Le Vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a procédé au lancement officiel de la 9ᵉ édition de la Semaine française de Kinshasa (SFK), organisée à l’hôtel Pullman, dans la capitale congolaise.
Dans son allocution, il a affirmé que « la République démocratique du Congo est prête pour des partenariats plus ambitieux, plus équilibrés et plus transformateurs ».
Prévue du 22 au 24 avril 2026 autour du thème « RDC–France : perspectives partagées », cette rencontre est organisée par la Chambre de commerce et d’industrie franco-congolaise (CCIFC), en partenariat avec l’Ambassade de France en RDC. Elle vise à favoriser les échanges entre entreprises françaises et congolaises, en vue de stimuler la collaboration et l’innovation
Des thématiques en phase avec les enjeux mondiaux
Pour Daniel Mukoko Samba, cette plateforme constitue un cadre stratégique d’échanges autour de problématiques majeures telles que l’économie verte et durable, les infrastructures résilientes, la transformation numérique ou encore la valorisation des ressources minières.

Il a souligné que ces thématiques s’inscrivent dans un contexte international marqué par des mutations profondes, notamment les tensions géopolitiques, la transition énergétique et l’urgence climatique.
Selon lui, « les choix économiques sont désormais indissociables des enjeux de souveraineté, de sécurité et de stabilité », ajoutant que les chaînes d’approvisionnement, l’accès à l’énergie et la maîtrise des technologies critiques sont devenus des priorités stratégiques.
La RDC, acteur clé de la transition énergétique
Le ministre de l’Économie a insisté sur le rôle
stratégique de la RDC dans la transition mondiale vers une économie bas carbone, en raison de ses importantes réserves en minerais critiques, notamment le cobalt.
S’appuyant sur des analyses internationales, il a indiqué que cette transition offre une opportunité historique aux pays en développement, à condition de dépasser le modèle purement extractif pour s’engager dans l’industrialisation et la création de valeur locale.
Dans cette optique, la RDC a récemment mis en place une stratégie de réserve stratégique de cobalt et d’autres minerais critiques, accompagnée d’un système de quotas, afin de mieux défendre sa souveraineté économique.

Vers une nouvelle dynamique franco-congolaise
Daniel Mukoko Samba a appelé à une refondation des relations économiques entre la RDC et la France, fondée sur des partenariats structurants dans des secteurs clés tels que l’énergie, les infrastructures, le numérique, l’agro-industrie et la logistique.
« La richesse naturelle seule ne suffit pas. Ce qui fera la différence, c’est ce que nous déciderons d’en faire », a-t-il insisté, soulignant la nécessité de promouvoir la transformation locale, la création d’emplois et le renforcement de la souveraineté productive.
Un appel aux investisseurs français
S’adressant aux entreprises françaises, le ministre a présenté la RDC comme « une position stratégique à investir » et un pivot géoéconomique du continent africain.
Il a invité les investisseurs à s’inscrire dans une logique de long terme, en misant sur des partenariats durables et structurants, dans un contexte de compétition mondiale axée sur l’accès aux ressources, l’industrialisation et la résilience économique.
Selon les projections du Fonds monétaire international, la RDC devrait enregistrer une croissance de 5,9 % en 2026, avec une inflation maîtrisée à 3,3 %. Le pays a également réussi récemment sa première émission d’eurobond de 1,25 milliard de dollars, témoignant de la confiance croissante des investisseurs.
La CCIFC et les partenaires saluent l’initiative
Le président de la CCIFC, Bertrand Bisengimana, a rappelé que cette organisation, créée en 1987 à Kinshasa, œuvre à promouvoir les relations économiques entre la France et la RDC.
De son côté, l’ambassadeur de France en RDC, Rémi Maréchaux, a salué la participation de 24 entreprises françaises à cette édition, avec pour objectif d’encourager l’implantation de nouveaux investisseurs.
Le président de la Fédération des entreprises du Congo (FEC), Robert Malumba Kalombo, a souligné que la présence des entreprises françaises contribue à la modernisation de l’environnement des affaires et à la diffusion des standards internationaux.
ANAPI : un guichet unique pour les investisseurs
Lors de la session consacrée à l’investissement en RDC, la directrice générale de l’Agence nationale pour la promotion des investissements (ANAPI), Rachel Pungu Luamba, a présenté les opportunités qu’offre le pays ainsi que les dispositifs d’accompagnement des investisseurs.

Elle a rappelé que l’ANAPI agit comme un guichet unique chargé de promouvoir les investissements, d’améliorer le climat des affaires et d’accompagner les porteurs de projets, notamment à travers des avantages fiscaux et douaniers.
Signature de projets et perspectives
En marge de cette ouverture, plusieurs activités ont été organisées, notamment l’inauguration des stands et la signature du projet Kia Mona, en présence des autorités congolaises et françaises.
Bibiche Mungungu
