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RDC : « La Liberté n’a pas de prix Monsieur le Président » (Lettre ouverte à Félix Tshisekedi)

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Lettre ouverte au président de la République Démocratique du Congopar Jean Claude Mputu, citoyen congolais, Champion Anti-corruption Award 2023.

Monsieur le Président,La Liberté n’a pas de prix et rien ne peut nous empêcher d’aimer, de défendre et de servir le Congo. Ni les arrestations, ni la prison, ni la torture, ni la répression d’où qu’elles viennent. Cette vérité vous devez la connaître mieux que quiconque car vous êtes le Fils d’Etienne Tshisekedi, d’heureuse mémoire. Cette vérité, vous ne pouvez l’ignorer, vous le militant de l’UDPS. Cette vérité, vous ne pouvez la transgresser, vous qui êtes le fruit des souffrances et du sang de ceux qui ont offert leur vie pour le combat de la démocratie. C’est pourquoi je ne peux pas m’empêcher de vous écrire aujourd’hui face au dernier acte de violation de cette liberté par vos services.

Monsieur le Président, si je me permets de vous écrire aujourd’hui c’est parce que malgré les divergences de ces dernières années, malgré les critiques et surtout malgré le comportement néfaste de vos compagnons, non pas de lutte mais de pouvoir, nous continuions à croire que vous étiez toujours l’un des nôtres. Nous pensions (à tort ?) que nous partagions le même héritage, celui de Ya Tshitshi, cet homme qui au cœur de la dictature mobutienne a su maintenir la flamme d’un Congo assoiffé de liberté et de démocratie sociale, toutes choses que nous avons du mal à trouver actuellement.

Monsieur le Président, nous nous disions entre nous et nous vous croyions lorsque vous affirmiez que sous votre règne, il n’y aura plus d’arrestations arbitraires, plus de cachots secrets de l’ANR… Comment est-ce encore possible qu’aujourd’hui Fred et Bienvenu soient arrêtés, torturés et gardés au secret 72 heures durant par l’Agence Nationale de Renseignement (ANR) avant d’être relâchés en pleine nuit uniquement parce qu’il y a eu une forte mobilisation tant nationale qu’internationale ? Je sais que vos zélés collaborateurs vous diront que ces hommes sont contre vous, que ce sont des subversifs, des agents de l’étranger et que sais-je encore ? Je vous dirais simplement que ça me rappelle Lambert Mende et ses déclarations et que ces expressions à l’époque vous étaient aussi destinées. L’aviez-vous oublié ? Je vous dirais aussi que la loi existe et que lorsqu’on soupçonne un citoyen de méfaits, il y a un cadre pour l’entendre. Et qu’aucun service n’a le droit d’enlever des citoyens, de les torturer, de les menacer de mort et de les empêcher d’avoir droit à une assistance juridique. Les droits de la défense ne sont pas seulement constitutionnels mais ils sont sacrés. Enfin, je vous dirai que vous connaissez Fred et Bienvenu et qu’il y a moins de six ans vous étiez dans le même camp et aviez les mêmes ambitions pour le Congo. Qu’est-ce qui a changé ? Sûrement pas eux car ils continuent ce qu’ils faisaient avec vous, aimer et défendre le Congo…

Monsieur le Président, plutôt que de citer Churchill sur ceux qui oublient le passé et sont condamnés à le revivre, je voudrais vous faire part d’une parole que papa Bomboko m’avait confiée dans sa chambre de malade, « mon fils, le Congo est plus grand que tout. Mobutu est passé, nous sommes passés, Kabila finira par passer mais le Congo est éternel » Votre régime va passer, constitutionnellement dans 5 ans, quel héritage voudriez-vous laisser ? Celui d’un opposant qui aurait trahi non seulement ses propres principes mais aussi ceux de son père ? Celui d’un dictateur entouré par une cour corrompue ne se souciant que de leurs intérêts égoïstes et non du peuple ? Celui d’un chef qui finira trahi par ceux qu’il a élevés ? Ces ministres, ces hauts fonctionnaires, ces magistrats, ces sécurocrates qui répriment aujourd’hui en votre nom sont en train non seulement de trahir la Nation mais aussi de nuire à votre présidence.

Demain ils changeront de camps comme tous ceux qui jurent, chantent et dansent pour vous aujourd’hui, alors qu’hier ils juraient, chantaient et ne dansaient que pour Kabila. Regardez-les ! ils sont tous autour de vous.

Monsieur le Président, un jour, en ma présence, vous vous étiez comporté en vrai patriote et en cette occasion vous avez dit que vous détestez ceux qui vous trahissent et les traîtres en général. Quelqu’un vous avait répondu, et pourtant vous êtes entouré par eux. Je me rappelle que vous aviez souri et dit, je le sais. Ce jour-là, je m’étais dit voici un homme d’Etat qui n’oublie pas d’où il vient. Aujourd’hui, j’ai du mal à reconnaître cet homme d’État face à tout ce qui se passe dans mon pays. En effet, comme l’a déclaré Fred après sa libération, de tels actes sont non seulement « contraires à la loi et aux règlementations auxquelles adhèrent la RDC mais aussi une flagrante négation de l’engagement du président Félix Antoine Tshisekedi d’humaniser les services de sécurité ». Je voudrais tant me tromper, mais comment le pourrais-je face à l’arrestation et la torture des citoyens innocents qui se sont mobilisés pour la paix, la sécurité et la reconquête de notre terre aujourd’hui occupée ?

Monsieur le Président, ils vous trompent ceux qui vous disent de réprimer toute voix discordante et critique. Ils vous mentent ceux qui vous disent qu’il faut écraser l’opposition. Ils vous mènent en bateau ceux-là qui vous flattent et chantent BETONNN tous les jours et prônent non pas le peuple d’abord mais nous d’abord, la tribu d’abord, l’Udps d’abord, l’Union sacrée d’abord, etc. Si vous voulez devenir le président de tous et le numéro un des Congolais, il ne vous reste qu’une chose à faire, réunir le peuple tout entier, défendre la liberté et cela passe aujourd’hui par la condamnation de ce qui est arrivé à Fred Bauma, à Bienvenu Matumo, à Crispin Tshiya, à Jean Paul Mualaba, aux photographe et chauffeur arrêtés au même moment. Pour nous tous on a le sentiment d’être revenu 10 ans en arrière.

Monsieur le Président, vous ne pouvez plus vous cacher derrière le « je ne savais pas », « je n’étais pas au courant ». Désormais, vous savez, vous savez que les cachots de l’ANR sont toujours ouverts, vous savez que Fred et Bienvenu ont été arrêtés sans avoir rien fait, vous savez que toutes les charges qu’on fabriquera pour justifier cette répression sont fausses car vous les connaissez et vous étiez hier à leur place. Alors je vous en supplie, condamnez ces actes et punissez ceux qui les ont torturés. En le faisant, vous nous donneriez raison de continuer à penser que vous êtes toujours l’un des nôtres. Dans le cas contraire, l’histoire risque de vous condamner durement et vous serez considéré comme le seul responsable car la majorité de vos collaborateurs vous abandonneront comme ils ont abandonné votre prédécesseur.

Monsieur le Président, la liberté n’a pas de prix. Vous le savez et chacun d’entre nous est prêt à remplir les cachots de l’ANR et à aller en prison au nom de la liberté et pour le Congo. Comment nous taire face à l’Occupation ? Comment rester silencieux face au fléau de la corruption ? Comment ne pas réagir face à l’augmentation de la répression ? Je voulais vous le dire personnellement et vous rappeler l’une de vos premières paroles en tant que président, vous êtes au service du peuple et vous avez des comptes à lui rendre. Ce n’est qu’en servant le peuple que vous deviendrez un grand président.

L’impératif doit être aujourd’hui à l’unité du peuple congolais et de toutes les forces vives de la Nation pour défendre l’intégrité de notre pays. Ils vous trompent ceux qui pensent que l’urgence se trouve dans un pouvoir absolu pour consolider des acquis qu’ils sont seuls à voir. Vous êtes le Président de la RDC, il vous appartient de prendre la mesure de l’urgence et d’agir pour l’intérêt général et non partisan.

Merci du temps que vous avez pris pour me lire. Patriotiquement et pour la liberté, l’unité et la défense du Congo, je vous prie, Monsieur le Président, de recevoir mon profond respect et vous assure de notre engagement à la construction d’une Nation congolaise unie, libre, démocratique, forte et indépendante.

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