C’est une grande satisfaction pour le Programme national de lutte contre les maladies tropicales négligées (PNLMTN). La Coalition interentreprises de lutte contre le VIH/SIDA, la tuberculose, le paludisme et les autres pathologies liées au monde du travail (CIELS) a accepté de l’accompagner avec ses partenaires dans la lutte contre les maladies tropicales négligées (MTN) à travers le pays.
« La CIELS, au début de l’année, élabore un programme d’activités avec les entreprises. Comme nous avons des réunions mensuelles chaque année, chaque mois, nous élaborons la liste des entreprises qui doivent nous recevoir chaque dernier jeudi du mois. Aujourd’hui, c’était le tour de la DGRAD qui devait nous recevoir. C’est pour ça que vous avez vu tous les points focaux des différentes entreprises ont répondu présent à l’invitation que nous leur avons lancée. Mais la particularité de cette réunion, bien que nous avions parlé de la DGRAD, son plan d’actions pour l’année 2025 et 2026, nous avons aussi invité le Programme national de lutte contre les maladies tropicales négligées. Parce que la fois passée, ils sont passés me voir pour essayer de voir comment est-ce que nous pouvions travailler ensemble. Et vous avez vu que, quand ils ont fait leur présentation, ce qu’on entend par maladies tropicales négligées, en tout cas, tout le monde était vraiment émerveillé de voir que ces maladies que nous vivons, que nous connaissons, à travers la cité, mais qui ne sont pas prises en charge. Donc, avec la présentation du Programme, l’espoir renaît et toutes ces maladies que nous rencontrons à gauche et à droite dans nos familles, appelées communément maladies tropicales négligées, peuvent trouver des solutions. C’est une collaboration qui vient de naître. Nous allons nous mettre ensemble pour accompagner le Programme afin que nous puissions travailler de commun afin de booster un peu la prise en charge de ces différentes pathologies (…) », a laissé entendre Maximilien Nkiesielo, secrétaire général de la CIELS, à l’issue d’une réunion mensuelle organisée avec les points focaux des entreprises membres de sa structure, le jeudi 30 octobre 2025 à Kinshasa.

Ce partenariat local est conclu dans un contexte où le PNLMTN fait face au manque des moyens du fait de la réduction des ressources provenant des partenaires extérieurs, a expliqué le directeur du PNLMTN-Chimiothérapie préventive (CTP), signalant que cette collaboration avec la CIELS s’inscrit dans le cadre de la poursuite des démarches concernant la mobilisation des ressources au niveau interne.
« Ceci n’est que la continuité des actions que nous avons démarrées dans le cadre de la mobilisation des ressources locales. Nous sommes dans une situation telle que les ressources venant de l’extérieur sont en train de diminuer et nous devons, pour ne pas arrêter la lutte, mobiliser les ressources localement pour continuer les interventions jusqu’à l’élimination de toutes ces maladies tropicales négligées. C’est pour ça que nous nous sommes rapprochés de la CIELS (…) la CIELS a accepté de nous accompagner effectivement dans ce processus de mobilisation des ressources locales », a déclaré le docteur Jean-Paul Tambwe.

Invité à prendre la parole au cours de cette réunion, ce dernier a expliqué à l’assistance les types de MTN, en montrant les différentes actions menées jusqu’ici par le PNLMTN.
Accompagnant le PNLMTN dans la lutte contre les MTN depuis près de 20 ans, l’organisation UFAR qui travaille avec des partenaires tels que The End Fund, Sightsavers, Give Well et tant d’autres, était également présente à cette réunion. Son représentant en RDC, le docteur Vincent Kamwasha, a plaidé pour la prise en compte par les entreprises membres de la CIELS, des MTN dans leurs plans d’actions dans le secteur de la santé.
« Nous avions trouvé mieux de nous associer à cette réunion pour faire connaître les maladies tropicales négligées et faire connaître UFAR, qui est une structure qui, présentement, a déjà fait 20 ans d’expertise aux côtés du ministère de la Santé dans la lutte contre les maladies tropicales négligées. Les attentes de UFAR au monde du travail, c’est que dans leurs plans d’activités dans le secteur, que les maladies tropicales négligées soient prises en compte, d’ailleurs au départ dans la planification ; Que le monde du travail intervienne dans la sensibilisation et aussi la prévention, la prise en charge des cas », a-t-il lancé.
La CIELS a fait également participer des ONG « communautaires » qui interviennent dans le secteur de la santé à cette réunion. Celles-ci ont manifesté surtout leur intérêt pour la sensibilisation des dépendants des entreprises membres de la CIELS quant à la lutte contre toutes ces pathologies.

« Nous travaillons pour la santé des adolescents et des jeunes, la prise en charge des jeunes mères ainsi que leur intégration sociale. Et par rapport aux activités d’aujourd’hui, nous sommes aussi dans la lutte des IST et VIH, ainsi que la promotion des droits de santé sexuelle et réproductive, nous souhaitons que plusieurs organisations, plusieurs sociétés puissent toujours nous associer dans la mise en œuvre de nos actions. Je cite par exemple, nous avons vu ici la DGRAD qui est plus accès sur les agents. Alors que nous savons que les agents ont leurs dépendants directs qui sont les conjoints ainsi que les enfants, leurs membres de famille. La sensibilisation se mène au travail juste avec les agents. Mais nous, en tant que communautaire, nous pouvons les accompagner pour sensibiliser aussi leurs dépendants directs », s’est exprimée le docteur Isabelle Ngomba, la coordonnatrice générale du Fonds uni pour la promotion des droits des jeunes et de la femme.
La RDC se trouve aujourd’hui parmi les pays les plus touchés par les MTN. Ces pathologies affectent presque toutes les 26 provinces.
Fabrice Lukamba
