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Cop 28 : Amortir le choc des pertes et des dégâts dus à des phénomènes climatiques(Message de Qu Dongyu, Directeur général de la FAO)

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Alors que les effets de la crise climatique ne cessent de dépasser les limites de l’adaptation, les pays cherchent de toute urgence des stratégies leur permettant de faire face aux pertes et aux dégâts qui touchent le secteur agricole.

Cet article d’opinion examine différentes solutions visant à limiter ces ravages, notamment l’augmentation des montants consacrés au financement de l’action climatique et la mise en place d’actions anticipées.


En effet, dans les années 1960 en Chine, sur la petite exploitation rizicole où j’ai grandi, ma famille était bien consciente que le moindre phénomène météorologique défavorable pouvait réduire à néant l’équivalent d’une année de travail.

Les agriculteurs ont une connaissance intuitive des conditions climatiques et météorologiques, mais l’évolution de celles-ci et la sévérité des phénomènes météorologiques qui ont eu lieu ces dernières années ont ébranlé les communautés rurales. Jamais nous n’aurions pu imaginer à quel point les saisons allaient changer, ni à quel rythme. Les pertes et les dégâts ainsi engendrés sapent des années de développement rural durement acquis.


L’évolution du climat s’est transformée en une crise alimentaire et agricole. De plus en plus, les petits exploitants sont à la merci de phénomènes climatiques extrêmes et des catastrophes qui en découlent.

Étant donné qu’il dépend entièrement des conditions météorologiques et des ressources naturelles pour assurer la production d’aliments sains, le secteur agroalimentaire est en première ligne de la crise climatique.  


Le changement climatique nuit à notre capacité de production de nourriture car il rend les aliments moins disponibles, moins accessibles et moins abordables, tout comme il dégrade la qualité de l’eau, les sols et la biodiversité, conduit à une augmentation de la fréquence et de l’intensité des phénomènes météorologiques extrêmes et fait évoluer les cycles d’infestation d’organismes nuisibles et de déclenchement de maladies.

Ces effets aggravent l’insécurité alimentaire, puisqu’il réduit les rendements agricoles et la productivité des animaux d’élevage et limite la quantité d’aliments que pourraient produire la pêche et l’aquaculture.


On estime à 3 800 milliards d’USD la valeur de la production végétale et animale qui a été perdue à la suite de catastrophes climatiques et d’autres désastres au cours des trente dernières années, ce qui correspond à des pertes annuelles moyennes de 123 milliards, soit 5 pour cent du produit intérieur brut (PIB) agricole mondial annuel.

Ces catastrophes surviennent aussi de plus en plus souvent: alors qu’on en dénombrait une centaine par an dans les années 1970, la moyenne annuelle est aujourd’hui de 400. Étant donné que l’agriculture, qui comprend la production végétale et animale, les forêts, les pêches et l’aquaculture, est l’une des principales activités économiques dans les pays en développement, cette situation a des répercussions de taille.


Les agriculteurs sont résilients et s’adaptent à leur environnement depuis des siècles. Ils sont le meilleur investissement que nous puissions faire pour renforcer la résilience et l’adaptation au changement climatique. Toutefois, ce qu’ils vivent aujourd’hui va au-delà de leur capacité d’adaptation.

À l’heure actuelle, communautés agricoles et pays sont tributaires de l’appui qu’on leur apporte pour faire face aux pertes et aux dégâts, qu’ils soient ou non économiques, provoqués par les phénomènes extrêmes et ceux à évolution lente.


C’est l’épreuve qui attend les participants à la 28e session de la Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques: assurer la mobilisation de financements visant à aider les agriculteurs confrontés à ces difficultés et, plus important encore, leur faire parvenir les fonds.

Selon notre dernier rapport sur les pertes et les dégâts dans les systèmes agroalimentaires, qui sera officiellement présenté à l’occasion de ce sommet en faveur de l’action climatique, cette problématique est citée dans plus d’un tiers des engagements pris par les pays ou des contributions déterminées au niveau national en matière de climat. D’après les constats, dans ces pays, l’agriculture est à elle seule le secteur le plus touché.

La FAO est déterminée à aider les pays à évaluer l’étendue et l’ampleur des pertes et des dégâts provoqués par les incidences de la crise climatique sur le secteur agroalimentaire, à mobiliser des ressources financières adaptées et fiables à l’appui de la mise en œuvre des mesures contre ces deux phénomènes dans le secteur, à évaluer les risques climatiques, à réduire les pertes et les dégâts dans l’agriculture, et à mettre au point de nouvelles technologies et pratiques qui peuvent réduire l’exposition et la vulnérabilité des producteurs et des consommateurs aux risques climatiques.

Il peut s’agir de cultures tolérantes à la sécheresse, de systèmes d’irrigation économes en eau, de mécanismes d’alerte rapide, d’assurance récolte ou encore de dispositifs de protection sociale.

La crise climatique et la crise alimentaire sont indissociables. Investir dans des solutions qui permettront aux systèmes agroalimentaires de faire face aux effets du changement climatique sera extrêmement bénéfique pour les populations et pour la planète. Cela étant, même les agriculteurs les plus résilients ne sont pas en mesure de s’adapter à tous les effets de la crise climatique.

Les petites exploitations et les pays en développement tributaires de l’agriculture doivent être au premier plan de notre action collective visant à réduire les pertes et les dégâts qui en découlent.

j.w

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