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Culture/Tabu Ley : 10 ans après, quel héritage ?

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Voilà dix ans depuis que Tabu Ley nous a quittés, le 30 novembre 2013 à Bruxelles et les mélomanes se souviennent de lui à travers l’immense héritage artistique qu’il a laissé.

Comme à l’accoutumée, les leaders musicaux disparaissent avec leurs groupes à l’instar d’African Jazz, Ok Jazz, Bella Bella, etc. et l’Afrisa International ne fait pas exception.

Bon nombre de mélomanes espéraient que ce dixième anniversaire se fasse avec faste, mais hélas il va se passer dans la méditation. Nous en profitons pour évoquer certaines de ses réalisations qui ont marqué en lettres d’or les annales de la rumba congolaise.

Ses premiers pas dans le monde musical

Le jeune Pascal Tabu Ley a déjà baigné très jeune dans le monde musical avec sa participation aux chorales respectives des paroisses Saint Pierre et Sainte Anne. Et il en a profité pour démontrer lors de diverses manifestations scolaires, ses talents de chanteur et d’auteur-compositeur qui lui ont valu certaines récompenses.


Tiraillé entre ses études et la musique, le seigneur Rochereau a fait son irruption dans le microcosme musical en 1957 au studio Esengo, aux côtés des ténors de la rumba congolaise tels Grand Kalle, Rossignol, Dewayon, Essous, Nino Malapet, Tino Baroza, Nico, Déchaud, etc.


Très vite, il s’est fait remarquer comme chanteur de charme et auteur-compositeur prolifique avec des chansons à succès.

A la découverte du jeune Rochereau

Leur départ de l’African Jazz pour créer l’African Fiesta va permettre à Rochereau de se défaire de l’emprise de son mentor Grand Kalle et d’éclore son talent en remettant en cause l’hégémonie du maître.


Le duo composé de Nico et Rochereau va bouleverser l’échiquier musical congolais à travers des œuvres qui deviendront des intemporelles de la rumba congolaise.


Tabu Ley Rochereau prendra son envol après sa séparation avec Nico Kasanda avec la création de l’orchestre African Fiesta National, où il donnera la pleine mesure de ses capacités artistique et managériale.


Il va par la suite apporter plusieurs innovations tant sur le plan artistique que scénique avec la mise en exergue de la batterie, l’ouverture à d’autres genres musicaux, l’introduction du spectacle auréolé par des chorégraphies bien orchestrées.


C’est lui qui a ouvert la porte du showbiz international à la musique congolaise avec ses prestations au mythique music-hall parisien Olympia de Bruno Coquatrix en 1970.


Tabu Ley a servi de pont entre les musiciens de la deuxième et troisième générations car la quasi-totalité des chanteurs des orchestres de jeunes se reconnaissant de son école : de Los Nickelos et Yeye National à Wenge musica en passant par les Thu Zahina, Zaïko, Viva la musica, Victoria Eleison, Quartier latin, etc.


Bon nombre de chanteurs de la troisième génération ont reconnu qu’ils imitaient les techniques vocales et les gestuelles de Tabu Ley. Certains ont même fini de chanter à côté de leur maître.

Parrain des orchestres de jeunes

Tabu Ley a également été parrain des orchestres de jeunes qui sont devenus après, très célèbres, à l’exemple de Thu Zahina, Zaïko, Tabu national, Stukas Ley, Viva la musica, etc.

Suspendu en 1968, il encense Thu Zahina

En 1968, Tabu Ley a été suspendu de toutes les activités musicales durant 3 mois pour n’avoir pas été à temps au gala organisé par le président Mobutu car il répondait à l’invitation de la fête de baptême de la fille de Victor Nendaka, Sophie Elodie.


Durant cette période d’inactivité, il avait mis ses matériels à la disposition des musiciens de Thu Zahina pour les répétitions et cela sur demande de son neveu Pelasimba. Cette faveur avait permis aux musiciens de cet orchestre de maitriser le maniement des instruments et de peaufiner leur répertoire.

Tabu National

En 1967, Tabu Ley rassemble quelques musiciens venus de Lubumbashi pour jouer la première partie de ses concerts. Ce groupe est composé au départ du soliste et chanteur Lolo, du chanteur Teddy, de l’accompagnateur Bruce, du bassiste Bovic qui alterne avec Johnny Bokosa et du drummer Brando.


S’inspirant de la musique pop, cet ensemble interprétait des chansons en vogue de la musique européo-américaine et cela permettait d’étendre le registre de l’orchestre aux variétés internationales.


Après la défection de ces musiciens du groupe, Jacques Lutumba, ancien membre du comité d’honneur de Zaïko Langa Langa, relance l’orchestre en 1971. Kisangani Espérant est de la partie avec d’autres compagnons tels que Clément Djoboke, Djo Mabuse, José Ikomo, Djo Djo, Antoine Bokilo, Bosuka Boskin, Lutula Paki, Zangila Popolilpo, Falvien Makabi, etc.


Ils bénéficient de la bienveillance de Tabu Ley qui accepte de parrainer l’orchestre lors de sa sortie officielle le 15 août 1971 à la Maison Blanche.
Zaïko Langa Langa

Après sa sortie officielle, l’orchestre Zaïko Langa Langa a aussi bénéficié des faveurs de Tabu Ley par l’entremise de son cousin Olemi Eshar. Les musiciens de cet orchestre venaient répéter avec les instruments d’Afrisa international à Kingabwa/Limete pour mettre à point leurs premières chansons enregistrées au studio Phillips.

Stukas Boys

L’orchestre a été fondé en 1969 dans l’ex quartier Immo Congo, actuel Quartier du 20 Mai, avec comme musiciens Lomingo Alida, Pierre Nkumu, Damien Ndebo, Narcisse, Matima Mpioso, Zacharie, etc. Lita Bembo et Papa Wemba sont venus les rejoindre après. Félicien Nzeza était l’arrangeur principal et Dedes et Miltoni étaient le président et vice-président.


Après le voyage de Matadi, Stukas Boys connait une scission et Lita Bembo se fait parrainer par Tabu Ley et l’orchestre adopte le nom de Stukas Ley.


Tabu Ley le dote d’un instrument de musique et sa femme Thété est la marraine du groupe.
Viva la musica


Idole de sa jeunesse, Papa Wemba a sollicité le parrainage de Tabu Ley pour la sortie de Viva la musica.
Outre l’espace scénique Type K, Tabu Ley avait mis beaucoup d’argent et mobilisé toute la logistique pour la réussite de cet événement.

Inspirateur des jeunes chanteurs

Comme lui-même a été inspiré par Wendo, Grand Kalle et Franck Lassan, Tabu Ley a aussi inspiré beaucoup de chanteurs de la 3ème et 4ème générations et qui se reconnaissent presque tous de son école.

Il les a influencés dans la manière de composer, d’imiter sa voix ou sa technique vocale.
Parmi ces musiciens, on peut citer Sam Mangwana, Pamelo Mounka, Lokombe, Diana, Ndombe Opetum, Diasi Kiadi, Mimi Ley, Lessa Lassan, Dilu Dilumona, Papa Wemba, Emeneya, Gina, Dodo Munoko, etc.

Innovateur

Tabu Ley était un artiste créatif et innovateur car il a beaucoup apporté dans la rumba congolaise tant au niveau de la technique vocale, de la composition, du rythme, de l’orchestration que de la chorégraphie, de la scénographie, des tenues de scène, du management, etc.

La batterie

Comme d’aucuns le disent, Tabu Ley n’a pas introduit la batterie dans la rumba congolaise car son usage est antérieur. En effet, il a mis plutôt en exergue la batterie dans la rumba congolaise, devenant l’instrument majeur de l’orchestration en détrônant les tam-tams qui jusque-là était l’instrument principal qui donnait et maintenait le rythme.
A partir de 1968 avec Seskain Molenga, une révolution s’est opérée et tous les orchestres l’ont adoptée jusqu’aujourd’hui.

Style soum djoum

Après son passage à l’Olympia de Paris et sa tournée en Afrique de l’Ouest, Tabu Ley innove aavec le rythme Soum Djoum en accélérant le tempo de sa musique par la fusion de la rumba congolaise avec d’autres genres musicaux tels le Rythm and Blues, le Jazz. Courte expérience, ce style a gratifié les mélomanes des chansons comme Omanga, Sukaina, Mundi, Samba, etc.

World music

Il est l’un des précurseurs de la world music en mélangeant la rumba avec la pop dans la chanson ‘Lal’a bi’, une interprétation de la célèbre chanson des Beatles ‘Let it be’, chantée en Kiyansi.

Showman

Tabu Ley fut un showman et pionnier dans le domaine car c’est lui qui a introduit le spectacle avec des danseurs et danseuses avec une chorégraphie bien réglée. Sa prestation était calquée sur celles de grands musiciens de renommée internationale tels que James Brown ou Claude François. Tous les ingrédients y étaient : tour de chant époustouflant, scénographie, chorégraphie, tenues de scène, effets de lumière, timing des chansons, etc.
Il savait tenir le public en haleine durant plusieurs heures sans se lasser.

Management de l’orchestre

A l’instar de grandes formations musicales du monde, il s’était fait entourer d’un staff pour le management de l’orchestre : managers (Ngwango Selija et Mekanisi Modero), imprésario (Lossikiya Maneno), attaché de presse (Paul Bazakana).

Chorégraphe

Il est le premier à monter une équipe de danse composée des hommes et des femmes dont la chorégraphie s’inspirait de plusieurs genres musicaux plus particulièrement de nos danses traditionnelles.
Il a dénommé ses danseuses, les Rocherettes à l’instar des Claudettes de Claude François, le chanteur français. Celles-ci étaient accompagnées de leurs collègues masculins.

Tenues de scène

Tabu Ley a cassé le code vestimentaire musical car avant, les musiciens des orchestres s’habillaient en costume cravate ou nœud papillon et cela était de rigueur. Tabu Ley a innové avec des tenues flamboyantes avec des fantaisies, strass et paillettes, des chemises nouées au nombril, des pattes d’éléphant, des vêtements en cuir, etc. Les danseuses également étaient habillées en divers types de modèles de vêtement selon les spectacles.

Auteur compositeur prolifique

Une fois encore, on doit restituer les faits sur le nombre des chansons composées par Tabu Ley, 2.000 chansons, ce sont les fantaisies de l’artiste mais on reconnait au moins qu’il est parmi les plus grands auteurs compositeurs de la rumba congolaise. Il a été dans tous les registres : amour, société, amitié, politique, etc.
Rochereau a marqué de ses empreintes les décennies 60 jusqu’à 80 par des chansons d’anthologie.


Auteur-compositeur prolifique, il a gratifié ses mélomanes de plus d’un demi-millier de titres répertoriés dont bon nombre sont devenus des intemporels de la rumba congolaise et de la musique africaine.

Chanteur polyglotte

Tabu Ley Rochereau fut un chanteur polyglotte car il a chanté et composé dans plusieurs langues tant locales qu’internationales. Aux côtés de la langue naturelle de la Rumba congolaise le lingala, il a également chanté et composé en kikongo, kiyansi, tshiluba, swahili, français, anglais, espagnol, etc.
-Lingala : Bolingo Marie Josée, Yaka yaka toyokana, Molangi ya malasi, libala nde bisengo, mokolo nakokufa, likala moto, etc…..
-Français : Bel Abidjan, Fétiche, pitié, kebo na kebo (version française),
-Espagnol : paquita, porti caliente, el guantanamo, domingo o sabado, fiesta suave rithmo, me voy a cantar, nadie na puedo, seis rumba cubana,
-Anglais : worriend, tell me now, no way, move around, forgive me, I need you, why
-Kikongo : Mambu na nge, luzingu ke pidina, cadence mudanda, meno ngiele
-Kiyansi : Anna Monkoy, lal’a biy, kaful mayay
-Tshiluba : Biantondi
-Swahili : mpole mzee

Promoteur des femmes chanteuses

Tabu Ley est celui qui a plus chanté avec les chanteuses à l’instar de Photas, Miss Bora, Mwana Shaba, les Yondo sisters, Mbilia Bel, Faya Tess, Beyou Ciel, Mélodie, etc.

Herman Bangi Bayo/CP
(Les deux premiers intertitres sont de la rédaction)

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