Depuis un certain temps, l’actualité politique congolaise et les débats houleux qui en découlent tournent également autour de Joseph Kabila. Et ce, depuis la sortie médiatique de l’ancien président de la République démocratique du Congo, via une tribune publiée dans une presse sud-africaine au mois de mars 2025.
Les conséquences de cette publication controversée semblent fâcheuses pour celui qui se promène toujours avec son statut de sénateur à vie, ainsi que pour certains de ses lieutenants du Parti du Peuple pour la Reconstruction et le Développement (PPRD), dont plusieurs ont été convoqués par la justice militaire avant dêtre relâchés.
Double perquisition en un temps record
Pas plus tard que cette semaine, une des résidences appartenant à la famille Kabila a été perquisitionnée. Une perquisition que le clan Kabila qualifie dillégale, les agents en charge de lopération nétant pas porteurs dun mandat ou document justificatif.
Alors que la perquisition de Kingakati par les services de sécurité du pays était annoncée pour le jeudi 17 avril, plusieurs sources ont rapporté dans la soirée quaucun homme en uniforme ni service de sécurité ne sétait présenté sur place. Tout y serait resté calme. Quoi quil en soit, que cacherait réellement cette propriété de luxe de Joseph Kabila ?
Une deuxième perquisition à Limete
Au lieu de se rendre à Kingakati comme initialement prévu, des sources indiquent que les services de lAgence Nationale de Renseignements (ANR) et de la DEMIAP sont revenus dans la concession située à la 18e rue, dans la commune de Limete à Kinshasa. Ils auraient procédé à la fouille de conteneurs qui, selon le gérant de la concession présent sur place, navaient pas encore été ouverts. Résultat : rien de compromettant naurait été trouvé jusquà présent.
Par ailleurs, des informations ont circulé toute la journée sur les réseaux sociaux selon lesquelles les services de sécurité de la RDC auraient notifié au gérant du Parc de Kingakati (Parc de la Vallée de la NSele) qu’une perquisition allait débuter dans les heures à venir.Une affaire qui divise lopinionCette annonce a été bien accueillie par une partie de la population kinoise, avide de savoir ce qui se cacherait dans ce site mythique. Selon certaines rumeurs, Joseph Kabila y aurait dissimulé des armes et entretiendrait une milice.
Mythe ou réalité ?
Il semble que certains témoins affirment avoir vu des individus aux silhouettes étrangères sortir des alentours du site de Kingakati. Une information que les sources officielles nont jamais confirmée ni commentée.
En tout cas, ce lieu luxueux que Joseph Kabila nhabiterait plus depuis plus dun an continue de susciter des réactions en cascade sur ce qui pourrait sy trouver réellement.
Provocation ou enquête légitime ?
Pour la famille Kabila et leurs proches, frères, amis et connaissances, ici et ailleurs, cette perquisition serait purement et simplement une provocation envers le prédécesseur de Félix-Antoine Tshisekedi.Olive Lembe Kabila, citée par une source locale, a déclaré que la famille Kabila subit « une persécution de la part des services de sécurité et du régime. Ils créent des dommages à notre image et à celle de nos activités ».
Un timing qui interpelle
De tout ce qui précède, il y a lieu de conclure, ne serait-ce que partiellement, que ces perquisitions annoncées chez les Kabila interviennent à un moment critique. Et ce, alors que le fils de Mzee Laurent-Désiré Kabila venait dannoncer son intention de rentrer au pays, depuis lEst de la RDC où le M23, soutenu par le Rwanda, contrôle deux grandes villes stratégiques : Goma et Bukavu.
Comme quoi, à en croire un observateur de la scène politique congolaise, le timing du retour de Kabila, sa supposée proximité avec certains groupes rebelles, et désormais la perquisition de son parc déserté, dressent un portrait troublant dun ancien chef de lÉtat dont lombre semble encore peser sur les soubresauts sécuritaires du pays.
Affaire à suivre !
Philippe Dephill Lipo
