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Avant de quitter Kinshasa, le pape François a invité les évêques congolais à être des instruments de réconciliation!

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Le pape François a quitté la capitale de la République démocratique du Congo (RDC), le vendredi 3 février, pour Djuba, chef-lieu du Soudan du Sud après un séjour de 4 jours à Kinshasa.

Avant de partir, il a bouclé son séjour congolais par une rencontre avec les évêques de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) qu’il a invité « à continuer à faire entendre leur voix prophétique pour éveiller les consciences ». Mais, il ne s’agit pas d’une « action politique », a averti le souverain pontife.

Dernière intervention de son voyage en RDC, le chef spirituel de l’Eglise catholique universelle avant de s’envoler pour le Soudan du Sud, seconde partie de son 40ème voyage apostolique, a égrainé les devoirs et défis des évêques ayant la charge des 48 diocèses de RDC, plus grand pays catholique d’Afrique, a rapporté VaticanNews.

Chasser l’air pollué de la mondanité

Devant une soixantaine d’évêques congolais, le Pape a d’abord assuré combien il lui a été agréable de passer ces jours-ci en RDC, « cœur vert » de l’Afrique et poumon pour le monde, avec la grande forêt du bassin du Congo, couvrant trois millions de km2 ; patrimoine naturel rappelant le devoir de protéger la beauté de la Création et «de la défendre contre les blessures causées par l’égoïsme prédateur ». Selon le même média, le Pape a filé la métaphore forestière, évoquant cette immense étendue de verdure comme « une image qui parle à notre vie chrétienne ». En effet, le Souverain pontife a rappelé comment en tant qu’Église, « nous avons besoin de respirer l’air pur de l’Évangile, chasser l’air pollué de la mondanité, garder le cœur juvénile de la foi ». C’est ainsi qu’il s’imagine l’Église africaine et voit l’Église congolaise : « une Église jeune, dynamique, joyeuse, animée par la soif missionnaire ».

Une Église qui souffre pour son peuple

« Merci, d’être un poumon qui donne du souffle à l’Église universelle ! », s’est exclamé le pape François, conscient de l’autre physionomie de cette Église locale. « Votre visage jeune, lumineux et beau est marqué par la douleur et la fatigue, parfois par la peur et le découragement », a-t-il relevé, détaillant : « C’est le visage d’une Église qui souffre pour son peuple, c’est un cœur qui bat au rythme de la vie du peuple avec ses joies et ses tribulations.

C’est une Église signe visible du Christ qui, aujourd’hui encore, est rejeté, condamné et méprisé dans les nombreux crucifiés du monde, et qui pleure nos propres larmes ».

Le Pape a évoqué « une Église qui, comme Jésus, veut aussi sécher les larmes du peuple », en s’évertuant à « prendre sur elle les blessures matérielles et spirituelles des gens, et en faisant couler sur elles l’eau vive qui guérit du côté du Christ », a noté VaticanNews.

Malgré l’histoire d’un peuple crucifié, un peuple enthousiaste

Devant l’assemblée des évêques, le successeur de Pierre a confié voir « Jésus souffrant » dans l’histoire de ce peuple crucifié et opprimé, frappé par une violence qui n’épargne pas, marqué par la souffrance des innocents ; « un peuple contraint de vivre dans les eaux troubles de la corruption et de l’injustice qui polluent la société, et qui souffre de la pauvreté en tant de ses enfants ».

En même temps, le Souverain pontife a vu un peuple qui n’a pas perdu l’espérance, qui embrasse avec enthousiasme la foi et se tourne vers ses pasteurs, « qui sait revenir au Seigneur et se remettre entre ses mains afin que la paix à laquelle il aspire, étouffée par l’exploitation, l’égoïsme partisan, par les poisons des conflits et des vérités manipulées, puisse enfin advenir comme un don d’en haut », a rapporté le média pontifical.

Proximité de Dieu

L’évêque de Rome s’est ensuite dit inspirer par l’histoire de Jérémie, prophète appelé à vivre sa mission à un moment dramatique de l’histoire d’Israël, au milieu d’injustices, abominations et souffrances. Lui le premier a fait l’expérience de cette proximité de Dieu. Et ce n’est que de cette manière qu’il a pu apporter aux autres une courageuse prophétie d’espérance, a soutenu le Saint-Père, liant le ministère épiscopal à ces deux dimensions, « proximité » et « prophétie d’espérance ». 

La proximité de Dieu est, selon le Pape, une déclaration d’amour que Dieu grave dans le cœur de chacun d’entre nous, que personne ne peut effacer et qui, au milieu des tempêtes de la vie, devient une source de réconfort. « Qu’il ne nous arrive pas de nous considérer comme autosuffisants, et encore moins de voir dans l’épiscopat la possibilité d’accéder à une position sociale et d’exercer un pouvoir», a-t-il prévenu, poursuivant: « Que n’entre pas l’esprit mondain qui nous fait interpréter le ministère selon les critères de nos intérêts lucratifs personnels, qui nous rend froids et détachés dans l’administration de ce qui nous est confié, qui nous pousse à nous servir de la fonction au lieu de servir les autres, et à ne plus nous soucier de la relation indispensable, humble et quotidienne, de la prière », a rapporté VaticanNews.

Prophétie d’espérance

Réconfortés et fortifiés par le Seigneur, « nous devenons à notre tour des instruments de consolation et de réconciliation pour les autres, pour guérir les blessures de ceux qui souffrent, apaiser la peine de ceux qui pleurent, relever les pauvres, libérer les personnes de nombreuses formes d’esclavage et d’oppression. C’est dire que la proximité de Dieu fait de nous des prophètes pour le peuple », a-t-il estimé, écrit VaticanNews.

Pour approfondir ce deuxième point, la « prophétie pour le peuple », le Pape a ainsi défini l’identité épiscopale : « Brûlés par la Parole de Dieu, en sortie vers le peuple de Dieu, avec zèle apostolique ! »

Les graines de la renaissance

Et François de citer les paroles de Dieu à Jérémie : « Voici, je mets dans ta bouche mes paroles ! Vois : aujourd’hui, je te donne autorité sur les nations et les royaumes, pour arracher et renverser, pour détruire et démolir, pour bâtir et planter » (Jr 1, 9-10). Des verbes forts : arracher et renverser, pour finalement bâtir et planter. « Il faut donc arracher les plantes vénéneuses de la haine et de l’égoïsme, de la rancœur et de la violence ; renverser les autels consacrés à l’argent et à la corruption ; bâtir une coexistence basée sur la justice, la vérité et la paix ; et, enfin, planter les graines de la renaissance pour que le Congo de demain soit vraiment ce dont le Seigneur rêve : une terre bénie et heureuse, plus jamais violentée, opprimée ni ensanglantée », a développé fermement le Successeur de Pierre. Il a mis en garde toutefois contre certaines « actions politiques ». La prophétie chrétienne s’incarne en effet dans de multiples actions politiques et sociales, mais telle n’est pas la tâche des évêques et des pasteurs en général, a rappelé le Saint-Père, écrit VaticanNews.

Éveiller les consciences

Elle est au contraire d’annoncer la Parole « pour éveiller les consciences, pour dénoncer le mal, pour réconforter ceux qui sont affligés et sans espérance ». Le Pape s’est ensuite assuré qu’il n’arrive jamais, alors que le peuple souffre de la faim, que l’on puisse dire des évêques : « Ils n’en tinrent aucun compte et s’en allèrent, l’un à son champ, l’autre à son commerce » (Mt 22, 5). « Non, le commerce, s’il vous plaît, laissons-le en dehors de la vigne du Seigneur ! Nous sommes des pasteurs et des serviteurs du peuple, pas des hommes d’affaires ! », a insisté le pape François auprès des évêques de la RDC.

« Ayons confiance que Dieu ne nous abandonnera pas et que, de quelque part, une petite lueur d`espérance naîtra pour nous. Dieu ne nous abandonnera pas si nous nous engageons à respecter la vie de nos voisins, quel que soit le groupe ethnique auquel ils appartiennent », a-t-il conclu. 

Les évêques se sentent réconfortés par le Pape

Pour les membres de l’épiscopat congolais, cette rencontre avec le souverain pontife a été un moment de communion ecclésiale, pastorale et fraternelle joyeuse, qui les a confirmés dans leur ministère de pasteur. Dans leurs témoignages, les évêques ont été reconnaissants pour le message de réconfort que leur a adressé le pape François.

« Chaque fois qu’on écoute le Pape François, on sort de là bouleversé et transformé par la profondeur de sa pensée, mais également par la force de son message », a témoigné Mgr François Abeli Muhoya. Comme ses frères dans l’épiscopat, l’évêque de Kindu, chef-lieu de la province du Maniema, a été marqué par le ton fraternel du discours du Saint-Père : « Il nous a parlé de cœur à cœur ».

« C’est un discours très poignant et on sent qu’il nous connaît », a réagi Mgr Donatien Bafuidinsoni, évêque d’Inongo, dans la province du Mai-Ndombe. Le Pape « a des informations sur notre ministère épiscopal, dans une situation qui n’est pas toujours très facile, et avec tous les défis qui nous sont posés par ce travail, pas seulement en rapport avec notre pays, mais aussi par rapport à l’Église universelle », a affirmé le prélat dont le diocèse est situé au cœur de la forêt tropicale du bassin du Congo.

Le « détachement » libérateur

Le Souverain pontife a également souligné la valeur du « détachement par rapport aux biens de ce monde » dans l’exercice du ministère pastoral. Ce rappel est fondamental, estime Mgr Bafuidinsoni. « C’est quand on est libre vis à vis des choses et même parfois des êtres » que l’on peut être ces prophètes dont le peuple de Dieu a besoin. Pour l’ordinaire d’Inongo, le Successeur de Pierre vient donc encourager les évêques de l’Église de la RDC en leur rappelant que « pour être prophète, il faut être libre intérieurement, mais aussi libre extérieurement ».

Mgr Munzihirwa, modèle de prophète

Outre le détachement et la liberté intérieure, les évêques congolais ont retenu du discours du Saint Père l’invitation au courage prophétique avec comme exemple tout proche d’eux la figure du Serviteur de Dieu Christophe Munzihirwa Mwene Ngabo, ancien archevêque jésuite de Bukavu, capitale de la province du Sud-Kivu, dont la cause de béatification est en cours. Une allusion qui a réjoui l’évêque d’Inongo, lui aussi jésuite.

L’on souligne que Mgr Christophe Munzihirwa fut assassiné le 29 octobre 1996, lors de la première guerre du Congo (1996-1997), période à laquelle l’Est du pays bascula dans une instabilité qui dure à ce jour. 

« Nous devons apprendre à honorer ce genre des personnes parce que nous sommes pratiquement la voix du peuple qui souffre », a confié Mgr Bafuidinsoni.
Le Serviteur de Dieu Christophe Munzihirwa est un modèle de prophète qui inspire les évêques du Congo, a laissé entendre l’évêque d’Inongo. Cette mission prophétique tient à l’épiscopat de la RDC, qui s’en acquitte, « parfois au prix de certaines critiques destructives et même des injures ».

L’exhortation du Pape est venue donc les réconforter à poursuivre leur mission, à continuer à défendre le peuple face aux nombreuses injustices qu’il subit, en particulier à l’intérieur du pays, a assuré Mgr Donatien Bafuidinsoni.

L’on rappelle que pendant son 40ème voyage apostolique, le Pape a eu des échanges avec le président de la République, Félix Tshisekedi, les clergés catholiques, a animé une messe à l’aéroport national de Ndolo avant de rencontrer les jeunes au stade des Martyrs de la Pentecôte à Kinshasa. Il a également échangé en la cathédrale Notre Dame du Congo avec les prêtres, les consacrés, les diacres et les séminaristes. Il a aussi eu une rencontre avec une délégation des victimes de la guerre à l’Est du pays. Une séquence poignante durant laquelle le pape François a dénoncé les violences dans cette partie de la République démocratique du Congo. 

Plusieurs victimes ont livré des récits très durs des souffrances vécues, de l’Ituri au Nord-Kivu : des hommes et des femmes mutilées, des femmes esclaves sexuelles, violées, certaines étaient présentes avec leurs enfants issus de ces viols. Le pape les a écoutées, les a bénies. « Vos larmes sont mes larmes, votre souffrance est ma souffrance », « plus jamais de violence, de rancœur et de résignation ». 

Deo Mulima Kampuku

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