Insécurité dans les provinces sous état de siège: Les organisations du Réseau Service Civil pour la Paix documentent plusieurs atteintes aux droits humains

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Au cours d’une conférence de presse animée vendredi 30 décembre 2022 au centre Bondeko de Limete, Mme Irène Monama, Chargée des programmes de la Voix des Sans Voix pour les droits de l’homme (VSV), a fait savoir que les organisations membres du Réseau Service Civil pour la Paix (SCP), ont documenté plusieurs violations et atteintes aux droits humains de septembre à novembre 2022, principalement dans la province du Nord-Kivu. Les auteurs de ces violations sont dans la plupart, des personnes armées issues des groupes armés et de quelques éléments des FARDC et de la PNC (Police nationale congolaise).

Dans leur documentation, la VSV et ces organisations citent les cas de meurtres qui ont coûté la vie à près de 95 personnes dans les provinces du Nord-Kivu (villes de Goma et Butembo ainsi que dans quelques localités et territoires dont Lubero, Rugari, Ntamungenga, Nyiragongo, Banyunyu, Beni, Kamango) et de l’Ituri (territoires d’Irumu, Mambasa-centre, Kamituga/Mwenga, Fizi, Komanda…).

Dans les deux provinces précitées, plusieurs cas d’arrestation, d’interpellation et d’atteinte aux droits à la propriété, des pillages et des vols à travers des scènes de braquage et de sommation, d’enlèvement…, ont également été documentés par les structures ci-haut citées, auxquels il faut ajouter l’interdiction de manifester pacifiquement, notamment à Rutshuru.

A ce sujet, la VSV et les organisations membres du SCP évoquent le cas de 8 militants du mouvement citoyen LUCHA (Lutte pour le changement), section de Rutshuru dont une femme, qui ont été interpellés le 5 octobre 2022 par la police, avant d’être détenus au cachot du parquet de Rutshuru, au motif que ces militants de LUCHA s’apprêtaient à tenir un rassemblement populaire au rond-point de la cité de Kiwanja, pour exprimer leur ras-le-bol sur l’inaction des autorités militaires, à mener des opérations sérieuses pour conquérir la cité de Bungana et des villages sous occupations des rebelles du M23, la levée de l’état de siège et le retrait effectif des casques bleus de la MONUSCO du territoire congolais.

En outre, le Maire de Goma a interdit la tenue de deux journées ville-morte les 29 et 27 septembre 2022, pourtant annoncées par les mouvements citoyens, en vue d’exiger la fin de l’état de siège et la libération de la cité de Bunagana. Cette manifestation a été interdite jusqu’à dégénérer, car toutes les routes de la ville étaient barricadées, ce qui a causé la paralysie de toutes les activités. Par ailleurs, des militants de LUCHA/section de Butembo, ont été interpellés le 15 octobre par les éléments de la police, en pleine marché pacifique.

D’autre part, le sit-in organisé le 22 septembre 2022 dans les installations du bureau administratif du territoire de Rutshuru en province du Nord-Kivu par les déplacés de guerre, a été transformée en manifestation de colère et un déplacé a été tué par balle à côté de plusieurs autres blessés graves ; tandis que le 15 octobre 2022, 20 défenseurs des droits humains membres de la LUCHA, ont été arrêtés à Butembo ; alors qu’ils prenaient part à une manifestation.

La VSV et les organisations membres du SCP évoquent également le refoulement le 02 septembre par l’Ouganda, de 250 (deux cent cinquante) familles des déplacées de Bunagana. Elles ont été retournées au pays pour leur réinstallation dans le camp de Rwasa qui a été détruit pendant l’arrivée des rebelles du M23.

Les populations aux abois

Selon Mme Irène Monama, la situation dans les provinces sous état de siège a engendré la dégradation de la situation humanitaire, causée par les déplacements massifs des populations qui fuient l’insécurité, abandonnant derrière elles, tous leurs biens. Ces populations ont la difficulté de subvenir à leurs besoins. Et les enquêtes indiquent qu’il y a un faible accompagnement des autorités locales, par rapport à leur prise en charge.

Elle a également affirmé que la VSV et les différentes organisations membres du SCP, mènent régulièrement des actions de plaidoyer au niveau des autorités nationales, pour obtenir l’amélioration de la situation des droits humains dans les provinces sous état de siège. « Avec les résultats des enquêtes dont question, nous allons une fois de plus les contacter pour une séance d’échanges, parce que les populations victimes sont en train de se plaindre sur l’augmentation de ces violations, malgré l’état de siège », a encore dit la Chargée des programmes de la VSV, soutenant que toutes les données ci-haut fournies, ont été documentées par les organisations partenaires du Réseau Service Civil pour la Paix (SCP) qui sont sur le terrain. Ces données a-t-elle poursuivie, permet au gouvernement de la république, d’avoir des informations nécessaires en ce qui concerne les violations des droits humains.

José Wakadila

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