Inialement célébrée le 03 décembre de chaque année, la Journée internationale des droits des personnes handicapées (PVH) a été commémoré mercredi 10 décembre 2025 par la FENAPHACO (Fédération nationale des associations des personnes handicapées du Congo), date qui coïncide avec la célébration de la Journée internationale des droits de l’homme. Cadre choisi, bureau national de la FENAPHACO situé au quartier Salongo dans la commune de Lemba.
Selon Me Patrick Pindu-di-Lusanga, Coordonnateur national de cette structure, le choix du 10 décembre s’explique du fait que les PVH sont également concernées par les droits de l’homme.
À cette occasion, Me Pindu a exhorté le gouvernement de la RDC, de tout mettre en œuvre pour ratifier le Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits des personnes handicapées en Afrique, en plus de faire respecter la Convention des Nations Unies relative aux droits des PVH ; la Résolution 2475 du Conseil de Sécurité de l’ONU portant sur la protection des PVH dans les conflits armés.
Il a en outre, demandé au gouvernement, de veiller pour qu’une réponse humanitaire soit accordée aux PVH victimes des conflits armés ; de porter une assistance aux PVH déplacées dans des pays voisins à cause de la guerre et de faire le suivi pour que la RDC soit examinée en 2026, par rapport à la mise en œuvre de la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées et de s’assurer que rien ne soit décider pour les PVH, sans les avoir impliqués.

Rappelant le thème de cette année 2025 axé sur : » Favoriser des sociétés inclusives pour les personnes handicapées afin de faire avancer le progrès social « , Me Pindu a indiqué que ce thème résonne avec une profonde justesse en Afrique et rappelle une évidence selon laquelle, il ne peut y avoir de progrès social authentique, si une partie de la société est laissée de côté.
Pour lui, l’inclusion des personnes handicapées n’est pas un sous-projet de développement, elle est une baromètre. » Une RDC qui inclut ses citoyens handicapés, est un pays qui se respecte, qui valorise toutes ses ressources humaines et qui avancent plus vite et plus solidement « .
Moment de ralliement, de réflexion et de reconquête
À en croire Me Pindu, cette journée de célébration est un moment de ralliement, de réflexion et de reconquête, pour faire entendre la voix unie et puissante du handicap sur le continent africain.
» De ma position à la tête de la FENAPHACO, je m’adresse à vous aujourd’hui, non seulement en tant que leader, mais en tant que frère de lutte, une lutte pour la dignité, pour la reconnaissance et pour la RDC inclusive que nous appelons de nos voeux « , a-t-il dit.
Me Pindu affirme en effet que la RDC est une terre de vitalité, de résilience et d’avenir. Pourtant, pour des millions des personnes handicapées, cet avenir est encore entravé par des barrières physiques, des préjugés tenaces et des systèmes qui oublient trop souvent les PVH.
» Mais regardons aussi le chemin que nous avons parcouru ensemble. Je vois une RDC en mouvement. Je vois les organisations des PVH qui se renforcent, montent en compétences et qui deviennent des interlocutrices incontournables « , affirme-t-il.

Au finish, Me Pindu a demandé aux membres de la société civile et du secteur privé, d’être des architectes de l’accessibilité des PVH, en bâtissant des écoles, des entreprises, des transports et des technologies où chacun a sa place.
Il a exhorté les PVH de rester unies. » Notre unité fait une puissance. Continuons à nous organiser, à nous former, à nous soutenir. Partageons nos stratégies de l’Equateur, Kasai, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Kongo-central, Lualaba, Tanganyika, Kwilu, Kwango et dans toutes nos provinces (…) Notre combat est un marathon, pas un sprint. Il y aura des obstacles, mais chaque barrière franchie est une victoire pour les générations futures « .
La RDC inclusive n’est pas un rêve lointain, c’est un projet bâtit ensemble
Pour Me Pindu, le message des PVH en cette journée commémorative, doit être clair et porté par le vent du changement. Car dit-il, la RDC inclusive n’est pas un rêve lointain, c’est un projet bâtit ensemble jour pour jour au sein de la FENAPHACO.
» Il est temps que nous puissions mener des actions pour la protection et l’assistance humanitaire pour nos collègues PVH en difficulté dans les zones des conflits armés à l’Est de la RDC « , a-t-il conseillé.
Me Pindu n’a oublié de rendre hommage à Mme Bintou Keita, Représentante du Sg de l’ONU en RDC et à M. Bruno Le Marquis, Représentant adjoint du Sg de l’ONU en RDC, Coordonnateur résident et Coordonnateur humanitaire, pour avoir accepté, malgré les difficultés, d’avoir accepté la présence d’une PVH au sein de l’Equipe humanitaire-pays, pour porter la voix des PVH en rapport à la question de la situation humanitaire et l’accès humanitaire des PVH, et d’avoir permis la présence d’une PVH au sein du Groupe national de référence (GNR) pour la localisation de l’aide humanitaire.
De son côté, Mme Hortense Ikobonga, présidente provinciale du Réseau des femmes de la FENAPHACO pour la ville de Kinshasa, à lancé un message de compassion et de soutien aux femmes vivant avec handicap victimes des atrocités et des violences dans les zones des conflits armés.
Elle à dénoncé le fait que les résolutions 1325 et 2475 du Conseil de sécurité de l’ONU ne soient jamais mise en œuvre. A cet effet, elle a promis la poursuite de la lutte afin qu’il y ait des mesures contraignantes et une mise en œuvre évidente de ces résolutions.
Elle a également invité le FONAREV (Fonds national de réparation des victimes), de s’impliquer dans la réparation de toutes les femmes vivant avec handicap victimes des atrocités avant d’exhorter ces dernières à tenir bon.
Les PVH transforment la société
Dans le message du Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres à l’occasion de cette journée, et lu par M. Makila Ngaiber, Directeur national administratif et des Ressources humaines de la FENAPHACO, le numéro un de l’ONU reconnaît que les PVH transforment la société, favorisent l’innovation, orientent les politiques publiques et se mobilisent pour la justice. Pourtant, trop souvent, elles se trouvent exclues des espaces de décision.
Pour Antonio Guterres qui cite la Déclaration de Doha adoptée le mois dernier à l’occasion du Sommet mondial pour le développement social, » Il ne peut y avoir de développement durable si les personnes handicapées ne sont pas incluses.
Pourtant affirme-t-il dans son message : » Les personnes handicapées contribuent à des progrès qui profitent à tous. Leur leadership a permis d’améliorer la préparation aux catastrophes, de renforcer l’inclusion dans les domaines de l’éducation et de l’emploi et de faire en sorte que les interventions humanitaires répondent aux besoins des personnes les plus vulnérables « .
Au vu de toutes ces réalités, Antonio Guterres exhorte l’humanité à montrer sa détermination à travailler de concert avec les personnes handicapées dans toute leur diversité, en les considérant comme des partenaires à part entière.
» Quand l’inclusion prend racine, c’est toute la société qui s’élève. Ensemble, nous pouvons bâtir une société plus accessible et plus resiliente qui permette à chacune e à chacun d’entre nous, de s’épanouir pleinement « , a conclu le Sg de l’ONU.
José Wakadila
