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Polémique autour des contrats de sponsoring sportif à l’international: Quand la visibilité à l’Étranger prime sur la détresse intérieure!

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Alors que la majorité des Congolais vivent dans une misère chronique, et que les infrastructures sportives nationales tombent en ruine, le gouvernement congolais fait un choix pour le moins surprenant : investir massivement dans des contrats de sponsoring avec des clubs européens de renom. Plus de 90 millions d’euros d’argent public ont ainsi été injectés dans des partenariats avec trois clubs européens, dont le FC Barcelone, au nom de la « visibilité internationale » de la République démocratique du Congo.

Un pari jugé extravagant et irresponsable par une grande partie de l’opinion publique, qui voit là une dilapidation flagrante des fonds publics, dans un pays où le championnat national n’existe plus depuis des mois, aucun club congolais n’est sponsorisé, et où les joueurs locaux vivent dans la précarité absolue.

Selon des révélations du média Jeune Afrique, le partenariat le plus important, d’un montant de 43 millions d’euros hors taxes, a été signé avec le FC Barcelone pour une durée de quatre saisons. En vigueur depuis le 1er juillet, ce contrat prévoit notamment la promotion du slogan « RDC, cœur de l’Afrique » sur les maillots d’entraînement du club catalan, les jours de match. La RDC bénéficiera également de visibilité dans l’enceinte du Spotify Camp Nou, dont la réouverture est attendue pour le 10 août prochain.

À ces prestations s’ajoutent des droits d’image sur les joueurs du Barça, des billets et maillots VIP, ainsi que quatre stages annuels organisés pour une cinquantaine de jeunes Congolais en Espagne.

Un contraste saisissant avec la réalité locale

Pendant ce temps, au pays, aucun championnat national ne se joue, les clubs congolais ne reçoivent aucun soutien financier, et les stades ne sont que l’ombre d’eux-mêmes. Des jeunes talents prometteurs abandonnent la pratique sportive, faute de perspectives et de structures. La situation est telle que même les grandes équipes historiques du pays peinent à s’entraîner ou à payer leurs joueurs.

Sur les réseaux sociaux, l’indignation est palpable

« On peut bien vouloir se taire et juste observer. Mais ce qui se passe en RDC est tellement décevant. Des millions d’euros donnés aux clubs européens pour de la visibilité, alors que notre championnat est à l’agonie. Nos joueurs meurent de faim. Pitié  », s’exclame un internaute.

« La chambre basse du Parlement ne peut-elle pas interpeller ce ministre du Sport ? 43 millions d’euros pour un contrat avec le FC Barcelone alors que les priorités sont ailleurs… », s’interroge une habitante de Kinshasa.

Un gouvernement sur la défensive

Face à la polémique, le Ministère des Sports et Loisirs a publié un communiqué le 12 juillet, affirmant que ces accords s’inscrivent dans une vision stratégique de développement du sport congolais. Il annonce la mise en place prochaine d’un Fonds de Promotion des Sports, d’une Académie nationale, ainsi que d’une Régie des Infrastructures sportives.

« Ces partenariats multisports sont stratégiques pour professionnaliser le secteur sportif congolais », indique le communiqué. « Toutes les allocations sont validées par le Conseil des ministres et gérées de manière transparente. »

Un luxe hors-sol ?

Mais ces explications ne convainquent guère. Dans un pays où l’insécurité alimentaire touche plus de 25 millions de personnes, où les enseignants et médecins ne sont pas payés régulièrement, et où les routes, les hôpitaux et les écoles se dégradent, ces dépenses somptuaires pour des accords d’image à l’international apparaissent comme hors-sol, voire insultantes pour une population en détresse.

Pourquoi sponsoriser des clubs européens quand nos clubs nationaux s’effondrent ? Pourquoi briller à Barcelone, Monaco,…pendant que Kinshasa sombre ?

La stratégie de « visibilité internationale » défendue par les autorités congolaises s’inscrit dans une logique de soft power. Mais face à la pauvreté endémique, à l’absence de structures sportives viables dans le pays, et au désintérêt total pour les clubs locaux, ce choix suscite un malaise profond. Pour beaucoup, ce n’est pas de visibilité que la RDC a besoin, mais de vision. Une vision ancrée dans la réalité de ses citoyens.

El. B.

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