Kamerhe parti, ses détracteurs, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Assemblée nationale, dansent. Mais une chose est évidente et irréfutable : ce départ précoce du bureau de la chambre basse du Parlement, suite à une pétition d’une frange de députés nationaux, donnerait l’opportunité au désormais ex-Speaker de réfléchir ou de préparer, avec sérénité, les présidentielles de 2028, alors que le président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo arrive à la fin de son second et dernier quinquennat, selon la Constitution actuelle de la République démocratique du Congo.
Ce serait dans cette optique que Didier Kamerhe, frère cadet de Vital Kamerhe et conseiller attitré de ce dernier, avait indiqué dans un tweet publié le 22 septembre 2025 (qu’il aurait ensuite supprimé) que le président de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC) est désormais libre de préparer sa future campagne présidentielle.
« Enfin libres ! […] Leur véritable cible n’était pas la personne du président de l’Assemblée nationale, mais bien le présidentiable gênant de l’Est », a-t-il écrit.
Vital Kamerhe, qui pourrait être comparé à un homme ou une femme ayant divorcé deux fois de partenaires de taille, n’aurait plus, à ce jour, d’autre alternative que de penser à faire route seul pour son propre avenir politique. Lui qui, selon des rumeurs persistantes, a toujours rêvé de ne pas quitter la terre des hommes sans avoir été magistrat suprême de la République démocratique du Congo, ne devrait plus contracter une nouvelle alliance avec un autre conjoint politique pour parvenir à ses fins.
Point n’est besoin de le nier : la récente démission de l’enfant terrible de Walungu fait extrêmement mal à ses nombreux partisans de l’UNC et autres sympathisants à travers le monde.
Une certaine opinion favorable à Vital Kamerhe estime qu’il serait naïf de croire que l’UDPS n’est pas le véritable tireur de ficelles de cette chute vertigineuse de leur leader respecté. Et de dénoncer une humiliation orchestrée, en particulier, par des députés du parti présidentiel.
Cette situation pourrait avoir des conséquences quant à la confiance mutuelle que les partis et regroupements politiques formant l’Union sacrée pour la Nation peuvent encore s’accorder.
Une autre opinion politique ne doute pas que l’UNC pourrait, tôt ou tard, quitter l’Union sacrée, la méga plateforme soutenant Félix Antoine Tshisekedi.
Félix Tshisekedi tente-t-il de calmer la tempête ?
Convaincu qu’il pourrait être personnellement tenu pour responsable, par des militants de l’Union pour la Nation Congolaise, d’avoir abandonné à son triste sort son grand allié de longue date, le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, aurait sans doute tenté de calmer la tension qui règne actuellement au sein de l’opinion publique, à la suite de cette démission volontaire de Vital Kamerhe.
En effet, depuis New York, où il séjourne dans le cadre de la célébration du 80e anniversaire de l’Assemblée générale des Nations unies, le chef de l’État congolais s’est exprimé publiquement en déclarant que Vital Kamerhe était toujours son allié et qu’il ne voyait pas pourquoi celui qui avait même été son directeur de cabinet pourrait lui tourner le dos.
« Je ne suis pas à l’origine de la démission de Vital Kamerhe ni de ses problèmes. Je ne vois pas pourquoi il voudrait me tourner le dos. Je n’y suis pour rien. Je continue à le considérer comme un allié, comme un frère », avait déclaré Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Et de renchérir : « Je suis le garant de la stabilité des institutions, mais cela ne m’autorise pas à m’immiscer dans leur fonctionnement. S’ils ont décidé de défier leur président, cela relève de leur gestion interne. Mon rôle est de veiller au respect des droits de chacun et à la stabilité de l’institution. C’est ce qui m’importe. »
Vital Kamerhe Lwa Kanyinginyi Nkiri avait présenté sa démission le lundi 22 septembre 2025, alors que la plénière devant examiner le rapport de la commission spéciale n’était pas encore mise en place pour étudier ces pétitions.
Philippe Dephill Lipo
