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Au Gabon, Sylvia Bongo-Ondimba, des ors du pouvoir à la prison

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Elle est soupçonnée de détournement d’argent public. L’épouse franco-gabonaise de l’ex-président du Gabon Ali Bongo, Sylvia Bongo Ondimba Valentin, a été incarcérée à la prison centrale de Libreville dans la nuit de mercredi à jeudi 12 octobre.

C’était son outil de communication préféré. Depuis le 26 août 2023, la page Facebook de Sylvia Bongo-Ondimba est en sommeil. Sur sa dernière publication, elle pose tout sourire aux côtés de son mari Ali Bongo-Ondimba. Le couple présidentiel vient de voter pour la présidentielle à laquelle le chef de l’État sortant est candidat. “N’oublions jamais la chance que nous avons de vivre dans un pays qui nous donne l’opportunité de choisir notre avenir. Ne laissons pas les autres décider pour nous”, peut-on lire dans cet ultime “post”.

Quatre jours plus tard, son destin va pourtant lui échapper. Au milieu de la nuit, alors que la réélection controversée de son époux vient d’être annoncée, un groupe de militaires s’empare du pouvoir et dépose le président. Avec la chute d’Ali Bongo Ondimba, c’est la fin d’une dynastie ancrée à la tête du Gabon depuis plus de cinq décennies. Et le début de la dégringolade pour Sylvia, son épouse.

L’histoire de Sylvia Valentin, de son nom de jeune fille, commence à Paris en 1963. Mais elle prend rapidement la direction de l’Afrique, où son père fait des affaires. Le Cameroun puis la Tunisie, et, dès 1974, le Gabon où Édouard Valentin crée l’OGAR, l’Omnium gabonais d’assurances et de réassurances, “leader de l’assurance au Gabon” peut-on lire aujourd’hui sur son site internet. Sylvia, elle, est à l’époque scolarisée à l’Institut Institution Immaculée conception de Libreville.

Bachelière, elle rentrera en France pour suivre des études universitaires de gestion avant de retourner au Gabon où elle se met au travail. Employée d’une agence immobilière, elle en devient la directrice commerciale avant de monter, en 1988, sa propre entreprise. « Dans la famille, on a le sens des affaires”, estime le mensuel panafricain Jeune Afrique dans un portrait qu’il consacre à l’ex-Première dame en octobre 2010.

Mais 1988 est aussi l’année d’une rencontre importante. À 25 ans, Sylvia Valentin rencontre Ali Bongo-Ondimba, 28 ans, fils du président Omar Bongo au pouvoir, alors, depuis déjà vingt ans, figure incontournable de la vie politique africaine et de la Françafrique.

Un an plus tard, en 1989, à 25 ans, le jeune couple se marie. Au début des années 2000, le couple adoptera trois enfants, Noureddin Edouard, Jalil et Bilal. Le quotidien Le Parisien rappelle que Ali Bongo “était déjà père d’une fille, Malika, issue d’une précédente relation”.

En 2009, le Gabon tourne une page, ou tout du moins referme un chapitre. Omar Bongo, le vieux président décède à l’âge de 73 ans. Et c’est son fils qui lui succède. Ali Bongo président, Sylvia devient Première dame. “Dynamique, cordiale, mais réservée”, relate Jeune Afrique, “Sylvia se bat sur le terrain de l’action culturelle et sociale, en particulier pour améliorer l’accès aux soins et permettre une meilleure prise en charge des familles touchées par la drépanocytose, le VIH et le paludisme”. Une action qu’elle partage via ses réseaux sociaux, muets depuis la fin août.

La Première dame et Noureddin ont gaspillé le pouvoir d’Ali Bongo Brice Oligui Nguema, président de la transition gabonaise

Depuis le mercredi 11 octobre au soir, Sylvia Bongo-Ondimba est sous les verrous, incarcérée à la prison centrale de Libreville. Une nouvelle étape dans la chute de la désormais ex-Première dame, déjà en résidence surveillée depuis le coup d’Etat du 30 août.

Que lui reproche-t-on au juste ? Fin septembre, elle avait été inculpée notamment de « blanchiment de capitaux et de faux et usages de faux ». L’un de ses avocats français s’étonnait alors des conditions de cette inculpation et du fait qu’elle n’ait pas droit à une défense.

Elle est au coeur d’une enquête sur des détournements massifs d’argent public en compagnie de son fils Noureddin Bongo Valentin, déjà incarcéré comme six de leurs proches, ex-responsables du cabinet présidentiel. Mercredi, avant son incarcération, elle avait été longuement confrontée à un ancien pilier du pouvoir, tombé en disgrâce, Brice Laccruche Alihanga.

L’ex-Première dame été incarcérée en pleine nuit, ce jeudi 12 octobre, à la prison centrale de Libreville, selon Me Eyue-Bekale, son avocate. Un pénitencier de sinistre réputation et surpeuplé. Mais elle est « certainement » dans le quartier des femmes, « rénové récemment, dans une aile neuve où les détenues ont leur propre lit, une salle d’eau et même une buanderie », précise l’avocate.

La nuit même du putsch, Noureddin Bongo ainsi que plusieurs de ses jeunes proches et proches de sa mère au sein du cabinet présidentiel avaient été arrêtés. La télévision nationale avait alors diffusé les images du fils Bongo au pied d’innombrables malles, valises et sacs débordant de billets de banque pour des centaines de millions d’euros saisis au domicile familial.

Les militaires qui ont renversé Ali Bongo soupçonnent son entourage, Sylvia et Noureddin en tête, d’avoir « manipulé » l’ex-président souffrant des séquelles d’un grave AVC en 2018, et d’avoir été les « véritables » dirigeants de facto du pays depuis cinq ans.

« La Première dame et Noureddin ont gaspillé le pouvoir d’Ali Bongo, assénait le 18 septembre le général Oligui Nguema, parce que depuis son AVC, ils ont falsifié la signature du président, ils donnaient des ordres à sa place », en plus « du blanchiment d’argent et de la corruption ». Et le nouveau numéro un gabonais de se demander : « Qui dirigeait le pays alors ?”

Riche et corrompu

Le Gabon, troisième pays le plus riche d’Afrique par habitant grâce notamment à son pétrole, est classé 136e sur 180 pour la perception de la corruption par Transparency International (2022).

(Avec Tv5)

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