Avec l’appui de la FAO, la Journée mondiale vétérinaire (JMV) a été célébrée samedi 26 avril 2025 à Kinshasa sous le thème : “ La santé animale nécessite une équipe ”.
L’événement a eu lieu à la paroissiale de l’église Notre Dame de Famita dans la commune de la Gombe.
A cette occasion, près de 18 médecins vétérinaires ont été admis dans l’Ordre national des médecins vétérinaires, après avoir prêté serment devant le président du Conseil de l’ordre national des médecins vétérinaires.
Ce serment les oblige de conformer leur conduite professionnelle aux règles prescrites par le code de déontologie et d’en observer en toute circonstance, les principes de correction et de droiture. » Je fais le serment d’avoir à tout moment et en tout lieu, le souci constant de la dignité et de l’honneur de la profession vétérinaire ”, ont-ils promis.
Intervenant à cette circonstance, le président du Conseil provincial de l’Ordre national des médecins vétérinaires de Kinshasa, Dr Mukwa, a fait savoir que cet acte satisfait à un devoir légal qui veut que tout médecin vétérinaire soit assujetti à un serment de Bourgelat.

À l’en croire, ces médecins vétérinaires devront désormais veiller au respect de la réglementation en vigueur pour contribuer au développement du secteur de la pêche, tout en garantissant la santé des populations.
“ Aujourd’hui, c’est un jour spécial pour les médecins vétérinaires. Nous sommes animés de sentiments de fierté et nous lançons le message d’unité car c’est en travaillant ensemble que nous pouvons beaucoup produire, accompagner l’élevage et l’agriculture pour avoir un pays stable”, a souligné Dr Mukwa, avant de préciser que le thème retenu pour la Journée mondiale vétérinaire, est interpellateur, au motif qu’il soumet les vétérinaires à travailler ensemble, à regarder dans la même direction, et surtout à observer l’agriculture et l’élevage avec les yeux de production.
Un pays qui ne produit pas est voué à l’échec
Il a poursuivi son mot en soulignant, qu’un pays qui ne produit pas, est voué à l’échec, mieux à l’abandon.
Pour lui, le pays doit produire pour aller de l’avant. » S’il n’y a pas de production, nous continuerons à vivre à la poubelle. Un pays qui n’a pas suffisamment de nourriture, est celui qui n’a pas de réserve stratégique”, a-t-il dit.
À travers son exposé axé sur » La santé publique vétérinaire : quelles stratégies pour la ville de Kinshasa et la RDC « , Dr Mukwa a fait ressortir un tableau sombre de la santé publique vétérinaire. Il a indiqué que la santé animale devrait bénéficier d’une prise en charge sérieuse. Mais, elle est négligée, oubliée voire même délaissée.
Pourtant dit-il, la prise en charge des animaux doit être prise avec beaucoup de considération, parce que l’avenir du pays en dépend. » Si les animaux sont malades, négligés, c’est l’homme qui en est aussi ”, a-t-il averti.
Au regard de ce constat, il est impérieux de continuer à sensibiliser la population et les autorités, afin que la prise en charge des animaux puisse contribuer au développement du pays, a-t-il conseillé.
Parallèlement, Dr Mukwa a préconisé quelques stratégies à mettre en place, entre autres :
- éviter de se taire ;
- avoir une bonne communication ;
- combler les vides dans les services de l’État par l’intégration des vétérinaires dans les ministères ;
- entrer massivement dans l’entrepreneuriat vétérinaire ;
- éviter des monuments blancs comme le parc-agro industriel de Bukanga Lonzo ;
- arrêter l’importation ;
- choisir le mode de développement participatif en incluant toutes les parties prenantes ;
- produire dans le pays, car si l’État n’arrive pas à subventionner l’agriculture et l’élevage, c’est que le pays est mort.
Au finish, Dr. Mukwa pense qu’il est possible de relever la tête si tout le monde travaille ensemble.
Rôle des vétérinaires face aux inondations
Succédant au Dr. Mukwa, le chef de Bureau à la Direction de lutte contre les maladies animales au sein du Ministère de la Pêche et de l’Elevage, Dr. Daudet Byakya, est intervenu sur » les lignes directrices de préparation aux inondations dans le secteur de la Santé animale « .
Il a interpellé les médecins vétérinaires en leur signifiant que, face aux crises, à l’instar des inondations, les vétérinaires doivent saisir l’opportunité.
Il a néanmoins déploré le fait que face aux dernières inondations, beaucoup de secteurs se sont déployés sur le terrain, sans que le service vétérinaire n’en saisisse ; pourtant, il a un rôle majeur à jouer pour mener des actions dans ce genre des catastrophes naturelles.

Au regard de cette ignorance, Dr. Daudet Byakya recommande quelques interventions à mener pour sauver les animaux et venir en aide aux éleveurs victimes des effets des inondations.
Il a préconisé l’intervention des services vétérinaires pour la prise en charge des animaux, en procédant soit à la vente, soit à un abattage accéléré, pour permettre à l’éleveur de bénéficier de quelque chose ; l’appui aux structures vétérinaires ; la construction des abris, de logis provisoires des organisations pour appuyer des éleveurs.
Pour ce faire, il a sollicité l’appui de grandes organisations à caractère humanitaire pour soulager les populations sinistrées.
Il pense également qu’il est nécessaire de recourir aux partenaires comme la FAO qui intervient pour soulager les sinistrés.
Appel à la solidarité aux vétérinaires de Lubero
Pour sa part, l’Ir. technicien Karondwa, a lancé un appel à la solidarité aux techniciens et médecins vétérinaires du territoire de Lubero dans la province du Nord-Kivu, lesquels se trouvent en situation difficile.
Il a saisis l’occasion pour tirer la sonnette d’alarme sur la situation d’insécurité que vivent les techniciens et médecins vétérinaires du territoire de Lubero, sous occupation partielle de la rébellion, mettant en péril leur travail.
» Ces agents traversent des moments très difficiles. Ils n’ont aucune assistance, et certains parmi eux ne bénéficient guère de salaire de base ni de primes « , a-t-il alerté.
Il a en outre fait observer que le territoire dont question, est actuellement sous menace de l’anthrax (fièvre charbonneuse), une maladie infectieuse et contagieuse touchant les animaux.
Face à ce menace poursuit-il, le secteur de la pêche et de l’élevage du territoire de Lubero a déjà enregistré six cas suspects, dix personnes contactées dont un décès. » Il n’y a ni moyens, ni assistance pour y remédier ; alors que la santé publique est menacée « , a-t-il regretté, avant de révéler que quelques échantillons ont été envoyés à Kinshasa pour confirmer ou infirmer la présence de cette maladie.
En guise de solution, il à sollicité l’intervention urgente des autorités publiques pour venir en aide à ces agents, une manière de manifester la sympathie à leur endroit.
À l’issue de l’événement, des kits médicaux complets constitués notamment des gants, des thermomètres, de carnet de vaccination, des watches, ont été remis à quelques centres dont la Clinique vétérinaire de la commune de Ngaliema, le cabinet vétérinaire Dr Venance, l’Équipe vétérinaire de Barumbu.
José Wakadila
