En RDC, le Programme national de lutte contre les maladies tropicales négligées (PNLMTN), ainsi que ses partenaires, mènent le plaidoyer auprès des différentes institutions et entreprises au niveau du pays, afin d’obtenir d’elles un appui dans le cadre de la lutte contre ces pathologies.
Cet appui sollicité au niveau local fait suite notamment à la réduction des financements extérieurs depuis un certain temps. La situation met en difficulté le PNLMTN à réaliser des activités liées à l’éradication des maladies tropicales négligées (MTN).
La première rencontre de ce plaidoyer a eu lieu le mardi 14 octobre 2025 avec la Coalition inter-entreprise de lutte contre le VIH/SIDA, tuberculose, paludisme et autres pathologies liées au monde du travail (CIELS) et la société brassicole BRALIMA.
Selon le directeur du PNLMTN – Chimiothérapie préventive (CTP), le docteur Jean-Paul Tambwe, les institutions et sociétés identifiées dans le pays sont considérées comme des potentiels bailleurs de fonds. Il est prévu d’autres rencontres avec d’autres structures, a-t-il fait savoir.
« Ces structures ont été identifiées comme des potentiels bailleurs, des potentiels donateurs. Et profitant de la présence de nos experts, il a fallu qu’il y ait déjà ce premier contact. Nous allons continuer encore avec ces partenaires », a-t-il indiqué, avant d’ajouter : « le constat qui a été fait dans la lutte contre les maladies tropicales négligées, ce n’est pas seulement dans notre pays, mais c’est un peu dans beaucoup d’autres pays africains. C’est que les financements de cette lutte, ce sont des financements qui viennent surtout de l’extérieur, et que ces financements qui viennent de l’extérieur sont en train de diminuer. Il n’y en a plus assez. Et c’est comme ça que les différents bailleurs recommandent la mobilisation des ressources locales pour continuer la lutte contre ces maladies jusqu’à leur élimination ».
Appuyant les entreprises dans la lutte contre les différentes pathologies, la CIELS a réagi de manière positive à l’appel à l’appui lui lancé par le PNLMTN et ses partenaires.
« L’accompagnement se fera d’abord par faire connaître cette maladie. Parce que d’autres ont cette maladie, ils en souffrent, mais ils ne connaissent pas que c’est parmi les maladies tropicales négligées. Et avec l’appui du Programme, nous allons faire en sorte que nous puissions vulgariser ce que l’on entend par maladies tropicales négligées. Et aussi, comme nous sommes dans la prévention et dans la prise en charge, nous allons aussi, avec les entreprises qui ont des structures médicales, former le corps médical », a déclaré Maximilien Kisolo, acceptant de s’exprimer devant la presse.
Le renforcement des capacités comme stratégie d’une mobilisation des ressources locales réussie
La mobilisation des ressources locales a été précédée par un atelier de renforcement des capacités des acteurs impliqués dans ce travail. L’objectif est d’en obtenir les résultats escomptés.
Cet atelier a été animé le lundi 13 octobre dernier par deux expertes de l’organisation THE END FUND, qui lutte également contre les MTN. L’une était venue du Nigeria et l’autre du Kenya.
« La lutte contre les maladies tropicales négligées est en train de souffrir par rapport à certains financements. D’où la tenue de cet atelier qui regroupe le Programme national, ainsi que les partenaires comme UFAR et CBM, pour apprendre des outils, comment faire cette approche, avec les expériences de nos collègues venues du Kenya et du Nigeria », a expliqué le docteur Dominique Badibanga, consultant à THE END FUND en RDC.
Cet atelier a connu aussi la participation de UFAR, une organisation non gouvernementale appuyant le ministère de la Santé de la RDC dans la lutte contre les MTN.
« Pour ne pas subir les conséquences, il fallait déjà commencer à préparer le Programme [NDLR, PNLMTN] à être résilient par rapport à cette situation. C’est pour cela qu’on a mobilisé quelques moyens en appelant nos bailleurs, END FUND, qui a mobilisé une équipe pour venir travailler avec le pays pour renforcer les capacités. C’était quand même un préalable pour voir comment il faut arriver à mobiliser les fonds », a laissé entendre le docteur Vincent Kamwasha, représentant pays UFAR-RDC.
Selon nos informations, près de 80% de la population congolaise serait affectée par les MTN.
Fabrice Lukamba
