Décès de Joël Kubala au cachot de l’IPKIN: La famille Kabongo demande justice et sollicite l’implication du Chef de l’Etat

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Un adolescent de 20 ans, étudiant en 1er Graduat de l’Université Panafricaine à Mont-Ngafula et répondant au nom de Joël Kubala Kabongo, a trouvé la mort dans la nuit de vendredi 25 à samedi 26 août 2022 au cachot de la police criminelle dans la commune de Gombe, pour des raisons non encore élucidées. Cette nouvelle a été annoncée à la presse lundi 12 septembre 2022 au siège de la Voix des Sans Voix pour les droits de l’homme (VSV) par les membres de la famille de la victime, au cours d’une tribune qui leur a été accordée par cette Ong.

Dans son introduction, la Chargée des programmes à la VSV, Madame Irène Monama, a laissé entendre que, les informations qui leur sont parvenues font état des allégations de torture qui auraient conduit à cette mort.

Les faits

Prenant la parole, la mère biologique du disparu, Madame Thérèse Ngalula Tshianda, a expliqué que tout a commencé mardi 23 août dernier aux environs de 15 heures. Ce jour-là, feu Joël Kubala était posté près de sa boutique située devant la parcelle familiale dans la commune de Mont-Ngafula, lorsqu’il vit des policiers non autrement identifiées et habillées en tenues civiles, venir le bousculer, tout en lui intimant l’ordre de les suivre. La maman qui a senti des bruits, décida d’en savoir un peu plus. C’est ainsi qu’elle se rua dehors pour comprendre ce qui se passait.

A sa grande surprise, elle trouva son fils entre les mains de ses bourreaux, en train de les mena son fils et de ses deux compagnons sans convocation, ni mandat d’amener, Madame Thérèse Ngalula dit avoir subi des menaces de mort. Pris de panique, elle laissa son fils être embarquer par ces éléments suspects à bord d’un véhicule. Toutes les démarches amorcées le même mardi 23 août pour retrouver les traces de son fils, se sont avérées vaines.

C’est le jeudi 24 août qu’elle fut informée que son fils a été finalement conduit au siège de l’Inspection provinciale de la police (IPKIN), sur avenue du 24 novembre à Gombe. Arrivée sur place, la visite de son fils fut conditionnée moyennant le paiement d’une caution. Après avoir pris langue avec son fils Joël Kubala qui se tordait déjà des douleurs pour avoir été torturé, Madame Ngafula explique que jusque-là, aucun plaignant n’a été signalé, ni le motif pour lequel son fils a été arrêté.

La seule information qu’elle a pu recevoir de son fils, c’est celle de se présenter au District de la police de Mont-Ngafula, où le motif de l’arrestation devait lui être communiqué. Vendredi alors qu’elle s’est présentée sur le lieu indiqué, elle fut surprise de constater que les bourreaux de son fils lui demandaient de les suivre dans un bar pour parler. C’est là qu’ils lui ont exigé la somme de 300 US, avant son fils ne soit relâché. Son insistance de connaître le motif, ni le plaignant, n’a rien rapporté. Après discussions, elle décida finalement de payer la somme de 150 US.

Le samedi 26 août 2022, alors qu’elle se rendait à l’IPKIN pour apporter la nourriture à son fils, elle fut soumise à la même gymnastique de paiement de caution pour avoir accès libre auprès de son fils. C’est quelques temps après qu’on lui informa que son fils aurait piqué une crise la nuit de vendredi 24 août avant de trouver la mort. A la question de savoir dans quelle morgue se trouvait le corps de son fils, les policiers lui ont demandé d’aller fouiller à leur manière.

C’est après l’implication de leur avocat, Maître Jeanine Mamba, que le procureur du parquet du Tribunal de Grande Instance de Gombe, qu’un magistrat a finalement été dépêché l’IPKIN, pour que la morgue de l’hôpital ex-Maman Yemo, où est gardé le corps de Joël Kubala, soit finalement révélé à la famille. C’est le mercredi 31 août que les membres de la famille éplorée ont été autorisés à découvrir le corps du défunt qui selon leur constat, aurait succombé suite aux tortures reçus.

Aux dernières nouvelles, les membres de la famille Kabongo ont affirmé que les personnes qui sont venus arrêter leur fils ont été appréhendées et seraient à la disposition de la justice ; tandis que les deux jeunes qui étaient arrêtés au même moment que le défunt Joël Kubala, ont été libérés. Mais ce qui étonne la famille de la victime, c’est le fait que le procureur n’a jamais été saisi depuis le décès du jeune homme la nuit du vendredi 25 au samedi 26 août 2022. C’est plutôt le mardi 29 août qu’il a instruit ses services pour s’enquérir des faits. Ils craignent même le fait que les résultats de l’autopsie qui a déjà été réalisée, soit falsifiés.

A une question de savoir pour quel motif leur fils a été arrêté, la famille dit ne rien savoir, car même l’OPJ qui a verbalisé le défunt, n’est pas connu. Moins encore le plaignant. C’est donc à la justice de pouvoir les aider, pour élucider cette affaire. « Si la maman n’était pas parti déposer la nourriture, personne ne saurait que notre fils est décédé », ont-ils ajoutés, regrettant le fait que les deux autres jeunes hommes qui ont été avec lui, ont été relâchés. Pour eux, ces deux jeunes peuvent aider à connaître la vraie raison qui a que Joël Kubala soit interpelé. « Nous attendons que la justice soit faite, comme l’a toujours souhaité le Chef de l’Etat Félix Tshisekedi, afin que la famille puisse rétablit dans ses droits », ont-il lancés, souhaitant que le plaignant soit connu et que la VSV les accompagne jusqu’à l’aboutissement de cette affaire suspecte.

Au regard de ce qui précède, la Voix des Sans Voix rappelle que le droit à la vie doit être respecté, et aucun motif ne saurait justifier qu’il soit violé. De même, tous les instruments relatifs aux droits de l’homme, interdisent toute pratiques de la torture. Par conséquent, aucun être humain ne peut être soumis à la torture ou à des peines ou traitements dégradants.

J.B

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