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Accès difficile des populations Kinoises à l’eau potable et à l’électricité : la VSV invite le gouvernement à doter la Regideso et la SNEL des moyens matériels et financiers nécessaires

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 » La Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) est très préoccupée par les énormes difficultés qu’éprouvent les habitants de plusieurs quartiers des communes de la ville de Kinshasa pour jouir effectivement de certains de leurs droits Economiques, Sociaux et Culturels (DESC) dont particulièrement l’accès à l’eau potable et à l’électricité « .


C’est en ces termes que M. Serge-Pierre Ntumba, deuxième vice-président exécutif de la VSV, a introduit son intervention, lors d’une conférence de presse organisée par cette Ong de défense des droits de l’homme à son siège de Matonge/Kalamu.

La VSV demande en effet aux autorités congolaises, de respecter les droits de la population à l’eau potable et à l’électricité.
Selon M. Pierre-Serge Ntumba, des informations et lamentations parvenues à la VSV font état de la carence d’eau et d’électricité avec des conséquences négatives sur le vécu quotidien des milliers de personnes dans la ville de Kinshasa.
Parmi les conséquences de cette malheureuse situation, il y a le fait que les habitants de Kinshasa ne savent pas du tout faire convenablement face à leurs multiples besoins quotidiens en eau et en électricité.

Risque des maladies d’origine hydrique

 » La quête d’eau potable est devenue le lot quotidien des résidents de plusieurs quartiers des communes de Kinshasa, obligés de se déplacer avec des récipients vides pour acheter l’eau des forages en pleine capitale de la RDCongo « , a-t-il renseigné, ajoutant que la VSV craint de voir dans l’avenir, la population être dangereusement et régulièrement exposée aux maladies d’origine hydrique consécutives au manque d’eau potable d’une part.

D’autre part dit-il, le manque d’électricité expose très souvent la même population à l’insécurité caractérisée entre autres par la montée du banditisme urbain, le braquage, l’extorsion et même par les assassinats, les viols favorisés par l’obscurité due au manque permanent de l’électricité.

Accès à l’eau potable à Kinshasa : quid ?

À en croire M. Pierre-Serge Ntumba, les données collectées sur terrain par la VSV font état des robinets secs où l’eau ne coule plus depuis plusieurs semaines dans certains quartiers, voire plusieurs mois dans d’autres.  » Dans certains quartiers où la population a un peu plus de chance, l’eau coule aux robinets par intermittence c’est-à-dire pendant un (1), deux (2) ou trois (3) jours par semaine « , a-t-il informé.


Il cité à titre illustratif, le cas de quartiers Uele, Mfidi, Kisantu, Lemba/ village et Bagata dans la commune de Makala et des quartiers Ngafani, Herady, Camp Ping et Mbala dans la commune de Selembao, où les habitants n’ont plus accès à l’eau depuis plus de deux (2) mois. Il en est de même des quartiers Mbuku, Amba, Révolution, Regideso, Kabila, Ngomba et Kumba dans la commune de Kisenso, où l’eau ne coule plus aux robinets depuis plus d’un (1) mois.


Il poursuit que la situation est plus que pire dans la commune de Mont Ngafula, particulièrement sur l’avenue Tshitenge au quartier Masanga Mbila, où les robinets de la REGIDESO se sont séchés depuis plus de cinq (5) ans.

Au quartier Mazamba situé dans la même commune, la population est dépourvue de l’eau potable depuis plusieurs mois.
Dans le même lot, il évoque le cas des résidents de la commune de Kasa-Vubu, singulièrement ceux des avenues Lisala, Gemena, Bosobolo,… au quartier Anciens Combattants, qui ne sont pas du tout épargnés de cette carence qui les prive de l’eau potable et rend en même temps leur quotidien intenable depuis le début de l’année 2026 en cours.

 » En vue de faire face à cette situation du reste insupportable, les victimes de la carence d’eau dans les différents quartiers et communes de Kinshasa sont obligés d’effectuer des longues distances à la recherche de cette denrée vitale ou encore de recourir à l’eau des puits ou des forages qui n’est pas du tout bonne pour la consommation et la santé humaines « , a-t-il indiqué.

Quid de l’électricité à Kinshasa ?

Comme pour l’accès à l’eau potable, M. Pierre-Serge Ntumba informe que l’accès à l’énergie électrique pose également d’énormes problèmes à travers la ville de Kinshasa, au détriment des milliers de ses habitants qui ne cessent de se plaindre suite au fait que leurs quartiers, avenues et rues, ne bénéficient plus régulièrement de la fourniture en électricité.


En réalité dit-il, les habitants de certains quartiers et de certaines communes de Kinshasa n’accèdent à l’électricité que durant quelques heures de la nuit ou de la journée selon les cas, tandis que dans certains autres, l’électricité est totalement absente depuis plusieurs semaines voire plusieurs mois.  » Et si par hasard l’électricité est rétablie, celle-ci est de très mauvaise qualité et n’est bonne que pour brûler des appareils des abonnés dont certains sont des démunis « , informe-t-il, citant le cas notamment de la commune de Makala, où de nombreux quartiers dont Bagata, Kisantu, Uele, Mfidi, Lemba-village, Makasi … demeurent sans électricité depuis des longs mois.


Pour dénoncer cette carence persistante en énergie électrique et ses conséquences ainsi que pour exprimer leur mécontentement quant à ce, les habitants du quartier Makasi ont organisé mardi 10 mars 2026, à la fois une marche pacifique et un sit-in devant le Centre de Vente des Services (CVS) de la SNEL/commune de Makala. Ils en ont aussi profité pour dénoncer le fait que la SNEL continue à leur envoyer les factures mensuelles de consommation du courant ; alors qu’ils n’en bénéficient plus depuis plusieurs mois.

La même difficulté à travers la capitale

Selon l’orateur, les abonnés de la SNEL résidant dans les différents quartiers de la commune de Kisenso sont eux également butés aux mêmes difficultés. C’est le cas de ceux des quartiers Gare, Dingi Dingi, Mujinga et Amba qui, malgré l’absence du courant depuis plusieurs mois, continuent à recevoir régulièrement les factures mensuelles de consommation de la part de la SNEL.


Dans la commune de Mont-Ngafula poursuit-il, si les habitants de certains quartiers parmi lesquels ceux du quartier Masanga-Mbila ont reconnu avoir l’accès à l’énergie électrique, ceux de certains autres quartiers dont Mazamba, Mama Yemo et Kindele ont au contraire dénoncé pour leur part, les délestages dont ils sont régulièrement victimes et qui ne leur permettent pas d’accéder comme il se doit au courant, cela, avec toutes les conséquences qui en découlent.

C’est pareil au quartier Anciens Combattants dans la commune de Kasa-Vubu sur les avenues Lisala, Gemena, Bosobolo, Irebu,…
Pierre-Serge Ntumba fait observer que la carence en énergie électrique est également remarquable dans la commune de Kalamu, où les résidents des avenues Buburu, Bukeye, Boyera, Bonzene au quartier Matonge et des avenues Lukutu, Bomenge, Mabinza, Wahanga, Mokariya, Kimbongo Kitona et Ezo ainsi que ceux du Camp Mpinzi au quartier Yolo-Sud et des avenues Pangu, Mokaria, Watsa, Bukavu au quartier Yolo-Nord, passent des journées et des nuits entières sans courant depuis de nombreux mois et ne savent pas actuellement à quel saint se vouer. Il en est de même pour les résidents des avenues Dispensaire, Dalias, Intendance, Construction, Limete et Bongolo au quartier Kauka.

Plaidoyer pour le paiement des factures par les services étatiques

M. Pierre-Serge Ntumba affirme que face aux difficultés réelles auxquelles la population fait face pour avoir de l’eau et de l’électricité dans la ville de Kinshasa, la VSV a effectué des descentes sur terrain pour mieux s’enquérir de la situation auprès de certains responsables de ces deux entreprises.


 » D’une manière générale, ces responsables ont reconnu la carence en eau potable et en électricité y compris les délestages réguliers et parfois intempestifs sus évoquées, qu’ils attribuent entre autres : au non-paiement de leurs factures de consommation d’eau et d’électricité par les différentes institutions étatiques, ce qui constitue un manque à gagner pour ces entreprises qui ne savent pas faire face à leurs différentes dépenses de fonctionnement.

C’est le cas entre autres des services étatiques, des camps de la police et des FARDC, des parquets, des maisons communales, des habitations de certains officiels et de leurs bureaux,…. dont les factures de consommation d’eau et d’électricité demeurent impayées depuis longtemps.


A toutes ces causes, les responsables contactés ont ajouté concernant la SNEL, l’endommagement des poteaux et des câbles électriques suite aux travaux de réhabilitation de certaines infrastructures routières ainsi que la spoliation de certaines cabines de la SNEL par des privés.
Concernant la REGIDESO, les responsables contactés par la VSV, ont évoqué le cas de vol des tuyaux et leur vétusté dans certaines communes de la capitale, leur destruction suite à l’apparition des érosions dans certains autres quartiers et communes ou encore au bouchage des vannes et des tuyaux, les constructions anarchiques sur certains de ses tuyaux, ce qui ne permet pas à ses techniciens d’y accéder facilement et d’y effectuer des travaux.


Tout en prenant acte des raisons avancées qui sont à la base de la carence d’eau et d’électricité dans la ville de Kinshasa, la VSV constate qu’il se pose un problème réel de prise au sérieux des responsabilités des uns et des autres.  » Il s’avère que les problèmes évoqués et qui sont à la base de manque d’eau et d’électricité dans beaucoup de quartiers, sont très solvables si l’Etat congolais prenait au sérieux ses responsabilités pour mieux s’occuper de sa population régulièrement dans tous les secteurs de la vie « , peut-on lire dans la déclaration remis à la presse, où la VSV dénonce le fait que malgré les difficultés réelles et connues de toutes les autorités en ce qui concerne la carence d’eau et d’électricité pendant des semaines voire des mois dans plusieurs quartiers de la ville de Kinshasa, que la REGIDESO et la SNEL avec leurs agents très zélés déployés sur terrain se rabattent trop sur la population pour fonctionner ; alors que c’est l’Etat congolais qui refuse de payer ses dettes et qui consomment à travers ses nombreux services sans payer.

Des factures pour des services non rendus

Au regard de tout ce qui a été évoqué ci-haut, la VSV dénonce également l’envoi à la fin du mois, des factures à des clients qui n’ont rien consommé le mois voire des mois et l’obligation de payer de l’eau ou de l’électricité non consommée sous divers prétextes. Elle dénonce également des intimidations notamment de déconnexion, de déterrement des tuyaux, des câbles pour contraindre une population démunie à payer ce qu’elle n’a pas consommé.

Recommandations

En vue de répondre aux droits de la population à l’eau potable et à l’électricité dans les quartiers où la population souffre de leur carence, la VSV demande à l’Etat congolais, de prendre en mains ses responsabilités à travers le Gouvernement, pour contraindre tous les services étatiques à s’acquitter régulièrement de leurs factures de consommation d’eau et d’électricité.


L’Etat devra également doter la REGIDESO et la SNEL des moyens matériels et financiers nécessaires, pour rendre permanente et régulière la desserte des habitants de la ville de Kinshasa en eau et en électricité ; Mener une lutte acharnée contre la construction anarchique des maisons et des immeubles sur les tuyaux, les vannes de la REGIDESO pour permettre à ses techniciens d’y accéder chaque fois que le besoin se fera sentir ; Restituer à la SNEL, toutes ses cabines actuellement spoliées et engager des poursuites judiciaires contre les auteurs, complices et bénéficiaires desdites spoliations pour qu’ils soient sanctionnés conformément à la loi ;
Sanctionner de manière exemplaire, tous les individus impliqués dans le disfonctionnement de la REGIDESO et de la SNEL et Prendre les dispositions nécessaires en faveur de la remise en état des poteaux et des câbles électriques de la SNEL endommagés suite notamment aux travaux de réhabilitation des infrastructures routières à Kinshasa.


S’agissant de la REGIDESO et la SNEL, elles doivent
Améliorer la desserte de la population de la ville de Kinshasa en eau potable et en électricité ; Terminer dans un délai raisonnable les travaux amorcés à travers la ville de Kinshasa en faveur de la desserte convenable et régulière de la population en eau et en électricité ; Adapter les factures mensuelles de consommation d’eau et d’électricité à la desserte réelle bénéficiée par les clients et
Suspendre l’émission des factures mensuelles de consommation d’eau et d’électricité dans les quartiers où les clients n’en bénéficient plus depuis un temps et ce, jusqu’à la reprise effective de la desserte.

José Wakadila

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