
Avec l’appui technique et financier de la FAO, l’Institut National de Santé Publique (INSP), organise depuis le 24 novembre 2025 dans la salle polyvalente de l’Auberge Maracuja de la cité de Kisantu dans la province du Kongo-central, l’atelier d’élaboration et de validation du Plan de préparation et de réponse à l’anthrax.
En effet, l’Anthrax est une maladie qui se transmet
principalement par trois voies : cutanée (lésions sévères sur la peau), digestive (ingestion de viande contaminée) et respiratoire (forme la plus grave, souvent mortelle sans traitement rapide).
Cette maladie est endémique en RDC, avec des foyers récurrents dans les provinces du Haut-Katanga, Nord-Kivu, Sud-Kivu et Tanganyika.
Les spores de cette bactérie, très résistantes, peuvent persister dans l’environnement pendant des décennies, augmentant le risque résurgence et de propagation vers d’autres provinces et pays.
Étant donné que Bacillus anthracis figure parmi les agents pathogènes zoonotiques visés par le bioterrorisme, l’extinction rapide des foyers est une priorité de santé publique. Car outre son impact négatif sur la santé publique, l’anthrax a également un impact économique majeur : les pertes importantes des animaux dans les élevages communautaires qui fragilisent les moyens de subsistance des populations et la contamination des pâturages par les spores de B. anthracis.
C’est donc face à cette crise sanitaire, écologique et humanitaire, que l’élaboration des mesures de
préparation et de réponse coordonnées et multisectorielles s’impose.
À travers l’atelier de Kisantu, l’Institut National de Santé Publique tient à finaliser et valider le Plan national de préparation et de réponse à l’anthrax, avec l’appui de la FAO.
L’objectif général est de doter la RDC d’un Plan de préparation et de réponse à l’anthrax, intégrant des outils d’alerte et de détection précoce, pour permettre une intervention rapide et efficace face aux potentielles épizooties/épidémies liées à cette maladie.
Parmi les objectifs spécifiques, l’atelier vise à :
▪ Présenter l’épidémiologie de l’Anthrax en RDC ;
▪ Partager l’expérience et les leçons tirées des récentes épidémies d’anthrax ;
▪ Passer en revue le draft0 du Plan national de préparation et de réponse à
l’épidémie d’anthrax ;
▪ Enrichir le contenu du Plan à travers des travaux en groupes thématiques ;
▪ Finaliser et valider techniquement le Plan.
À retenir
La République Démocratique du Congo, deuxième plus grand pays d’Afrique avec 2 345 250 km², partage 10 200 km de frontières avec neuf pays voisins. Ce
positionnement géographique l’expose à un risque élevé d’introduction et de propagation des maladies transfrontalières.
La province du Nord-Kivu, située à l’Est, est à la fois une zone d’élevage importante et l’une des provinces les plus endémiques à l’anthrax.
Sur ses 59 483 km², elle compte environ 7,1 millions d’habitants, avec une densité de 119 habitants/km², et un cheptel composé de 222 005 bovins, 1 285 500 caprins et 269 007 ovins, tous sensibles à cette
maladie.
Le Parc National des Virunga, situé dans cette province, connaît une recrudescence de cas d’anthrax, aggravée par l’insécurité, ce qui entrave la surveillance et la prise en charge des cas humains et animaux, causant une crise sanitaire et humanitaire complexe.
En effet, le parc des Virunga qui abrite une biodiversité
exceptionnelle, est fortement menacée d’extinction des espèces emblématiques comme les gorilles de montagne, les éléphants et les hippopotames.

L’anthrax (charbon bactéridien ou fièvre charbonneuse) est une zoonose grave causée par les spores très virulentes de la bactérie Bacillus anthracis. Elle touche
principalement les animaux domestiques et sauvages, et peut infecter l’homme. Sans intervention rapide et efficaces, elle peut décimer les troupeaux et représenter une menace pour la santé publique.
Les personnes les plus exposées sont les éleveurs,
bouchers, professionnels de santé et acteurs de la filière viande et lait, souvent moins informés sur les signes cliniques et les mesures préventives.
Notons que cet atelier dont les travaux se clôturent le 29 novembre, connaît la participation des experts issus des secteurs clés impliqués dans la lutte contre
l’anthrax, notamment :
- Le Ministère de la Santé Publique, Hygiène et Prévention Sociale, avec des participants provenant des différents services dont :
Institut National de Santé Publique/COUSP, Direction Surveillance
Epidémiologique (DSE), Institut National de Recherche Biomédicale (INRB),
Programme National d’hygiène aux frontières (PNHF), Direction Hygiène et
Salubrité publique (DHSP), Programme national des urgences et action
humanitaires (PNUAH) - Le Ministère de la Pêche et Élevage (5) : Direction Lutte contre les Maladies animales (DLMA), Direction des Services Vétérinaires (DSV), Laboratoire Vétérinaire centrale de Kinshasa (LABOVET), Service National
d’Epidémiosurveillance (SENES), Service de Quarantaine Halieutique et Animale (SQAH) ; - Le Ministère de l’Environnement et du Développement Durable :
Direction de la Conservation de la Nature (DCN), Institut Congolais pour la
Conservation de la Nature (ICCN) ; - La Commission de coordination « Une Santé ».
Les experts des organisations partenaires dont la FAO, l’OMS, l’OMSA, l’UNICEF, VSF B et l’OIM,
interviennent également en tant que facilitateurs.
José Wakadila
