RDC: « Au Congo, nous aimons l’Environnement, mais nous devons quand même bénéficier de nos sous-sols » (Ministre des Hydrocarbures)

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La République Démocratique du Congo, pays riches en minerais, ambitionne certes de devenir un gérant des énergies fossiles.

Cela est d’autant vrai que ce pays aux dimensions continentales regorge du pétrole et de gaz, ce dont le gouvernement de la République voudrait profiter. Une opportunité de diversifier son économie longtemps tournée quasi exclusivement tournée vers les matières premières : le cuivre, le cobalt, le diamant, l’uranium, le coltan, le nobium….

Il y a peu, le gouvernement congolais a procéder au lancement des appels d’offres pour exploiter 30 blocs pétroliers et gaziers, une option qui inquiète pas d’organisations de défense de l’environnement avec à leur tête, Greenpeace.

Une opinion politique continue de voir dans l’acte posé par le pays de Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, la grandeur d’un Etat mondialement connu pour ses richesses minières incommensurables, qui tient désormais à diversifier son économie.

Des sources fiables font état que le pays produit actuellement 23.000 barils de pétrole par jour, elles estiment les ressources à 22 milliards de barils et à 66 milliards de m3 de gaz dans le lac de Kivu. Des chiffres astronomiques qui ne pourraient laisser insensibles l’industrie pétrolière et gazière.

Selon des chercheurs avertis, la République Démocratiques du Congo serait un pays encore très peu exploré, en termes pétrolier et gazier. D’où ça vaut la peine pour lui de faire des exploitations énergétiques.

Mais, à cette grande ambition du gouvernement congolais, des organisations de protection de l’Environnement expriment leurs vives inquiétudes.

Elles estiment que ce projet gouvernemental aurait plutôt des conséquences catastrophiques sur les communautés riveraines de ces blocs pétroliers, la biodiversité et le climat mondial.

Les défenseurs des Droits de l’environnement croient dur comme le fer que ces blocs pétroliers et gaziers toucheraient notamment un complexe riche en tourbières dans la zone de la Cuvette centrale, une « bombe » à carbone, et le Parc national de Virunga, dernier refuge des gorilles des montagnes.

Une inquiétude que le gouvernement de la RDC semble balayer d’un revers de main.

« On sait tous que les énergies fossiles tendent vers la fin, donc nous avons intérêt à les exploiter maintenant. (…) Nous avons pris des blocs hors des périmètres protégés », assurait récemment Didier Budimbu, le ministre congolais des hydrocarbures, à une chaîne de télévision mondiale.

Et de renchérir : « Au Congo, nous aimons l’environnement, mais nous devons quand même profiter de nos sous-sols. »

Les défenseurs de l’environnement ne nient pas l’aide au développement que pourrait apporter l’argent du pétrole. Mais ils ne font aucune confiance au gouvernement, qui généralement ne tient pas ses promesses.

La République Démocratique du Congo est 169e sur 180 pays à l’index sur la corruption de l’ONG Transparency International.

Philippe Dephill Lipo

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