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Ouverture de la session de mars à l’Assemblée nationale: Aimé Boji prône un dialogue national au service de la cohésion

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L’Assemblée nationale a procédé, lundi 16 mars, à l’ouverture solennelle de la session ordinaire de mars 2026 dans la salle des Congrès du Palais du Peuple. Une session consacrée au contrôle de l’action gouvernementale.

Dans son discours, le président de l’Assemblée nationale, l’honorable Aimé Boji, a indiqué que cette session s’ouvre dans un contexte international marqué par de profondes mutations géopolitiques, des tensions sécuritaires persistantes dans plusieurs régions du monde, ainsi que des incertitudes économiques qui affectent les chaînes d’approvisionnement, les marchés financiers et les équilibres énergétiques.

« Les rivalités stratégiques autour des ressources naturelles critiques, indispensables à la transition énergétique et aux technologies du futur, redessinent progressivement les rapports de puissance entre les États. Plus récemment, les escalades au Moyen-Orient nous rappellent combien la paix est fragile et combien les drames humanitaires interpellent la conscience universelle. Cette situation place les nations face à l’exigence de résilience et d’adaptation. Notre pays, la RDC, n’échappe pas à cette réalité », a-t-il déclaré.

À l’en croire, dans ce nouvel environnement mondial, la République démocratique du Congo occupe une place particulière et est appelée à jouer un rôle croissant dans la recomposition économique et géopolitique mondiale, du fait de l’abondance de ses ressources stratégiques, de sa position géographique au cœur du continent africain et de son grand potentiel démographique et économique.

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« La RDC doit néanmoins continuer à affirmer sa vocation de nation responsable, attachée à la paix et au respect du droit international », a-t-il martelé.

Par ailleurs, le speaker de la chambre basse du Parlement congolais a fait savoir que les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu restent au cœur d’une grave crise sécuritaire marquée par l’occupation de certaines portions du territoire congolais par les rebelles de l’AFC/M23, soutenus par le Rwanda, selon les autorités congolaises. Depuis le début de l’année 2025, ces forces contrôlent notamment les villes de Goma et de Bukavu, une situation dénoncée comme une violation de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo, ainsi que des règles du droit international.

Pour lui, en décembre 2025, l’occupation temporaire de la ville d’Uvira avait provoqué un déplacement massif de populations. Des milliers de Congolais avaient alors fui vers les pays voisins, principalement le Burundi et la Tanzanie. Leur retour volontaire est attendu dans les prochains jours, selon plusieurs sources locales.

« Au Nord-Kivu, notamment dans les territoires de Beni et de Lubero, ainsi que dans une partie de l’Ituri, les ADF/ISCAP continuent de semer mort et désolation. Ce groupe terroriste radical, affilié à l’État islamique depuis 2017, mène des attaques meurtrières contre les civils dans une guerre asymétrique d’une brutalité hors pair, comme c’est le cas depuis le 11 mars dans les villages de Muchacha, Mavuvu et Penge, dans le territoire de Mambasa, en Ituri », a déclaré Aimé Boji.

Et d’ajouter : « Toujours sur le registre sécuritaire, il subsiste d’autres préoccupations urgentes qui exigent du gouvernement une action plus soutenue. Il s’agit notamment de la milice Mobondo, qui continue de poser des actes de violence et d’exactions dans les provinces du Maï-Ndombe, du Kwango et du Kwilu, ainsi que dans les périphéries de la ville de Kinshasa ; et de la criminalité urbaine avec le phénomène Kuluna, principalement dans la ville de Kinshasa. »

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Dans la foulée, le président de l’Assemblée nationale a salué le patriotisme, la bravoure et la résistance des compatriotes dans les territoires occupés, qui refusent de se soumettre à cette imposture de l’occupation étrangère de nos terres, en complicité avec quelques compatriotes égarés.

« Trop, c’est trop. Voilà pourquoi nous devons donc, quel qu’en soit le prix, tous unis derrière le président de la République, chef de l’État, commandant suprême de nos forces de défense et de sécurité, nous mettre debout, conformément à l’article 63 de notre Constitution, assumer notre droit et notre devoir sacré de restaurer la paix et de défendre l’intégrité de notre territoire. Congolais, to telema ! », a déclaré Aimé Boji.

L’occasion faisant le larron, l’honorable Aimé Boji a affirmé que les femmes congolaises portent un fardeau particulièrement lourd dans cette tragédie prolongée dans la partie orientale de la RDC : violences sexuelles, perte de leurs proches, déracinement, précarité extrême, et bien d’autres souffrances.

« Malgré ces souffrances indicibles vécues durant plusieurs décennies, les femmes de l’Est de notre pays, faisant preuve d’une résilience hors du commun, affrontent chaque jour de leur vie avec une dignité et un optimisme admirables », a-t-il affirmé.

Et d’ajouter : « C’est pourquoi l’Assemblée nationale, au nom de tout le peuple congolais, rend un hommage mérité à leur courage et réaffirme son engagement à soutenir toutes les initiatives visant à restaurer la paix, la justice, la réparation pour les victimes et à lutter contre les inégalités de genre. »

Dans son discours, Aimé Boji a tenu à rappeler que l’accord de paix conclu entre la République démocratique du Congo et la République du Rwanda, le 27 juin 2025 à Washington DC, vise avant tout à mettre un terme au cycle persistant d’insécurité qui sévit dans l’Est de notre pays.

« Cet accord, conclu sous les auspices de la communauté internationale et validé par les deux chefs d’État en présence du président des États-Unis d’Amérique le 4 décembre 2025, constitue une étape décisive dans la recherche d’une paix durable dans la région des Grands Lacs. Il appartient désormais à notre Parlement d’examiner avec responsabilité le projet de loi autorisant la ratification de cet accord de paix, réceptionné des mains de Madame la Première ministre le samedi 7 mars 2026. Cet examen devra être mené dans l’intérêt supérieur de la Nation, avec la conviction que la paix véritable repose à la fois sur la sécurité, la justice et le respect de la souveraineté de chaque État », a-t-il indiqué.

En outre, il a salué le rôle central joué par les États-Unis d’Amérique et leur président, dont l’implication personnelle a contribué à la création des conditions pour un dialogue responsable entre les deux pays et un engagement ferme vers une paix durable.

À l’en croire, les sanctions récentes imposées par l’administration américaine contre l’armée rwandaise et quatre de ses généraux constituent, à cet égard, un signal fort et une preuve éloquente que la communauté internationale est désormais résolue à veiller au respect, par toutes les parties, des engagements pris.

Pour ce qui est du dialogue national tant attendu par la classe politique congolaise, l’honorable Aimé Boji a indiqué que la perspective d’un dialogue national, évoquée par plusieurs acteurs de la vie politique et sociale, devra être examinée avec responsabilité et lucidité.

Pour lui, tout dialogue national sincère doit avoir pour objectif de renforcer la cohésion nationale, de consolider nos institutions et de préserver l’unité de la République. Il ne saurait en aucun cas servir de blanchisserie ni d’opportunité pour fragiliser l’ordre constitutionnel établi, et encore moins remettre en cause les acquis démocratiques de la RDC.

« Dans cette perspective, l’Assemblée nationale accompagnera volontiers toute initiative de dialogue sur le sol congolais, engagée sous l’autorité du président de la République, chef de l’État, Son Excellence Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, arbitre des institutions et garant de leur bon fonctionnement », a déclaré l’honorable Aimé Boji.

Il sied de signaler que la session qui s’est ouverte s’annonce particulièrement dense, selon Aimé Boji.

Pour lui, elle exigera de chacun un sens encore plus élevé de responsabilité, de rigueur et de patriotisme.

Il a appelé les députés à faire preuve de responsabilité et de patriotisme afin de répondre aux aspirations du peuple congolais.

« Mon souhait le plus ardent est que cette session soit celle de l’unité, du courage et de l’abnégation ; et que l’intérêt supérieur de la République démocratique du Congo demeure, en toute circonstance, notre seule et unique boussole. Que nos débats soient à la hauteur de ces attentes et que cette session transforme l’espérance en action, le dialogue en solution et la législation en progrès. Que nos décisions contribuent pleinement à la paix, à la stabilité et au progrès de notre pays », a-t-il exhorté.

Il y a lieu de noter que la session ordinaire de mars figure parmi les moments les plus importants de l’activité parlementaire dans le calendrier institutionnel de la RDC. Cette année, elle s’ouvre dans un contexte marqué par des défis majeurs, notamment sur les plans sécuritaire, économique et diplomatique, qui dominent l’agenda national.

Eldad Bwetu 

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