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Kinshasa: Interdiction formelle d’exposer les malades en public à des fins pécuniaires (source officielle)

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À travers sa circulaire n° 0210/CAB.MIN/PRO/SPHP/GAP/JDBL/EML/eet/2025, le Docteur Patricien Gongo interdit formellement toute exposition de malades dans les lieux publics, dans le but de préserver la dignité humaine. En même temps, le ministre précise que les lieux indiqués pour accueillir ces malades sont bien entendu les zones de santé de la capitale, pour toute disposition utile.

En effet, le phénomène consistant à exposer des malades dans les lieux publics a pris de l’ampleur, au vu et au su des autorités du pays, qui ont finalement décidé de prendre des mesures appropriées.

En réalité, il est difficile de se souvenir du début de cette autre forme de mendicité, qui rabaisse son semblable humain jusqu’au niveau de l’objet, simplement parce que la précarité sociale dans laquelle certains sont plongés les contraint à se débrouiller de n’importe quelle manière pour joindre les deux bouts.

En complicité avec leurs propres membres de famille, des malades sont retirés de leurs lieux de soins ou de leurs habitations pour être exposés à longueur de journée, exposés à toutes sortes de dangers et de périls dans des carrefours, rond-points et autres lieux publics, dans le but de solliciter de l’argent du public pour payer des frais médicaux jugés exorbitants par certaines familles.

Une action que certaines opinions croyaient être une demande ponctuelle de solidarité s’est rapidement transformée en une véritable profession pour des soi-disant hommes de Dieu, dont le seul objectif était de gagner malicieusement leur vie au détriment même des pauvres malades, pour lesquels ces demandeurs, à la criée, prétendaient œuvrer par pitié.

Pendant plusieurs mois, et jusqu’à la décision des autorités d’interdire cette pratique, les carrefours, rond-points et autres lieux publics de Kinshasa étaient remplis d’hommes, de femmes et d’enfants dont on exposait, avec insistance, la nature des maladies, en précisant les cas nécessitant une prise en charge médicale immédiate — prise en charge qui nécessitait, selon eux, d’importants moyens financiers.

En réalité, il ressort de tout ce qui se faisait autour de cette « affaire » que le véritable motif était ailleurs. Les organisateurs de ces fausses actions de solidarité gagnaient plus que les personnes nécessiteuses elles-mêmes, pour des raisons évidentes.

Voyant dans leur démarche une activité légitime et constatant que l’État congolais les laissait agir librement, ces individus ont continué à persévérer dans ce que certains Kinois avertis voyaient clairement comme une escroquerie. D’autant que de nombreuses personnes, en voyant des gens en détresse, ne pouvaient s’empêcher de manifester leur charité.

À en croire des témoignages anonymes, l’argent récolté n’était pas prioritairement destiné aux malades. Ces derniers n’étaient que des « marchandises » exposées pour attirer une clientèle compatissante.

À la fin de la journée, l’argent était plutôt partagé entre tous les acteurs ayant participé à cette mise en scène sociale, tandis que le malade n’était pas conduit à l’hôpital, contrairement à ce qu’on faisait croire à l’opinion publique.

Les pauvres gens étaient ramenés dans un autre coin de rue pour recommencer le même sale travail, qui permettait à leurs « employeurs » de gagner tranquillement leur pain quotidien.

C’est pour ce motif-là que d’autres escrocs rejoignaient chaque jour les rangs de cette supercherie, mise à nu dans les rues de la capitale congolaise, où les habitants ont l’habitude de voir toutes sortes de phénomènes sociaux se produire — comme si la ville où réside le Président de la République démocratique du Congo n’était pas gouvernable.

La décision prise par l’autorité provinciale, celle d’interdire formellement l’exposition des malades dans les lieux publics à des fins pécuniaires, est tout à fait pertinente. Bien que tardive, elle est saluée par la population.

Cette forme de marchandage en public des malades, profitable à leurs auteurs, remettait pourtant en cause l’action du gouvernement de la République, notamment à travers les ministères sectoriels tels que les Affaires sociales et la Santé publique.

En fait, ce phénomène de mendicité dégradait également le décor urbain de Kinshasa, une ville qui reçoit chaque jour des visiteurs de tous horizons et des touristes — certains allant même jusqu’à photographier ces scènes, après en avoir appris le motif. Une telle mendicité en pleine rue porte atteinte à la dignité humaine.

Il importe que la République démocratique du Congo se dote d’une véritable loi sur la mendicité publique, une loi tenant compte du respect de la dignité humaine.

Pour gagner leur vie, plusieurs se permettent également d’ouvrir ce qu’ils appellent des orphelinats, alors qu’ils ne disposent d’aucune ressource pour créer de tels lieux d’hébergement. La plupart ressemblent davantage à des tanières de renards ou à des cages à poules, où l’hygiène des locaux comme des personnes hébergées laisse à désirer.

Philippe Dephill Lipo

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