RDC: « L’année 2022 a été le témoin de la résurgence des velléités expansionnistes du Rwanda » (Félix Tshisekedi)

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Le président de la République, lors de son discours sur l’état de la nation devant les deux chambres du Parlement réunies en congrès, le samedi 10 décembre, a évoqué tous les domaines de la vie nationale. Sauf les sports.

Brossant l’état de la nation, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a dénoncé des « velléités expansionnistes du Rwanda » qu’il a de nouveau accusé avec force de soutenir la rébellion du M23 qui s’est emparé ces derniers mois de larges pans du territoire de Rutshuru dans la province du Nord-Kivu.

« L’année 2022 a été le témoin de la résurgence des velléités expansionnistes du Rwanda à travers une agression lâche sous couvert du M23 », a déclaré sans ambages le chef de l’Etat.

La RDC est victime d’une « agression sans équivoque par le Rwanda », a-t-il insisté, tout en rappelant que depuis près de 30 ans, l’est congolais est en proie aux violences en raison de la présence de nombreux groupes armés « dans l’indifférence quasi totale de la communauté internationale ».

Financement 100% congolais

Parlant des échéances électorales qui se pointent à l’horizon, et dont le point de chute est fixé au 20 décembre 2023 avec l’organisation de la présidentielle et des législatives, Félix Tshisekedi a souligné et précisé que : « le respect des cycles électoraux demeure une exigence pour la consolidation de notre jeune démocratie encore fragile », a-t-il dit.

« Je suis heureux et confiant d’affirmer ce jour que l’année 2023 sera essentiellement électorale avec l’organisation des scrutins multiples à tous les niveaux sur la base du calendrier publié par la Commission électorale nationale indépendante (Céni) « , a-t-il déclaré.

Tenant à préciser que, « pour consolider notre démocratie encore fragile, le respect des cycles électoraux demeure une exigence », il a jugé « fondamental de pouvoir se mobiliser pour que les prochains scrutins soient organisés dans les délais constitutionnels ».

C’est ainsi qu’il a lancé un appel pressant à la mobilisation pour que les élections soient organisées dans le délai constitutionnel. Il a aussi invité tous les Congolais vivant dans les 5 pays étrangers pilotes désignés par souci d’inclusion à savoir : l’Afrique du Sud, la Belgique, le Canada, les Etats Unis d’Amérique, et la France, à s’enrôler massivement afin d’exprimer leurs droits et devoirs civiques. 

« J’ai instruit le gouvernement à accompagner la Céni et à ne ménager aucun effort pour mettre à sa disposition des ressources nécessaires », révèle le Chef de l’État, au moment où le président de la Céni ne cesse de se plaindre de trois (3) mois de retard dans le financement de ces élections.

Qu’à cela ne tienne, « je suis fier de confirmer que le gouvernement, tout en restant ouvert à l’accompagnement de nos partenaires techniques et financiers […], finance à 100% le budget du cycle électoral en cours suivant le plan de décaissement convenu avec la Céni « .

Satisfecit pour la mobilisation de plus de 10 000 nouvelles recrues

Évoquant son appel lancé à la jeunesse congolaise pour combattre l’agression rwandaise, le chef de l’État Felix Tshisekedi a également salué la mobilisation de plus de 10 000 nouvelles recrues aux Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC).

Il a exprimé son satisfecit lors de son discours sur l’état de la nation devant les députés et sénateurs, réunis en congrès au Palais du peuple, à Kinshasa.

A cette occasion, Félix Tshisekedi a réaffirmé son soutien aux FARDC dans leur détermination de reconquérir les zones occupées par la rébellion dans le territoire de Rutshuru (Nord-Kivu).

Le chef de l’Etat a encouragé le Parlement pour avoir voté une loi qui interdit le brassage et le mixage des terroristes du M23 dans l’armée, ni dans la Police nationale congolaise.

Magistrat suprême, il a interpellé le Conseil supérieur de la magistrature sur la qualité des décisions de justice souvent sources des conflits.

Felix Tshisekedi a plaidé le renforcement de la sanction contre les magistrats véreux.  

Epinglant le domaine économico-financier, Félix Tshisekedi a exprimé son satisfecit pour la résilience de l’économie congolaise face aux pesanteurs extérieurs particulièrement les conséquences de la crise russo-ukrainienne.

Dans le domaine de l’Education, Félix Tshisekedi a loué les avancements enregistrés dans ce secteur, depuis l’effectivité de la gratuité de l’enseignement de base en République Démocratique du Congo.

Bien qu’admettant que beaucoup restent à faire, il a exprimé avoir foi au développement du secteur de l’éducation, du reste, un des piliers de son quinquennat à la tête du pays.

“ La gratuité de l’enseignement n’avait jamais été effective avant notre avènement à la tête du pays”, a-t-il déclaré.

Selon le ministère de l’Enseignement primaire, secondaire et technique (EPST), la gratuité de l’éducation de base a permis à plus ou moins 5 millions d’enfants de retrouver le chemin de l’école en RDC.

L’état de siège n’a pas vocation de s’éterniser…une table ronde va l’évaluer

S’exprimant au sujet de l’état de siège instauré depuis le 6 mai 2021 dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu, le Chef de l’Etat, a expliqué que les prorogations de cette mesure s’inscrivent dans le cadre de la consolidation des acquis sur terrain. Il assure que cette mesure opérationnelle ne va pas s’éterniser.

L’état de siège avait été décrété en Ituri et au Nord-Kivu pour endiguer l’insécurité récurrente dans ces deux provinces. Cependant, plus d’une année après, la société civile, les notabilités locales ainsi que les élus de la région n’ont cessé de dénoncer la persistance des atrocités perpétrées sur les populations civiles par les groupes armés.

L’on rappelle qu’en mai dernier, le président de la République avait dirigé une réunion d’évaluation de l’état de siège avec les élus de ces deux provinces concernées. A cette occasion, il avait annoncé la tenue d’une table ronde pour décider de l’avenir de ce régime exceptionnel. Il a ainsi annoncé la tenue d’une table ronde sur l’avenir de l’état de siège en vue de le requalifier.

La loi sur la programmation militaire qui contribuera à la montée en puissance des FARDC

Dans son discours, Félix Tshisekedi a réaffirmé la détermination du gouvernement à apporter tous les soutiens logistiques et financiers aux Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) aux fronts en vue de reconquérir les localités perdues face aux terroristes du M23. 

Revenant sur la loi relative à la programmation militaire, il a estimé que cette loi va contribuer à la montée en puissance des Forces de défense et sécurité dans la défense de l’intégrité territoriale.

 » Sur le plan militaire, je dois vous confirmer avec professionnalisme et bravoure que nos vaillantes troupes des FARDC continuent de mener activement le combat sur le terrain. Je vous assure que le gouvernement de la République ne ménage aucun effort pour apporter tous les soutiens logistiques et financiers nécessaires aux différentes opérations de reconquête de cet espace. À ce propos, la loi de programmation militaire promulguée cette année contribuera à la montée en puissance de nos Forces Armées à la hauteur des enjeux géostratégiques de notre pays « , a dit Félix Tshisekedi dans son discours ce samedi 10 décembre 2022.

Il a remercié les Congolais et Congolaises qui ne cessent d’apporter leur soutien aux FARDC à travers plusieurs initiatives. À l’en croire, malgré les divergences entre acteurs politiques, l’intérêt supérieur de la nation passe toujours avant toute chose.

 » J’ai saisi cette opportunité pour remercier tous nos compatriotes pour le soutien qu’ils apportent à nos Forces armées notamment à travers les différentes marches organisées sur toute l’étendue du territoire national et les nombreux messages d’encouragement qui s’en sont suivis. Comme je l’ai toujours affirmé, je reste profondément convaincu que la préoccupation de tous les Congolais en dépit de nos petites divergences d’approche politique, idéologique, religieuse, tribale et autres, demeure avant tout la préservation de l’intégrité de la nation congolaise « , a-t-il fait savoir. 

Il faut savoir que la loi de programmation militaire est une loi financière pluriannuelle qui fixe les échéances des crédits de paiement relatifs aux dépenses d’équipements et de développement des Forces armées. Elle définit dans le cadre des lois budgétaires la tranche du budget réservée au développement, à l’équipement des Forces armées. Elle détermine les séquences et le rythme des opérations ou des achats à effectuer pour atteindre les objectifs précis des Forces armées.

Deo Mulima K.

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