» La VSV exige la présentation de M. Kovo Ingila devant devant une juridiction compétente en cas des griefs sérieux à sa charge, si non sa libération pure et simple « . La recommandation émane de la Voix des Sans Voix pour les droits de l’homme (VSV), à l’issue de la tribune qu’elle a accordée à la famille de M. Kovo Ingila Bokondo, interpellé dans la nuit du 25 au 26 2025 à son domicile aux environs de 2 heures du matin.
Selon le récit, M. Kovo Ingila, cadre du MLC (Mouvement de libération du Congo) a été interpellé à son domicile par de nombreux hommes armés, dont certains habillés en civil et d’autres en tenue de la Garde Républicaine et de la Police nationale congolaise (PNC).
À e’ croire des éléments d’information fournis par la VSV, un premier groupe de six hommes armés étaient venus à bord d’une jeep de marque Prado sans plaque d’immatriculation. Un de ses hommes est entré par effraction dans la parcelle, après avoir escaladé le mur de la clôture.
Par la suite, un véhicule blindé à bord duquel se trouvaient des hommes armés en tenue de la PNC, est entré dans la parcelle après avoir percuté et cassé le portail. » Ils ont commencé à demander aux occupants de sortir de leur maison. Ces derniers ont ouvert la porte de la maison et trois hommes y sont entrés, se présentant verbalement comme étant de la présidence, mais sans pour autant présenter un quelconque document « , fait savoir la VSV.
Et l’Ong d’affirmer : » Ils ont pris et amené M. Kovo Ingila sans dire le motif de son arrestation et sans indiquer à son épouse et ses trois enfants, le lieu où ils le conduisaient (…) . Après quelques minutes poursuit le communiqué de la VSV, le véhicule Prado est revenu pour récupérer les téléphones de M. Kovo Ingila avant de prendre également son neveu Caleb Kandolo, agé de 17 ans et étudiant de son état, lequel a été relâché le 26 mai le 26 mai.

A en croire la VSV qui cite les proches de la victime, les véhicules sus évoqués sont passés respectivement par le camp Tshatshi et Kintambo-Magasin, où quelques hommes en tenue militaire et de la PNC, ont été débarqués, avant d’acheminer la victime aux installations du Conseil national de cyberdefense (CNC), situé à l’immeuble de l’ex-ONATRA dans la commune de la Gombe.
Quid du droit à la visite ?
Au regard de ce qui précède, la VSV dénonce le fait que depuis son arrestation, M. Kovo Ingila n’a pas eu droit à la visite des membres de sa famille, ni de ses avocats, en violation des droits reconnus aux personnes en détention et les règles minima des Nations Unies pour le traitement des détenus, dites » Règles Nelson Mandela « .
En effet, poursuit la VSV, quels que soient les motifs reprochés à une personne et pouvant conduire à une privation de liberté, aucun prétexte ne saurait justifier la violation des droits des détenus, notamment le droit à la visite des membres de famille, des avocats, médecins…
Inquiétudes et cris de coeur de la famille
« Il y a de sérieuses inquiétudes quant à son intégrité physique, compte tenu de la violence ayant entouré cette interpellation nocturne », a déploré son épouse Caroline Ingila, au cours de la tribune de presse offerte par la VSV.
Celle-ci qui ne connaît ni la destination ni les motifs de l’enlèvement de son mari, sollicite la clémence du Chef de l’Etat, afin que son mari soit relâché. » La consternation et le chagrin ont envahi mon coeur, surtout que mon mari est caché dans les endroits où les droits de l’homme ne sont pas les bienvenus « , regrette Mme Caroline Ingila, avant de solliciter les implications du Procureur général de la République, du Procureur général près la Cour de cassation, du Ministre de la Justice ainsi que du Vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, pour que le bon droit soit dit de manière impartiale.
Larmes aux yeux, sa mère, Maman Léontine Lokopa, appelle à la largesse du président Felix-Antoine Tshisekedi, pour que son fils soit relaxé. » Cela fait 18 jours que je n’ai plus revu mon fils. Je ne le connais pas dans le mal depuis que je l’ai enfanté. Je demande au Président de la République, en sa qualité de père de famille et de Président de tous les congolais, de s’impliquer pour la libération de mon fils « , a fait savoir la mère de Kovo Ingila.
Interpellation
Me Serge Mayamba, l’un des avocats conseils de la famille, à rappelé que suivant la Constitution de la République et toutes les autres lois subséquentes, toute personne arrêtée doit être informée du motif de son arrestation en dehors du droit à l’assistance d’un conseil de son choix. » Ce qui n’est malheureusement pas le cas « , déplore-t-il.
Et de poursuivre : » La liberté étant le principe, il ya lieu de regretter que la détention de M. Kovo Ingila commence à prendre place, contrairement aux textes constitutifs du Conseil national de cyberdefense qui ne peut se substituer en un organe de détention des citoyens. Cela est contraire aux engagements pris par la RDC, laquelle a ratifié les textes des Nations Unies relatifs à la défense et à la protection des droits humains. Même chose sur le plan interne où il existe des lois qui consacrent la régularité des arrestations et des détentions des citoyens « , a déploré Me Serge Mayamba.
En définitive, cet avocat estime que cette contradiction à la manière dont les arrestations et les détentions s’opèrent, il y a lieu de craindre que le fonctionnement de la République soit aux antipodes de ses valeurs. » Voilà pourquoi nous interpellons l’Autorité suprême, pour qu’elle s’implique au nom de la famille, dans l’action des services qui dépendent de son autorité, en vue de la libération de M. Ingila, laquelle doit être précédée des visites, avant qu’il ne soit déféré devant son juge naturel en cas des griefs « , a conclu Me Serge Mayamba.
A savoir
Ancien cadre influent de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), Kovo Ingila avait été élu député national en 2011 dans la circonscription électorale de Kinshasa II/Funa sur la liste du “ Soutien à Étienne Tshisekedi ” (SET).
Il avait par la suite rejoint le Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba, où il occupait jusqu’à un passé récent, le poste de vice-président interfédéral pour la ville de Kinshasa.
Des sources proches de la victime rappellent que ses ennuis judiciaires ont débuté en février dernier, à la suite d’un différend survenu au sein d’un groupe WhatsApp des cadres du MLC.
Au cours de cette discussion, Kovo Ingila avait partagé le lien d’une vidéo d’un certain Simaro Ngongo, communicateur du mouvement rebelle de l’Alliance fleuve Congo (AFC)/M23. Cette publication avait provoqué une vive réaction du Secrétaire général intérimaire du MLC, qui l’avait accusé de faire la propagande des autorités rebelles de l’AFC/M23.
Dans sa défense, kovo Ingila avait affirmé vouloir simplement informer ses collègues, de l’évolution de la situation sécuritaire au pays.
L’affaire avait pris une tournure judiciaire et Kovo Ingila avait été convoqué par l’auditorat militaire pour répondre de supposées connexions avec le M23.
En février dernier, des militaires munis d’un mandat d’amener avaient tenté de l’arrêter à son domicile, mais cela n’avait pas abouti.
L’on croît savoir que sa récente interpellation brutale marque un rebondissement dans cette même affaire.
José Wakadila
