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Insécurité à l’Est, accords de paix, dialogue interne, Assemblée nationale…: La Voix de Sans Voix réagit et propose des pistes de solution

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La RDC est butée ces derniers temps, par plusieurs enjeux socio-politiques liées notamment aux différents accords de paix, à l’appel à un dialogue interne, à l’enlisement de la situation sécuritaire et humanitaire dans l’est, à la situation prévalant à l’Assemblée nationale, aux problèmes d’embouteillages et de la pénurie d’eau et d’électricité.

Soucieux de voir les congolais surmonter ces différents défis et mettre fin aux souffrances des populations d’une part et à l’administration parallèle que l’AFC/M23 est en train de mettre en place dans les provinces occupées et d’encourager la tenue d’un dialogue inclusif, la Voix des Sans Voix pour les droits de l’homme (VSV), a proposé ses pistes de solution.
C’était au cours d’une conférence de presse tenue dimanche 21 septembre 2025 à son siège du quartier Matonge dans la commune de Kalamu et animee par son 2e vice-président exécutif, M. Pierre-Serge Ntumba Kabapiani.

Différents accords de paix

La VSV salue les efforts diplomatiques et autres fournis par les autorités rd-congolaises pour la paix et la sécurité à l’Est de la RDC. Elle salue également les efforts fournis par certains pays dont la Belgique, les USA, la France, le Qatar en faveur respectivement de la paix en RDC et de la signature en date du 27 juin 2025, de l’Accord de paix de Washington entre Kinshasa et Kigali et l’Accord des principes entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23.

La VSV rappelle également que la RDC et le Rwanda se sont engagés à tout faire, pour une mise en œuvre effective de la résolution 2773, adoptée le 21 février 2025 par le Conseil de sécurité des Nations Unies et dont l’objectif était de mettre fin à la guerre dans l’Est de la RDC.  » Tout en saluant cet accord considéré au départ par d’aucuns comme porteur d’espoir pour le rétablissement de la paix et de la sécurité dans la partie est du pays, la VSV dénonce en même temps, le fait qu’il ait péché par la non prise en compte des points de vue de la société civile, en ce qui concerne la prise en compte du volet respect des droits humains, notamment la redevabilité et la responsabilité des auteurs des crimes graves et des violations massives et graves des droits humains et du droit international humanitaire à l’Est de la RDC, donnant ainsi l’impression d’une consécration de l’impunité totale au détriment des millions des victimes.

La VSV dit avoir salué en outre, les efforts du gouvernement congolais, le souci et la détermination qui l’anime et le caractérise pour la paix et la stabilité effectives à l’Est, mais appel au même gouvernement congolais, à plus de vigilance collective face à la volonté manifeste et à la mauvaise foi de ses interlocuteurs, notamment le gouvernement rwandais et l’AFC/M23.  » (…) malgré l’Accord et la Déclaration sus-evoquês, sur terrain rien de concret n’est perçu pour le respect du contenu de tout ce qui a été signé car la violence, les velléités d’occupation des territoires congolais, les violations des droits humains, le pillage et l’exploitation illégale des richesses et des minerais, se poursuivent au grand dam de la population congolaise « , dénonce la VSV.

Déclaration de principes de Doha : une distraction ?

Sur un autre volet, la VSV dit avoir pris acte de la signature le 19 juillet 2025 à Doha, de la Déclaration de principes entre la RDC et la coalition rebelle AFC/M23, grâce à la facilitation et la médiation du Qatar, dans laquelle les deux parties ont exprimé leur attachement à l’intégrité territoriale, à la souveraineté de la RDC, à un cessez-le-feu permanent ainsi qu’à la restauration de l’autorité de l’État à travers le pays.

La RDC et l’AFC/M23 se sont aussi convenues à la même occasion, de procéder à la libération et à l’échange des prisonniers. Cette Déclaration prévoit notamment un cessez-le-feu immédiat ainsi que l’ouverture de négociations formelles, en vue de la signature d’un Accord de paix global dans les prochains jours. Et dans le préambule, les deux parties réaffirment leur attachement à la paix et au respect de la Constitution de la RDC.

Néanmoins, la VSV craint que cette Déclaration de principes qui n’a encore produit aucun résultat, ne soit qu’une distraction, dans la mesure où, longtemps après sa signature entre les deux parties, la coalition AFC/M23 renforce davantage ses rangs via le recrutement et la formation des personnes armées. Elle n’hésite pas à attaquer les positions de l’armée loyaliste et continue à être à la base des nombreuses violations des droits humains, alors qu’elle devrait bien au contraire, contribuer au retour effectif de la paix dans l’Est du pays en respectant tous les engagements pris à cette occasion.  » Face à la persistance de la crise, l’impression qui risque de se dégager, est que trop d’accords et/ou déclarations, ne peut faciliter le retour de la paix en RDC. Trop d’initiatives de paix bien qu’encouraveantes, ne peuvent que se neutraliser, car chacune tenant à être la meilleure et cela, malheureusement, au grand dam des congolais et de leur gouvernement « , regrette la VSV, ajoutant que ni la Déclaration de principes de Doha, moins encore l’Accord de paix de Washington, n’ont facilité la mise en œuvre effective de la Résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations Unies.

Le dialogue interne est plus important que toute autre initiative de paix

Dans un autre chapitre, la VSV est parmi les structures et personnalités qui appellent à un dialogue interne. Pour la VSV, le dialogue est une vertu en démocratie et il doit être permanent. Par conséquent, la VSV dénonce le fait qu’en RDCongo, certains acteurs politiques et de la société civile semblent ne pas prendre au sérieux les menaces de balkanisation qui pèsent sur la RDCongo.  » Malgré les souffrances indicibles qu’endure la population congolaise et la crise sécuritaire actuelle touchant surtout les femmes, les enfants et les vieillards, victimes des violations graves et massives des droits humains et du droit international humanitaire, il est encore des opérateurs socio-politiques qui ne voient que leurs intérêts égoïstes et leur positionnement personnel en refusant tout dialogue « , regrette encore cette Ong de défense des droits de l’homme.

Pourtant, poursuit la VSV, le dialogue interne est plus important que toute autre initiative de paix vouée à l’échec sans le soutien interne de toutes et de tous notamment les forces politiques et sociales dont les églises.  » Il est temps de cesser de croire que le dialogue viendrait remettre en cause des animateurs et des institutions légalement établies. Le dialogue dont il est et sera question, c’est celui qui doit avoir pour objectif : de sauver la RDCongo et de faire face à tous les dangers internes et externes qui la menacent. Ne dit-on pas que l’union fait la force et qu’il est difficile pour un royaume divisé de vaincre son ennemi « , précise la VSV.

Quid de la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la RDC ?

S’agissant de la situation sécuritaire et humanitaire au pays, la VSV est à la fois préoccupée et choquée par le niveau de leur détérioration continue et ce, malgré les multiples dénonciations faites par l’ONU et par d’autres organisations humanitaires, internationales et nationales, en violation de la Résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations Unies et des engagements pris par les parties signataires de l’Accord de paix de Washington et la Déclaration de principes de Doha et des instruments nationaux, régionaux et internationaux relatifs aux droits de l’Homme.

Par conséquent, la VSV dénonce et condamne les massacres des personnes et autres tueries à l’Est de la de la RDCongo dont le massacre perpétré dans la nuit du lundi 8 au mardi 9 septembre 2025 dans les localités de Ntoyo, Fotodu et Avey situées respectivement dans les territoires de Lubero et de Beni dans la province du Nord Kivu par les terroristes des Forces Démocratiques et Alliés (ADF) d’origine ougandaise ayant occasionné la mort de plusieurs dizaines de personnes, en plus de plusieurs blessés et disparus.

En définitive, la VSV exprime des inquiétudes sur la matérialisation du plan de balkanisation qui se constate déjà par l’installation d’une administration parallèle dans les zones sous occupation de la coalition AFC/M23, caractérisée entre autres par la nomination aux différents postes de responsabilité, le recrutement des magistrats et des enseignants et autres fonctionnaires de l’Etat.

Dans les zones occupées, la population subit des atteintes à l’intégrité physique si elle ne participe pas ou refuse de participer au salongo instauré par les occupants. « :Il est à craindre qu’une cohabitation très longue entre la population et les agresseurs n’aboutisse inconsciemment ou volontairement à l’acceptation de ces derniers, ce qui pourrait rendre difficile la restauration et le rétablissement de l’autorité de l’Etat à l’Est de la RDCongo « , croit-on au sein de la VSV.


D’où l’appel à la mobilisation des congolaises et congolais, à travers un dialogue interne responsable, pour la libération de l’Est de la RDCongo, sinon ce sont les autres qui risqueraient d’imposer à la RDC, le dialogue tel celui de l’ancien Président Sud-Africain THABO MBEKI, qui a été rejeté à juste titre par les congolais épris de paix réelle, de la stabilité et du développement de leur pays, la RDCongo.

Crise à l’Assemblée nationale

La VSV n’a pas passé outre la situation qui prévaut à l’Assemblée nationale. Elle dit suivre avec une attention particulière la crise qui sévit au sein de la chambre basse du Parlement, où tous les membres du Bureau, excepté le 1er et le 2ème Vice-Président, font l’objet d’une motion de défiance après le dépôt d’une pétition signée par plus de 250 Députés nationaux.
Tout en reconnaissant aux Députés nationaux la légalité de leur démarche, la VSV s’interroge sur son opportunité par rapport au moment choisi avec l’agression de la RDCongo, suivie de l’occupation des villes de Goma et de Bukavu depuis plusieurs mois.
La VSV espère ardemment que la crise politique à l’Assemblée nationale ne va pas reléguer au second plan, la situation dans l’Est et l’amélioration du social des congolais. Aussi demande-t-elle aux élus nationaux, d’agir en âme et conscience pour que le calme revienne à l’Assemblée Nationale, sans entamer la cohésion nationale.

Aux élus mis en cause, la VSV leur demande de tirer la leçon de ce qui leur est reproché pour changer, au cas où ils bénéficieraient de la clémence de leurs collègues. Dans le cas contraire, ils doivent privilégier l’intérêt supérieur de la RDCongo, en apportant leur contribution pour un meilleur fonctionnement de l’Assemblée nationale.

Routes, eau et électricité : les pistes de solution de la VSV

Concernant la détérioration des conditions de circulation dans la ville de Kinshasa où les embouteillages sont devenus monnaie courante au grand dam de la population qui ne sait à quel saint se vouer, la VSV salue la décision du Président de la République, de désengorger la circulation routière en évoquant la possibilité d’appeler l’Armée en renfort, pour assurer la discipline et la fluidité de la circulation. Cependant, la VSV demande aux autorités, de fournir tous les moyens nécessaires y compris une prise en charge appropriée des militaires et policiers, pour que cette mesure salutaire ne soit à la base d’autres tracasseries contre les usagers de la route.

La VSV saisit cette occasion pour dénoncer l’ouverture des chantiers routiers dans toute la ville, sans qu’on soit en mesure d’achever les travaux.  » Ces nombreux chantiers ouverts au même moment avec un rythme des travaux au ralenti on ne sait pourquoi, sont aussi à la base de la détérioration de la circulation routière. Il est inutile d’ouvrir plusieurs chantiers à la fois, si les moyens ne sont pas suffisants, à moins qu’ils soient détournés pour servir des poches des particuliers « , préconise la VSV.

S’agissant de l’eau et de l’électricité, la VSV constate également la détérioration de la situation ces dernières semaines dans beaucoup de quartiers et communes. Aussi recommande-t-elle, que des solutions soient rapidement trouvées, en vue de respecter le droit de la population à l’eau potable et à l’électricité.

José Wakadila

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