Coup de théâtre au Palais du Peuple ce mercredi 18 mars 2026. Après plusieurs jours d’incertitude et une fronde parlementaire sans précédent, Modeste Bahati Lukwebo a officiellement déposé son tablier de deuxième vice-président de la Chambre haute à 17h30. Récit d’une chute précipitée.
Un revirement spectaculaire Jusqu’à la veille, l’heure était encore à la résistance. Malgré un étau politique se resserrant inexorablement, l’ancien président du Sénat refusait de quitter ses fonctions. Pourtant, la menace était bien réelle : une pétition de destitution, portée par le sénateur Dany Kabongo, avait recueilli l’adhésion massive de 83 élus. Les griefs articulés contre lui étaient sans appel : « incompétence notoire », gestion défaillante et rupture de confiance définitive avec ses pairs.
Une fracture au sommet de l’Union Sacrée
Si les motifs officiels évoquent des lacunes administratives, le malaise est plus profond. Cette crise agit comme un révélateur des secousses qui agitent l’Union sacrée de la nation. En s’opposant ouvertement au projet de révision constitutionnelle, Modeste Bahati Lukwebo s’est isolé de sa propre famille politique, transformant un débat de gouvernance en une véritable purge institutionnelle.
Une sortie de scène par la petite porte. En démissionnant cet après-midi, l’élu du Sud-Kivu a choisi de devancer l’opprobre d’une destitution par vote. Une commission spéciale avait en effet déjà été mise sur pied pour examiner le bien-fondé de la pétition.
Face à un rapport de force devenu mathématiquement intenable et à l’imminence d’un désaveu public en plénière, il a préféré reprendre sa liberté avant le verdict final.
Quels enjeux pour la suite ?
Ce départ marque la fin d’une époque, mais ouvre une période d’incertitude :
- Recomposition du Bureau : La course à sa succession va redéfinir la géopolitique interne du Sénat.
- Solidarité de la Majorité : Cette éviction met en lumière les fragilités de la coalition au pouvoir face aux enjeux constitutionnels.
- Équilibres politiques : Le poids réel des forces alliées au sein de la Chambre haute sera scruté lors du prochain scrutin pour le poste vacant.
Un dossier qui, loin de se refermer avec cette démission, promet de nouveaux rebondissements dans les jours à venir.
Philippe Dephill Lipo
