Enjeux politiques: Les chrétiens de la paroisse la Résurrection de Lemba sensibilisés par la LICOPADEL

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La Ligue congolaise pour la paix, les droits de l’homme et les élections (LICOPADEL), Ong de défense des droits de l’homme et de la promotion de la culture démocratique, a organisé vendredi 5 août dernier à la paroisse la Résurrection du doyenné St Esprit au quartier Salongo en collaboration avec la commission des intellectuels de ladite paroisse et la commission Justice et Paix, une matinée d’information et de sensibilisation des chrétiens et des responsables des commissions paroissiales sur les enjeux de la situation politique de l’heure en RDC et l’évolution du processus électoral.

Pour Me Patrick Pindu-di-Lusanga, cette activité organisée dans la cadre du projet de promotion de la démocratie, les droits de l’homme, la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption dans les milieux ruraux et périurbains.

Il s’agit de mettre face-à-face, les acteurs politiques et de la société civile et la population, pour un échange citoyen en rapport avec l’évolution politique du pays.

Premier intervenant, Me Carlos Mopili, a exposé sur « les conséquences de la guerre de l’Est de la RDC dans la sous-région de l’Afrique centrale et son incidence pour le développement de la RDC ».

Il a subdivisé son exposé en deux points qui sont les causes et les acteurs des guerres récurrentes et les conséquences. Pour lui, cinq causes sont à la base de ces guerres : politique, économique, démographique, historique et géostratégique et l’immoralité politique interne. Cette guerre dit-il, tire ses origines avec l’assassinat du Premier ministre Patrice Emery Lumumba, suivi par les massacres de ses disciples.

Il y a eu ensuite les pillages des ressources minières par les multinationales anglo-saxons, lesquelles fournissent des moyens aux candidats de certains puissants pays moyennant des deals. Ce sont donc ces pays qui manipulent les citoyens contre les intérêts de leurs propres pays.

A cela s’ajoute la cause démographique qui oblige le Rwanda à déverser ses populations en terres congolaises à travers l’immigration, afin de s’en approprier. S’ensuit la cause historique et géostratégique qui vise la balkanisation de la RDC ainsi que l’immoralité politique qui a instituée la culture d’esclavage et de vassalité qui caractérisent les dirigeants politiques congolais.

Parlant des acteurs de la guerre, Me Carlos Mopili parle des acteurs visibles (FARDC, casques bleus, groupes armées nationaux et étrangers…) et non visibles (Rwanda, Ouganda, sociétés multinationales anglo-saxons, organisations internationales qui ne jouent pas franc-jeu).

En ce qui concerne les conséquences de la guerre, l’orateur évoque les pertes en vies humaines (8 à 11 millions de morts), atteinte à l’intégrité physique et morale, violences sexuelles, violations des droits civils, perte des biens économiques, cohabitation, destruction de l’environnement, culture de violation du droit public international, croissance économique qui profite aux agresseurs…

Partis politiques et société civile ne jouent pas leur rôle

Me Blanchard Mongomba, Sg de Nouvel Elan d’Adolphe Muzito, a exposé sur « Les enjeux de la situation politique de l’heure et ses conséquences sur l’insécurité de la guerre à l’Est de la RDC ».

D’entrée de jeu, l’orateur a dénoncé le comportement des partis politiques qui ne visent que la conquête du pouvoir, sans pour autant former leurs membres sur la gestion de la respublica.

Il a formulé la même critique à la société civile qui ne joue pas normalement son rôle de catalyseur et conscientisation de la population. Ce qui permet aux partis politiques de dévier et d’abuser de leur pouvoir. A ces acteurs s’ajoutent les groupes de pression et la population qui doit se lever et faire pression aux acteurs politiques.

Il a fustigé le fait que, les acteurs politiques actuels cherchent à se maintenir au pouvoir ; alors qu’ils n’arrivent à sécuriser l’Est du pays. « Même s’ils cherchent le départ de la MONUSCO aujourd’hui, est-ce que les FARDC sont suffisamment outillés pour faire face aux rebelles à l’Est du pays ? », s’est-il demandé, avant de regretté que les dirigeants du pays font fi des vrais enjeux politiques qui devaient caractériser la gestion du pays.

Par conséquent, Me Blanchard Mongomba a invité la population, à faire preuve de sa maturité, en exerçant pleinement sa souveraineté lors des élections, avant de dénoncer la mainmise de la communauté internationale sur l’imposition des dirigeants en RDC. D’où le besoin d’un éveil de conscience en bravant la peur, surtout que la guerre à l’Est ne profite qu’à leurs commanditaires.

M. Alain Bolodgwa qui a planché sur les enjeux de la guerre dans la partie Est du pays, a précisé que cette question est transversale et qu’il n’est pas question de continuer à faire des déclarations ou à se lamenter. « Nous sommes en face d’un complot international qui ne date pas d’aujourd’hui. Il y a des enjeux mondiaux qui prennent en compte les éléments que nous avons. Et nous avons démontré que chaque fois qu’il y avait une évolution au niveau technologique, cela justifiait dans une certaine mesure la guerre en RDC », a-t-il dit, avant d’appeler la RDC à un leadership transformationnelle et d’anticipation, susceptible de changer les rapports de force sur le terrain.

Me Alphonse Maseko, avocat près la Cour d’Appel de Matadi, a axé son intervention sur « Procès 100 jours de Vital Kamerhe : mythe, favoritisme ou réalité ? ». Il a rappelé à ce sujet qu’il existe une procédure de l’offre, qui permet à l’Etat de ne pas trop perdre grâce à la concurrence. Pourtant, cette procédure n’avait pas été respectée.

Il se demande alors comment l’acquittement des personnes qui se sont compromises est-elle devenue effective. Cela dit-il, pourrait obliger Vital Kamerhe de porter plainte à l’Etat congolais pour diffamation. Ce qui lui fait dire que ce procès est apparenté à mythe et au favoritisme, par rapport aux enjeux politiques de l’heure au détriment de la RDC qui a perdu près de 50 millions de dollars américains.

Tenir les élections dans le délai

M. Prince Epenge, acteur politique de son état, a exposé sur « Les enjeux de la situation politique de l’heure et la tenue des élections présidentielles, législatives nationales et provinciales dans le délai constitutionnelle ». Il a regretté le comportement des hommes politiques congolais qui passent le clair de leur temps dans des disputes, ce qui met en péril le changement tant souhaité au pays.

C’est la raison pour laquelle a-t-il émis le vœu de voir les élections se tenir dans le délai, afin de permettre au peuple d’opérer son choix. « Mais au vu de ce qui se trame au pays, nous avons l’impression que le président Félix Tshisekedi est en train de préparer le glissement. Pourtant, les élections sont importantes, surtout que la RDC n’est pas un Royaume », avant d’inviter la population à travers la société civile, de demeurer exigeant avec les politiciens, pour que les élections se tiennent dans le délai.

Présent parmi les panélistes, Me Ferdinand Kambere, Secrétaire permanent du PPRD a parlé sur la tenue réelle des élections et sur l’importance de l’adhésion de la RDC à EAC (Communauté de l’Afrique de l’Est). Il a au préalable, fustigé l’adoption de la loi électorale ainsi que la composition de la CENI qui divise la classe politique.

S’agissant de l’adhésion de la RDC, il a dénoncé le fait que c’est une manière pour le pouvoir en place, de faire introduire de manière officielle, tous les Etats qui combattent la RDC à l’Est, à travers la mutualisation des forces régionales de l’Est avec les troupes des pays membres tels  Burundi, Kenya, Ouganda, Rwanda, Soudan du Sud, Tanzanie, dont certains pays combattent la RDC. « C’est qui est curieux, c’est le fait que le commandement de cette force ne sera pas assurée par les FARDC, une situation qui est contre la souveraineté nationale », a encore dénoncé Ferdinand Kambere.

Il faut noter que la série des conférences initiée par la LiCOPADEL va se poursuivre dans les différentes paroisses de la ville-province de Kinshasa (Matete, Mont-Ngafula, Lemba, Makala, Maluku/Menkao).

José Wakadila

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