Prévue pour aujourd’hui, mercredi 9 octobre 2024, l’inhumation des victimes du naufrage du bateau « Merveilles de Dieu » sur le lac Kivu la semaine passée a été reportée sine die. En cause : les autorités de l’État chargées d’effectuer l’enterrement de 34 corps repêchés des eaux du lac ont rencontré une farouche opposition de la population.
Cette dernière estime que le gouvernement devrait attendre jusqu’à ce que tous les corps des victimes soient retirés des eaux pour que la mise en terre de toutes les victimes soit effectuée une fois pour toutes.
Selon le comité des victimes, le bateau aurait embarqué à son départ de Minova plus de 600 passagers. Il est difficile de confirmer cela dans la mesure où le manifeste y relatif et la personne qui le détiendrait auraient disparu dans la nature.
Une source a également confirmé que plusieurs corps de victimes seraient bloqués dans l’épave du bateau, laquelle se trouverait localisée à plus ou moins 200 mètres de profondeur sous les eaux troubles du lac.
Depuis quelques jours, une publication liée à un témoignage familial d’une femme qui aurait raté son voyage à bord du bateau meurtrier circule sur les réseaux sociaux. À en croire ce témoignage, la femme chanceuse figurait au numéro 535 sur le manifeste établi par le convoyeur de l’embarcation. Si cette révélation est vérifiable, alors il peut être affirmé que le bateau « Merveilles de Dieu » aurait embarqué plus de 600 passagers, ce qui signifierait un surpoids pour une embarcation dont l’état serait déjà vétuste.
Est-il vraiment possible de repêcher cette épave de bateau localisée à 200 mètres de profondeur dans un lac aussi trouble que le lac Kivu ? Comment retirer de cette profondeur d’eau les corps sans vie des personnes supposées bloquées dans l’épave dudit bateau ? Seuls les océanographes et les autres experts en géographie peuvent nous le dire. Et c’est ce que le commun des mortels congolais attend.
Philippe Dephill Lipo
