ont pas été consultées ou informées des risques pour leur santé et leurs moyens de subsistance. Beaucoup d’entre elles se soulèveront contre cette décision – et nous nous tiendrons à leurs côtés », a dénoncé Irene Wabiwa Betoko, chef de projet international pour la forêt du bassin du Congo, Greenpeace Afrique. 

Pour Joe Eisen, directeur exécutif de Rainforest Foundation UK, « Ce bradage chaotique de certaines des forêts les plus sensibles de la RDC sape son image de “pays des solutions” aux crises du climat et de la biodiversité. Alors que les besoins de la RDC en matière de développement sont bien réels, rien ne permet de penser que les revenus du pétrole et du gaz seront utilisés pour le bien public plutôt que pour l’enrichissement personnel des élites politiques. Au lieu de cela, nous exhortons le gouvernement et ses partenaires internationaux à garder les combustibles fossiles dans le sol et les arbres sur pied en travaillant avec les communautés locales et indigènes qui dépendent de ces zones »

« Ces plans sont choquants. Alors que le monde est confronté à une extinction massive d’espèces animales et végétales et à une urgence climatique, le gouvernement de la RDC est sur le point de déclencher une bombe environnementale qui menace également les moyens de subsistance de millions de personnes qui dépendent des forêts du Congo. Le pétrole doit rester dans le sol partout dans le monde, y compris en RDC », a déclaré Marianne Klute, présidente de Rettet den Regenwald / Rainforest Rescue.

Charity Migwi, chargée de campagne régionale pour l’Afrique à 350.org, a conclu en disant que « Le projet de mise aux enchères de 27 blocs pétroliers et de 3 blocs gaziers en RDC est une démarche qui condamne le pays et sa riche biodiversité à la destruction. Il y a tellement d’enjeux pour l’emploi et la santé des populations, sans parler des impacts de la crise climatique et des violations des droits de l’homme que ces projets de combustibles fossiles vont provoquer. Au lieu de cela, c’est une chance historique pour les dirigeants de la nation de signaler leur engagement à conduire un véritable changement transformateur en gardant les combustibles fossiles dans le sol, plutôt que de bloquer la nation dans une transition juste. Il existe un énorme potentiel de croissance économique pour la RDC grâce aux énergies renouvelables propres »

Greenpeace-Afrique/LRP

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