Corruption et trafic d’influence à la présidence : les détails sur l’affaire Vidiye Tshimanga

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24 heures seulement après la diffusion d’une vidéo accompagnée d’une enquête du journal suisse Le Temps, en collaboration avec OCCRP, le conseiller stratégique du président de la République, Félix Tshisekedi, a présenté sa lettre de démission. Cet article démontrait le conseiller stratégique en train de se livrer à la corruption et au trafic d’influence pour convaincre des investisseurs de passer par lui pour sécuriser leurs investissements.

Au cœur d’une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, le mêlant à une possible tentative de trafic d’influence, Vidiye Tshimanga Tshipamba promettait une offre d’un accès aux mines du pays en échange d’une commission.

En effet, dans une lettre datée de ce vendredi 16 septembre, l’intéressé écrit : « suite au scandale suscité par l’article orienté de l’OCCRP, daté de ce jeudi 15 septembre 2022, je me vois dans l’obligation de vous présenter ma démission de la fonction de conseiller spécial du chef de l’Etat ».

En collaboration avec OCCRP, le journal Le Temps avait décidé de publier des extraits de ces vidéos en caméra cachée, parce qu’elles offrent un aperçu rare de la manière dont les transactions sont structurées au Congo.

Au journal Le Temps, il s’en est défendu et prétendu avoir, au contraire, voulu piéger ses interlocuteurs. Criant à de la manipulation, malheureusement, c’est lui qui avait été piégé par de pseudo-investisseurs.

« J’ai déposé ma démission ce matin auprès du chef de l’État. Une décision mûrement réfléchie afin d’avoir toute la liberté de dénoncer et lever le voile sur les commanditaires de cette machination. Et ainsi démontrer, preuves à l’appui, les manipulations et détournements de mes propos », a annoncé à Jeune Afrique Vidiye Tshimanga. 

Par ailleurs, dans un communiqué publié ce vendredi 16 septembre, le cabinet du chef de l’État a réagi à la suite de la publication des contenus du journal suisse Le Temps. Le document rappelle que la lutte contre la corruption est un des piliers de l’action du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, depuis son accession à la tête du pays en janvier 2019. 

« Le chef de l’État a constamment fait montre de fermeté pour combattre ce fléau qui a appauvri notre pays depuis des décennies », ajoute le document.

« La création de l’Agence nationale de prévention et de lutte contre la corruption (APLC), la réhabilitation de l’inspection générale des finances (IGF), la redynamisation de la Cour des comptes ainsi que le processus de digitalisation de l’administration publique en sont les preuves tangibles », indique le communiqué signé par M. Erik Nyindu, directeur de la Cellule de communication de la Présidence. 

« La défense de l’intérêt général, le respect strict de la loi et la promotion de l’État de droit sont au cœur de la vision du président Tshisekedi pour édifier une justice sociale profitable à tous les congolais. Cela ne se fera qu’au prix de l’exigence d’exemplarité de la part de chaque congolais, à commencer par ceux qui dirigent le pays », ajoute le document.  

« Toute personne, y compris au sein du Cabinet du Président de la République, dont le comportement avéré aura enfreint la loi, la déontologie de sa fonction ou le règlement d’ordre intérieur du Cabinet présidentiel, subira la rigueur de leurs effets », prévient le communiqué. 

Il sied de souligner que l’opinion ne peut que saluer ce courage d’un collaborateur du chef de l’Etat qui prend son courage de quitter ses fonctions, dans l’option, nous le pensons, de laisser la justice s’occuper de ce dossier.

Ci-dessous, la lettre de démission du conseiller stratégique, M. Vidiye Tshimanga Tshipamba :


DMK

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