Décès du pasteur José Mulamba du FPI: La famille biologique demande au Chef de l’Etat de faire valoir l’état de droit

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Alors que le communiqué du FPI (Fonds de promotion de l’industrie) daté du 14 octobre 2022 parlait d’une chute mortelle partie du 6ème étage de l’immeuble abritant les services de cette institution publique et promis d’attendre la suite de l’enquête, la famille biologique du défunt est montée au créneau pour évoquer la thèse de ce qui serait un assassinat prémédité.

Au cours d’une tribune de presse accordée mercredi à ladite famille par la Voix des Sans Voix pour les droits de l’homme (VSV), la grande sœur du défunt, Mme Joyce Onamemba Katanbwe, a écarté la thèse d’un suicide, soutenant plutôt celle d’un assassinat prémédité. A l’en croire, tout est parti le matin du 14 octobre 2022, lorsque le couple Mulamba dont la femme travaille à l’IGF (Inspection générale des finances) est sorti comme d’habitude de leur domicile avec leurs enfants. Leur véhicule a commencé par déposer la femme du défunt afin qu’elle puisse signer sur la liste de présence, avant que celle-ci ne puisse accompagner son défunt mari sur son lieu de travail

Poursuivant son récit, Mme Joyce Katambwe explique qu’une fois revenu à l’IGF aux environs de 9h, la défunte Mulamba pria de nouveau le chauffeur de rejoindre le pasteur qui avait une course à faire à bord du véhicule, mais ce dernier le renvoya vers 9h 41’pour lui signifier de rejoindre sa patronne à l’IGF, pour la simple raison que la course est renvoyée le lendemain. C’est quelques temps seulement après, soit vers 10h 23’, que Madame Mulamba reçu un coup de fil d’une personne non autrement identifiée travaillant au FPI, lui demandant de se rendre illico presto sur le lieu du travail de son défunt mari. Elle fut accueillie par le responsable des Ressources Humains qui lui a fait savoir que son mari s’est jeté du 6ème niveau de l’immeuble.

Arrivée au 6ème niveau à travers les escaliers après une fausse manœuvre de l’ascenseur, Mme Mulamba fut étonné de trouver le collègue de bureau de son défunt mari travailler paisiblement comme si de rien n’était ; alors qu’il venait de se dérouler un événement triste, entrainant mort d’homme. Ensuite, la famille Katambwe trouve curieux que là où quelqu’un s’est jeté du 6ème niveau, qu’il n’y ait aucune trace de sang et que le corps inerte de son grand frère n’ait aucune égratignure. Autre fait suspect dit-elle, rien ne signifiait qu’il y a eu un événement horrible au FPI, tout le monde occupé à travailler comme si rien ne s’était produit. « Pourtant, les collègues de la veuve travaillant à l’IGF, avaient du coup arrêtés de travailler sur ordre de la hiérarchie, pour aller assister la défunte », a-t-elle racontée, s’étonnant du fait que le corps inerte de son défunt frère n’ait aucune trace de quelqu’un qui est tombé du 6ème niveau et du silence observé au FPI à l’issu d’un tel drame.

Un autre fait curieux dit-elle, c’est le fait que la défunte n’a pas trouvé le corps de son défunt mari, et que les gens qui ont évacué le corps, n’ont pas attendu la présence de la police scientifique.

« Nous souhaiterions avoir ne fût-ce les images de la chute ou du corps inerte, surtout que le monde actuel est dominé par les réseaux sociaux. En tombant du 6ème niveau, il devait y avoir des images, moins encore des extraits pris par des curieux. Mais hélas ! », s’est exclamé la grande sœur du défunt pasteur José Mulamba, assistant du Dga du FPI, dont les effets ont été remis à la famille le même jour.

Autre chose, Mme Joyce Katambwe s’étonne du fait que pour une entreprise de la trempe du FPI, que le corps du défunt José Mulamba soit amené dans trois différents hôpitaux (CMK, Monkole et Clinique Diamant). A la clinique Diamant raconte-t-elle, les gens qui transportaient le corps voulaient l’abandonner sans qu’ils ne soient identifiés.

« C’est grâce à la perspicacité des agents commis à la sécurité de cet hôpital qu’ils ont été finalement identifiés. Que cache ce genre de comportement ? », s’est demandée la grande sœur du défunt, ajoutant que c’est sur insistance de la famille biologique que la police scientifique est finalement descendue sur les lieux, pour constater les faits.

Mme Joyce Katambwe souligne que depuis le 14 octobre, date à laquelle M. José Mulamba est décédé, la famille n’a obtenu aucune assistance morale, moins encore financière. « Depuis que mon frère est décédé, nous ne recevons même pas des messages, ni des visites de réconfort de la part des travailleurs et des autorités du FPI », a-t-elle dénoncé, regrettant le fait que les enquêtes sur la disparition de son petit frère se font sans la présence d’un membre de famille.

Faire valoir l’état de droit

Elle a saisi l’occasion pour inviter le Chef de l’Etat Félix-Antoine Tshisekedi, de faire valoir l’état de droit qu’il a mainte fois promis, surtout qu’au sein du FPI, il existe des grands mafiosi qui ne jurent que par la mauvaise gestion et que la décès de José Mulamba n’est qu’un cas parmi tant d’autres au sein de la même institution.

A en croire la cousine du défunt, Mme Virginie Bonkale, la levée du corps dans les installations du FPI, devait se faire en présence des éléments de la police, d’une autorité administrative pour dresser un procès-verbal, ou encore d’un membre de la famille. « Jusque-là, qui pourra témoigner que le pasteur José Mulamba s’est réellement jeté du 6ème niveau de l’immeuble du FPI », s’est-elle demandée, soulignant que trois semaines après le drame, la famille se trouve abandonnée par le FPI. Elle regrette aussi le fait que sur les réseaux sociaux, la famille est menacée pour avoir voulu intenter un procès contre le FPI. « Au sein de cette entreprise, on nous demande si nous avons des moyens pour ester en justice contre cette entreprise. Pourquoi cette attitude suspecte ? », s’est-elle écriée, avant de solliciter que justice soit faite pour ce cadre décédé en plein service.

Intervenant la dernière, la nièce du défunt, Mme Kisudila Mégie, regrette que dans un pays où il y a les droits de l’homme, que quelqu’un puisse trouve la mort dans des telles circonstances. « Quelles sont les preuves qui prouvent qu’il s’est réellement jeté du 6ème niveau, au moment où il n’y ni d’égratignures, des cassures ou encore des plaies et que son téléphone a été retrouvé intact. Pour moi, il s’agit d’un assassinat prémédité. Sinon, les caméras de surveillance nous auraient offert plus des précisions sur ce qui s’est passé.

Une autre source familiale affirme que le téléphone du défunt avait décodé par la défunte, sur ordre d’un agent du FPI. Après quelques opérations suspectes, ce dernier a vite remis le téléphone à Mme Mulamba. Qu’a fait cet agent avec le téléphone du défunt ? La question reste posée. En attendant, la famille biologique demande que justice soit faite, surtout que la grand’mère du défunt vient de décédée 10 jours après, suite à des émotions.

Pour rappel, le pasteur José Mulamba fut pasteur à l’église Arche de l’Alliance de Masina, une branche de l’église La Borne.

J.W

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