Dans son discours sur l’état de la nation prononcé mercredi 11 décembre devant les deux chambres du parlement congolais réunies en congrès, le Chef de l’État Félix Tshisekedi a martelé sur le changement ou la révision de la Constitution de la République Démocratique du Congo, qui continue à faire couler beaucoup d’encre et de salive sur la scène politique.
Le Président Félix Tshisekedi a commencé par rappeler que cette première année de son nouveau mandat a été marquée par un démarrage retardé, notamment en raison du temps nécessaire pour la désignation de la Première ministre et la mise en place des institutions, conformément aux prescrits de la Constitution de la RDC.
« Ces délais, bien que contraignants, étaient indispensables pour respecter les échéances et les procédures fondamentales de notre démocratie. Cependant, cette situation nous invite à une réflexion commune : il est peut-être temps d’engager une réflexion nationale sur une réforme constitutionnelle, afin d’éliminer les failles qui ralentissent le fonctionnement de notre appareil étatique », a-t-il affirmé dans son discours.
À l’en croire, cette démarche consiste uniquement à lancer une initiative visant à inviter les compatriotes à une réflexion sincère, pour bâtir un cadre institutionnel plus adapté aux réalités et aux aspirations du peuple congolais.
« Je reste convaincu que, malgré les défis, unis, nous pouvons transformer nos potentialités en richesses réelles, nos faiblesses en forces, et notre diversité en un facteur de cohésion », a-t-il poursuivi.
À Isiro, au mois de novembre dernier, interpellé par la population au sujet de la Constitution, le garant du bon fonctionnement des institutions, Félix Tshisekedi, avait déclaré que « personne ne peut nous interdire de réfléchir sur notre Constitution, qu’il soit prêtre ou pasteur », renforçant ainsi sa position exprimée en octobre à Kisangani.
Dans son adresse, le mardi 26 novembre, à la population de Kalemie, dans la province du Tanganyika, le Président Tshisekedi était également revenu sur le débat relatif à la révision ou au changement de la Constitution : « j’ai déjà donné ma position. Je vous fais confiance parce que je sais que vous êtes un peuple mature, vous savez ce qui est bien pour vous. On ne peut pas vous empêcher de réfléchir sur votre Constitution et de prendre la décision qu’il faut ».
De leur côté, les principales forces politiques de l’opposition congolaise, regroupant le FCC, Lamuka et Ensemble pour la République, avaient rejeté fermement le projet de révision de la Constitution porté par le président Félix Tshisekedi.
Dans une déclaration commune rendue publique le mercredi 20 novembre, ces opposants ont estimé que ce projet funeste représente une menace grave pour la souveraineté nationale et la démocratie, tout en dénonçant le plan diabolique visant à changer la Constitution et à consacrer la balkanisation de la République Démocratique du Congo.
“L’initiative de changement ou de révision de la Constitution est totalement injustifiée, inopportune, illégale, inconstitutionnelle, une menace grave contre la cohésion nationale et une haute trahison de la part de Monsieur Tshilombo”, avaient-ils affirmé.
Eldad B.
