Le Prix Nobel de la paix, Denis Mukwege, a salué, mardi 03 mars, l’imposition de nouvelles sanctions américaines visant le régime de Kigali, estimant qu’elles pourraient contribuer à modifier le rapport de force dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Ces sanctions, annoncées le 2 mars par le Département du Trésor américain, ciblent les Rwanda Defence Force (RDF) ainsi que quatre officiers supérieurs de l’armée rwandaise, accusés d’implication dans l’instabilité persistante au Nord-Kivu et au Sud-Kivu.
Dans une déclaration officielle, Denis Mukwege considère que la guerre illégale d’agression et d’occupation menée par le Rwanda et ses alliés du M23 depuis novembre 2021, pourrait prendre fin sous l’effet de pressions internationales accrues.
Pour lui, cette décision de Washington constitue un signal fort, bien que nécessaire mais non suffisant, pour mettre un terme à la crise sécuritaire et humanitaire qui frappe l’Est congolais depuis plusieurs décennies.
Dans la foulée, le médecin congolais appelle ainsi les partenaires internationaux à adopter des sanctions coordonnées afin d’isoler politiquement, diplomatiquement et économiquement le régime de Kigali. Il exhorte notamment la communauté internationale à veiller à l’application stricte de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui exige un cessez-le-feu immédiat, le retrait des troupes rwandaises du territoire congolais et la fin de tout soutien au M23.
Par ailleurs, Denis Mukwege estime également que les mesures américaines devraient conduire au retrait du Rwanda en tant que pays contributeur de troupes aux opérations de maintien de la paix de l’ONU.
Denis Mukwege juge « inacceptable » que les Nations Unies puissent employer une armée qu’il accuse d’être impliquée depuis trois décennies dans la déstabilisation de la région des Grands Lacs et dans des violations graves du droit international humanitaire, largement documentées par des rapports onusiens et des organisations de la société civile.
L’occasion faisant le larron, le Prix Nobel de la paix appelle l’Union européenne ainsi que des États membres, tels que la France et la Pologne, à suspendre leur coopération sécuritaire et militaire avec Kigali et à geler l’aide budgétaire directe accordée au Rwanda. Selon lui, seule une mobilisation politique forte et coordonnée permettra de restaurer durablement la paix et la stabilité dans la région des Grands Lacs africains.
Eldad Bwetu
