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RDC : une présidentielle « malvenue » pour le peintre Chéri Samba

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Un peu plus de deux mois avant l’élection présidentielle en République démocratique du Congo, le peintre congolais Chéri Samba, auquel le musée Maillol à Paris consacre une rétrospective à partir de mardi, a confié à l’AFP son pessimisme face à ce scrutin.

« C’est une élection malvenue et qui n’est pas prometteuse », dit l’artiste de 67 ans, l’un des plus connus de sa génération à l’international, disant craindre « les fraudes » et « l’absence totale de programmes politiques ».

Né dans un village congolais, Chéri Samba est une figure de la « peinture populaire » congolaise, qui a émergé dans les années 70, avec une touche très « politique ».

A cette rétrospective parisienne: une soixantaine de ses tableaux grand format, figuratifs, très dessinés et très colorés, dans lesquels surgissent des textes très critiques, représentent des femmes nues et des sirènes mais aussi des scènes de genre satiriques de la vie quotidienne dans son pays, sur le « 11-Septembre », le trafic d’armes international, le rapport « employeur-salarié », la « traite négrière » ou la destruction de la nature.

« Je peins des choses qui font mal pour ne pas les oublier mais je n’aime pas en parler », avoue-t-il, confessant aussi « ne pas comprendre ce qui pousse les dirigeants de ce monde à tout détruire en continuant à produire des armes ».

Chacun de ses tableaux, où il se représente très souvent, fige le spectateur sur place, comme « Le Monde vomissant », une planète sphérique à la tête d’enfant rouge sang recrachant des morceaux du continent américain, des armes et des chars, réalisé en 2004.

« C’est l’Amérique que tout le monde a vomi à une certaine époque », commente Chéri Samba, « celle qui a tué des gens au Koweït et en Irak ».

– Avenir –

« Ce qui me met en colère, c’est cette destruction du monde, des peuples, de la nature », insiste-t-il.

Derrière son imaginaire foisonnant, rempli de symboles parfois très pessimistes, cet homme au large sourire dit pourtant croire à « l’avenir de (son) pays et de l’Afrique ».

« Il est prometteur, si on a de bons dirigeants et si l’Afrique décide pour elle-même et trace son propre chemin pour ne plus dépendre des autres pays du monde. Ça a commencé et elle est dans la bonne direction », juge l’artiste.

« Je suis dans la zone verte », un tableau où il s’est représenté très petit au milieu d’une grande surface verte et dorée, symbolise peut-être cet avenir. Il l’a peint à « Ivry-sur-Seine pendant le confinement (du printemps 2020, NDLR), à un moment où beaucoup de gens auraient préféré être dans la zone verte », dit-il.

Chéri Samba s’est découvert très tôt une vocation pour le dessin et a commencé à peindre des enseignes publicitaires et des bandes dessinées à 16 ans à Kinshasa. Il y vit toujours et a ouvert son atelier en 1975, avant d’être révélé en France en 1989 dans une exposition intitulée « Magiciens de la terre », au Centre Pompidou.

Sa peinture est « une figuration critique et narrative, très dessinée, tout en couleur. Ce n’est pas un art contestataire mais un art politique », dit à l’AFP Élisabeth Whitelaw, une des deux commissaires de l’exposition.

Comme un signe de cette reconnaissance et d’un avenir radieux, Chéri Samba s’est représenté sur un pied d’égalité avec Picasso, à ses côtés, dans un de ses tableaux, tous deux entrant au musée d’art moderne du Centre Pompidou à Paris.

« Une manière de défendre l’histoire de l’art africaine et de la faire rentrer dans l’histoire mondiale », commente Mme Whitelaw, par ailleurs responsable de la collection Jean Pigozzi, l’une des plus importantes d’art africain au monde.

(Avec AFP)

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