Dans le cadre du consortium We are able (WaA) , qui met en œuvre un projet sur l’inclusion des personnes vivant avec handicap (PVH) au niveau local et national, notamment à Kinshasa, il a été organisé vendredi 05 septembre 2025 dans la salle Kundelungu du bâtiment administratif du ministère de l’Intérieur, une séance de plaidoyer des PVH envers les représentants des organisations du système des Nations Unies, des organisations internationales et des bailleurs de fonds oeuvrant dans le domaine humanitaire, de la sécurité alimentaire et de celui pourtant protection et promotion des PVH.

Pour Me Patrick Pindu-di-Lusanga, Coordonnateur national de la FENAPHACO (Fédération nationale des associations des personnes handicapées du Congo) qui est l’une des structures membres du consortium We are able, les PVH éprouvent beaucoup des difficultés pour accéder à la sécurité alimentaire inclusive et à l’aide humanitaire, notamment dans les zones des conflits armés à l’est et à l’ouest de la RDC, où leurs droits sont violés. Elles sont tuées, massacrées, violées (les femmes PVH), dans un silence total.
Selon Me Pindu, les différents rapports publiés par les ONG internationales, les Nations Unies ainsi que les partenaires techniques et financiers, nulle part il est fait allusion à la situation que traverse les PVH. D’où cette interpellation, afin que tous les partenaires ci-haut cités prennent en compte les PVH dans leurs différents programmes de financement, afin de leur permettre de mettre en oeuvre des projets liés à la sécurité alimentaire inclusive.
Dans le même ordre d’idées, poursuit Me Pindu, tous ces partenaires doivent également aider les PVH dans les projets liés à l’aide humanitaire et à la promotion et protection de leurs droits. » Nous voulons qu’il y ait un changement, de manière que ces différents partenaires puissent respecter les instruments juridiques régionaux, nationaux et internationaux qui protègent les PVH, notamment : la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées ; le Protocole à la Charte Africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits des personnes handicapées en Afrique ; la Loi Organique portant sur la protection et la promotion des PVH au niveau de la RDC et ses mesures d’application et surtout la Charte des Nations Unies sur l’inclusion des personnes handicapées à l’action humanitaire non ratifiée par la RDC « , a expliqué Me Pindu, avant d’inviter le gouvernement de la République, à procéder à sa ratification.

À en croire Me Pindu, We are able est en train de multiplier des efforts, afin d’arriver à un engagement public. C’est ainsi qu’il est prévu très prochainement, la tenue d’une rencontre avec les députés nationaux et senateurs, afin de les pousser par rapport à la proposition de loi sur la sécurité alimentaire qui se trouve au niveau de l’Assemblée nationale, pour que la prise en compte des PVH soit effective. Il sera également question de faire un plaidoyer auprès de ces députés nationaux et senateurs, pour une proposition de loi qui pourra autoriser la RDC le Protocole à la Charte Africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits des personnes handicapées en Afrique.
Intervenant pour sa part, M. Raphaël Mulamba, Directeur des programmes au de TLM/Congo (Mission contre la lèpre en RDC) qui reconnaît les bénéfices et avantages générés depuis la mise en œuvre du projet We are able, à expliqué l’importance de cette rencontre de plaidoyer.
» Le projet We are able devant se clôturer le 18 septembre 2025, il était important d’impliquer tous les partenaires ci-haut cités, afin qu’ils puissent prendre la relève et pourquoi pas penser à une autre phase du même projet, surtout que dans l’Agenda des Nations Unies, la question de la sécurité alimentaire et de l’inclusion des PVH, est déjà prise en compte « , a-t-il dit.
À savoir
À noter que We are able travaille avec quelques structures partenaires dont les Ong internationales ADF (African Disability Forum), TLM (The Leprosy Mission International), The Hague Academy, ZOA, VNGI. Au niveau national, We are able travaille en étroite collaboration avec la FENAPHACO.
En Afrique, ce projet financé par le Ministère Néerlandais des Affaires étrangères, est actif dans six pays dont la RDC, le Soudan, le Burundi, l’Éthiopie, l’Ouganda et le Soudan du Sud.
José Wakadila
