Les députés nationaux de la République démocratique du Congo (RDC), membres du Parlement panafricain (PAP), ont pris une part active, le jeudi 30 avril dernier, à l’élection du nouveau Bureau de l’institution législative continentale. Ce scrutin intervient à la suite de la démission du Bureau sortant dirigé par Chief Fortune Charumbira.

Le processus électoral, organisé dans un contexte institutionnel sensible, a été encadré par un comité ad hoc mis en place par les caucus régionaux. Celui-ci avait pour mission exclusive d’organiser l’élection du président du Parlement panafricain. Les travaux ont été supervisés par Mahmoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’Union africaine, représentant le président en exercice de l’organisation.
Conformément aux procédures établies, la conseillère juridique de l’Union africaine a procédé à l’ouverture des candidatures et à la fixation des modalités de vote. Les parlementaires ont ensuite été appelés à présenter leur carte d’accès, signer le registre, retirer leur bulletin, voter à bulletin secret et le déposer dans l’urne.

Le déroulement du scrutin a toutefois été brièvement marqué par une motion d’ordre introduite par la délégation marocaine.
Celle-ci a dénoncé un manque de neutralité et de consensus, évoquant une décision perçue comme une « imposition » susceptible d’affecter le principe de rotation régionale.
Faten Boutbig élu président du parlement panafricain
Moment clé de cette journée électorale : l’élection du nouveau président du PAP. Seul candidat de la région d’Afrique du Nord, Faten Boutbig a été largement élu avec 118 voix, contre 51 abstentions et 15 bulletins nuls.

Dans son speech, le nouveau président s’est engagé à exercer ses fonctions avec honneur et dignité, à servir les peuples africains avec loyauté et à défendre les textes fondateurs de l’Union africaine.
Par ailleurs, sous la direction du président nouvellement élu, l’Assemblée a procédé à l’élection des quatre vice-présidents, conformément à la répartition géographique du continent :
• Afrique de l’Est : Dr Ashebiri Weldegiorgis Gayo, élu avec 140 voix
• Afrique de l’Ouest : le Ghanéen Rolinx, élu avec 131 voix
• Afrique centrale : Djidda Mamar Mahamat, élu avec 150 voix sur 185 votants
• Afrique australe : l’Angolaise Arlete Borges, élue avec 113 voix

Notons que ces résultats traduisent la volonté de respecter les équilibres régionaux et la représentation des différentes zones du continent.
Il sied de signaler qu’à l’issue de leur élection, les quatre vice-présidents ont prêté serment avant leur installation officielle. Ils ont exprimé leur reconnaissance à l’endroit de la Commission de l’Union africaine, du comité ad hoc ainsi que du Bureau sortant pour la bonne organisation du processus électoral.
Une délégation congolaise très active dans le processus

La délégation congolaise s’est distinguée par une participation active à toutes les étapes du processus. Elle est composée notamment du professeur Jacques Djoli Eseng’Ekeli, qui va rejoindre sur place les députés Sakata Tawab Moke Garry et Wangoie Marie Thérèse, ainsi que les sénateurs Ngoy Kasanji et Christine Mwando.

À travers leur implication dans les concertations entre caucus, les échanges politiques et le déroulement du vote, les représentants congolais ont contribué à renforcer la présence et l’influence de la RDC au sein du Parlement panafricain.

En outre, le Parlement panafricain a enregistré la prestation de serment d’un seul membre sur les cinq que compte la délégation de la République du Congo : Véronique Wambé.
Une nouvelle étape pour le parlement panafricain
Avec l’installation de ce nouveau Bureau, le Parlement panafricain ouvre une nouvelle phase de son fonctionnement. Les enjeux restent importants, notamment en matière de gouvernance institutionnelle, de respect des équilibres régionaux et de renforcement de son rôle au sein de l’Union africaine.
Eldad Bwetu
