L’Assemblée nationale s’apprête à vivre l’une des plénières les plus tendues de cette législature. Convoqués ce mercredi 17 septembre à 14h00 dans la salle du Congrès du Palais du Peuple, les députés nationaux devront statuer sur la mise en place d’une commission spéciale chargée d’examiner les pétitions déposées contre le président de la chambre basse du Parlement, Vital Kamerhe, ainsi que plusieurs membres de son bureau.
L’annonce de cette plénière exceptionnelle a été faite dans un communiqué signé mardi 16 septembre par le premier vice-président de l’Assemblée nationale, le Professeur Isaac Jean-Claude Tshilumbayi Musawu. À l’origine de cette initiative : une vague de mécontentement portée par plus de 200 députés, qui reprochent au bureau Kamerhe une série de dérives dans la gestion de l’institution.
Par ailleurs, la tension est montée d’un cran lorsque les députés pétitionnaires se sont rendus, après la plénière d’ouverture de la session de septembre, au cabinet de Vital Kamerhe pour y déposer les mêmes documents. Les portes étaient closes. Une situation mal perçue par les élus frondeurs, qui ont exigé que les pétitions soient prises en compte sans délai, dénonçant ce qu’ils perçoivent comme une manœuvre dilatoire.
Signalons que c’est au cabinet du premier vice-président que les pétitions ont été officiellement déposées, en présence d’un huissier de justice chargé d’en garantir la recevabilité.
Au cœur de cette fronde parlementaire, plusieurs griefs formulés par les pétitionnaires : Une gestion jugée opaque des finances de l’Assemblée nationale ; L’absence de mesures concrètes face à la précarité sociale de certains députés ; Le vote expéditif de certaines lois ; Le blocage systématique des moyens de contrôle parlementaire.
Parmi les voix les plus audibles figure celle du député Crispin Mbindule, ancien cadre de l’UNC et désormais membre de l’UDPS-Tshisekedi. Selon lui, le seuil de recevabilité est largement franchi, avec plus de 200 signatures déjà collectées.
Face à cette contestation inédite, Vital Kamerhe a tenté de jouer la carte de l’apaisement. Lors de l’ouverture de la session ordinaire, le lundi 15 septembre, le président de l’Assemblée nationale s’est montré conciliant, allant jusqu’à présenter ses excuses à ses collègues députés. Il a également assuré que le bureau prendrait désormais en compte les revendications des jeunes parlementaires :
« Ne suis-je pas celui que vous appelez affectueusement le pacificateur ? Aujourd’hui encore, je serai pacificateur jusqu’au bout. C’est pourquoi je voudrais vous dire : s’il y en a parmi vous qui se sont sentis froissés, heurtés ou dérangés de quelque manière que ce soit par ma conduite, par mes propos, qu’ils daignent bien accepter l’expression de mes regrets les plus sincères. J’implore leur pardon », a-t-il déclaré.
Mais pour de nombreux élus, le geste semble trop tardif.
« Monsieur Vital Kamerhe a lui-même des griefs à sa charge, il a demandé pardon. Mais il doit savoir que nous ne pardonnons pas : nous continuons avec notre procédure législative », a déclaré le député Crispin Mbindule après le dépôt des pétitions.
La plénière de ce mercredi pourrait bien sceller le sort de l’ancien allié du président Tshisekedi, désormais en sursis à la tête de l’Assemblée nationale.
El. B
