Tout est bien qui finit bien, dit-on. C’est le moins que l’opinion publique congolaise doit, en fait, retenir du dialogue direct entre le gouvernement de la République Démocratique du Congo et le Mouvement du 23 Mars (M23) ainsi que l’AFC de Corneille Nangaa, sous la facilitation qatarienne.
En effet, le 19 juillet 2025, les deux parties ont signé à Doha un accord susceptible de mettre fin aux hostilités à l’est de la République Démocratique du Congo et de favoriser l’avènement de la paix dans la région des Grands Lacs.
Il s’est bien agi de la Déclaration de principes de l’État du Qatar, conclue entre les représentants du gouvernement de la République Démocratique du Congo (RDC) et les représentants de l’AFC/M23.
À en croire Patrick Muyaya Katembwe, ministre de la Communication et des Médias, porte-parole du gouvernement de la République Démocratique du Congo, ladite déclaration se fonde sur le strict respect de la Constitution de la RDC, de la Charte des Nations Unies et de l’Union Africaine, du droit international ainsi que des résolutions du Conseil de sécurité — notamment la Résolution 2773 — et s’inscrit dans la lignée de l’accord de Washington.
Philippe Dephill Lipo
Ci-joint le communiqué actuellement en discussion à Doha entre Kinshasa et l’AFC/M23 :
COMMUNIQUÉ CONJOINT — ACCORD DE PRINCIPES ENTRE LE GOUVERNEMENT DE LA RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO ET LE MOUVEMENT AFC/M23
Doha, le 18 juillet 2025
À l’issue des négociations tenues à Doha, État du Qatar, sous médiation internationale et en présence d’observateurs de l’Union Africaine, de la CIRGL et des Nations Unies, le Gouvernement de la République Démocratique du Congo et le mouvement AFC/M23 annoncent avoir signé ce jour une Déclaration de principes visant à mettre fin à la crise sécuritaire dans la région de l’Est de la RDC.
Les deux parties conviennent de ce qui suit :
- Cessez-le-feu immédiat
Engagement ferme de cesser toutes les hostilités dans l’ensemble des zones de conflit, avec effet immédiat. - Retrait progressif et encadré des éléments du M23
Le M23 s’engage à un retrait graduel de ses troupes des zones actuellement occupées, sous la supervision d’observateurs internationaux. - Intégration politique
Une voie de réintégration est offerte à certains cadres du M23 dans les institutions politiques, selon des conditions définies par un comité mixte. - Réinsertion sécuritaire
Les combattants désarmés et non poursuivis par la justice seront éligibles à une intégration dans les forces de défense et de sécurité nationales après un processus de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR). - Amnistie sélective
Les deux parties conviennent de l’application d’une amnistie conditionnelle aux membres du M23 n’ayant pas commis de crimes graves au regard des conventions internationales. - Suspension des poursuites judiciaires
Le Gouvernement congolais suspend temporairement les mandats d’arrêt en cours contre certains membres du M23 afin de favoriser un climat de confiance et de faciliter les négociations en cours. - Retour sécurisé des déplacés
Un mécanisme sera mis en place pour assurer le retour volontaire et sécurisé des populations déplacées et réfugiées. - Désengagement de toutes les alliances extérieures
Le Gouvernement s’engage à réévaluer ses alliances sécuritaires et à ne plus collaborer avec des groupes armés étrangers, notamment les FDLR. - Dialogue intercommunautaire
Lancement d’un programme national de dialogue et de réconciliation entre les communautés du Nord-Kivu. - Création d’un Comité de Suivi
Un Comité de Suivi de l’Accord (CSA) sera mis en place, composé des deux parties signataires et d’observateurs indépendants, afin de superviser la mise en œuvre de chaque engagement.
Les parties réaffirment leur volonté commune de restaurer la paix, l’unité et la souveraineté de la RDC, et appellent la communauté internationale à accompagner ce processus.
Fait à Doha, le 18 juillet 2025
Pour le Gouvernement de la République Démocratique du Congo
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Pour l’AFC/M23
…………………………………………… Aimée Kiala
