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RFI : Des élections chaotiques en RDC (Revue de presse/ Afrique du jeudi 21 décembre 2023)

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Cela faisait des semaines que l’inquiétude montait quant à l’organisation du scrutin, ces craintes ont finalement été confirmées : la journée électorale d’hier, mercredi 20 décembre, a été « chaotique » pour de nombreux journaux et observateurs – Le Monde Afrique, Jeune Afrique… le terme se retrouve aussi dans les colonnes d’Actualite.cd.

Retards d’ouverture, difficultés d’acheminement du matériel, parfois des violences… les « dysfonctionnements » ont été nombreux. Le Monde Afrique raconte ainsi les obstacles rencontrés dans plusieurs bureaux de Kinshasa : toujours pas de vote à 14 h dans le quartier Binza Delvaux ; des coupures d’électricité empêchant de lancer les machines à voter électroniques, arrivées déchargées (machines qui par ailleurs « étaient défectueuses dans 45 % des bureaux », note le quotidien) ; dans le quartier Basoko enfin, les électeurs étaient forcés d’attendre à l’ombre de gradins, puisque « à 15 heures, les machines n’étaient pas encore arrivées, pour une raison mystérieuse. »

Et la capitale est loin d’être la seule à être concernée : « à Kisangani, raconte Actualite.cd, les électeurs sont toujours présents au centre de vote à la tombée de la nuit, utilisant des lampes torches » ; à Tshikapa, dans le Kasaï, Radio Okapi évoque de son côté une agression contre des agents de la Céni, une partie de la population « soupçonnant des agents (…) de vouloir modifier le vote ou de bourrer les urnes dans certains centres de vote. »

Malgré tout, les élections tenues dans de nombreux bureaux
Jeune Afrique le concède : même si les exemples de dysfonctionnements « sont loin d’avoir été des cas isolés »

« ils ne peuvent résumer à eux seuls la situation d’un pays qui compte plus de 75.000 centres de vote. » Par ailleurs, plusieurs journaux, dont Le Phare, se félicitent pour la motivation des électeurs et particulièrement que « le scrutin présidentiel a suscité le plus d’engouement », par rapport aux élections législatives et locales.

Le Phare qui, dans un autre éditorial, va plus loin et, contre toute attente, se réjouit que les « prophètes de malheur » aient été « désillusionnés » : le site admet bien « quelques pépins techniques enregistrés par-ci par-là », quelques retards, mais martèle que « les élections se sont normalement déroulées sur l’ensemble du territoire national. »

Prolongation du vote ce jeudi

Et c’est bien le signe que tout ne s’est peut-être pas entièrement déroulé comme prévu. Cette mesure a été prise pour permettre aux électeurs, dont les bureaux de vote n’ont pas ouvert hier, de quand même pouvoir se prononcer.

Sauf que cette décision suscite de nombreux questionnements. D’abord parce qu’il n’y a pas de cadre légal pour couvrir ce genre de situations. Ensuite, car, comme le déclare dans Jeune Afrique un membre de la mission d’observation de la conférence épiscopale nationale, les observateurs « n’ont pas mandat pour accompagner des élections chaotiques. » Et puis, le magazine s’interroge : « le prolongement du délai dans certains endroits suffira-t-il à permettre à tous les bureaux qui n’ont pas pu ouvrir le 20 décembre de le faire le 21 ? »

Bref, soupire JA, « un large flou entoure désormais la suite du processus. »

Des doutes sur la légitimité du scrutin

C’est ce que craint, en tout cas, une bonne partie des observateurs, d’autant que l’expérience, dans d’autres pays, permet de craindre des débordements. « La RDC n’a pas le monopole de ces irrégularités », commente L’Observateur Paalga qui embraie : « ces dysfonctionnements entachent systématiquement la crédibilité des chiffres sortis des urnes », et peuvent entraîner « des crises post-électorales dont l’ampleur est souvent imprévisible. »

Il y a ceux qui craignent des cafouillages, des erreurs dans le comptage des votes ; et puis il y a ceux qui s’inquiètent de fraudes : ainsi d’une opposition qui est, croit savoir Le Monde Afrique, « persuadée que les organes d’organisation, de contrôle et de certification du vote sont inféodées au pouvoir. » Radio Okapi rapporte d’ailleurs que, dans une déclaration commune, « cinq des dix-neuf candidats à la présidentielle (…) exigent la réorganisation des élections générales en RDC », avec une commission électorale remaniée pour l’occasion.

À ce stade, le président de la Céni, Denis Kadima, a écarté toute prolongation supplémentaire du scrutin. Mais chacun reste sur le qui-vive et attend les prochains développements. Car, grimace enfin Le Monde Afrique, « c’est un peu comme dans la théorie du chaos : difficile de prévoir l’impact de petits problèmes initiaux sur le résultat final ».

(Radio France Internationale)

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