L’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo s’apprête à vivre une séance plénière sous haute tension ce mercredi 29 avril à 14 heures, dans la salle des Congrès du Palais du Peuple. Au centre des enjeux : l’examen d’une motion de défiance visant le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Jacquemain Shabani.
Déposée le lundi 13 avril à l’Assemblée nationale, cette motion est portée par le député Laddy Yangotikala. Les pétitionnaires accusent le membre du gouvernement d’une gestion jugée inefficace de la sécurité, évoquant notamment une recrudescence des actes criminels à Kinshasa ainsi que dans plusieurs grandes villes du pays.
Pour l’initiateur, cette situation révèle des défaillances dans la coordination des services de sécurité et une incapacité à apporter des réponses adaptées aux préoccupations de la population.
Convoqués par le Bureau de la Chambre basse, les députés nationaux devront ainsi se prononcer sur cette initiative parlementaire qui met également en cause le fonctionnement des institutions provinciales et locales.
Cette motion constitue le point névralgique de la séance, reléguant au second plan les autres matières inscrites à l’ordre du jour. Après l’adoption de celui-ci, les élus ouvriront le débat sur cette question sensible, dont l’issue pourrait fragiliser davantage l’exécutif en cas d’adoption.
Outre cette motion, la plénière prévoit également un contrôle parlementaire à travers deux questions orales avec débat. La première, portée par le député Lotika Likwela Théoveul, s’adresse au ministre de l’Industrie sur la relance de la Société textile de Kisangani (SOTEXKI). La seconde, initiée par la députée Kavira Mapera Jeannette, vise la ministre de la Jeunesse et Éveil patriotique sur la politique générale de son ministère.
Mais malgré ces points à l’ordre du jour, tous les regards restent tournés vers la motion de défiance contre Jacquemain Shabani. Dans un contexte sécuritaire toujours préoccupant et face aux critiques croissantes sur la gouvernance, l’issue de ce débat pourrait marquer un tournant politique majeur.
Eldad Bwetu
