Aujourd’hui commence, dans l’Amazonie brésilienne, le Sommet de Belém, qui précède la 30e Conférence des Nations Unies sur le changement climatique (COP30).
» J’ai convoqué les leaders du monde entier pour cette réunion, peu de jours avant l’ouverture de la COP, afin que tous s’engagent à assumer leur responsabilité multilatérale d’agir avec l’urgence qu’exige la crise climatique « , fait savoir dans un message, le président Luiz Inácio Lula da Silva.
Selon le président brésilien, si le monde n’agit pas de façon effective, au-delà des discours, nos sociétés ne croiront plus, de façon générale, aux COP, au multilatéralisme et à la politique internationale.
Il a rappelé que le Brésil a accueilli le Sommet de la Terre en 1992. » Nous avons approuvé les conventions sur le Climat, la Biodiversité et la Désertification, de même que les principes qui ont établi un nouveau paradigme et la voie pour préserver la planète et l’humanité « .
Il ajoute qu’au cours de ces 33 ans, les rencontres ont abouti à des accords et des objectifs importants pour la réduction des gaz à effet de serre (atteindre zéro déboisement, tripler l’utilisation de l’énergie renouvelable, entre autres).
Brésil : plaque tournante du changement climatique
Plus de trois décennies après poursuit-il, le monde revient au Brésil pour discuter de la lutte contre le changement climatique.
» Ce n’est pas un hasard si la COP30 a lieu au cœur de la forêt amazonienne. C’est l’occasion pour les responsables politiques, diplomates, activistes et journalistes, de connaître la réalité de l’Amazonie « , relève le président Lula.
Et de poursuivre : » Nous voulons que le monde voie la situation réelle des forêts, du plus grand bassin hydrographique de la planète et des millions d’habitants de la région « .
Pour le chef de l’Etat brésilien, les COP ne doivent pas être seulement une foire de bonnes idées ni un voyage annuel des négociateurs. Elles doivent être l’occasion d’un contact avec la réalité et d’une action effective dans la lutte contre le changement climatique. » Pour combattre ensemble la crise climatique, nous avons besoin de ressources. Et aussi de reconnaître que le principe des responsabilités communes mais différenciées, continue d’être la base incontournable de tout pacte climatique légitime « , a-t-il indiqué.
Pour cette raison fait-il savoir, le Sud global exige plus d’accès aux financements. Non par charité, mais par justice. Les pays riches ont été les grands bénéficiaires de l’économie fondée sur le carbone. Ils doivent, en conséquence, être à la hauteur de leurs responsabilités. Non seulement assumer des engagements, mais honorer leurs dettes.
Le Fonds Forêts Tropicales pour Toujours, une opportunité à saisir
À en croire le président Lula, le Brésil est en train de faire ce qui lui revient. » En deux ans, nous avons déjà réduit de moitié la surface déboisée en Amazonie, démontrant qu’il est possible d’agir concrètement pour le climat. Nous irons lancer, à Belém, une initiative innovante pour préserver les forêts : le Fonds Forêts Tropicales pour Toujours (TFFF, en anglais). Il est innovant car il s’agit d’un fonds d’investissement et non d’un don « .
En clair président le président Lula, le TFFF rémunérera ceux qui maintiendront et protégeront leurs forêts et aussi ceux qui investiront dans le fonds. Une logique gagnant-gagnant dans la lutte contre le changement climatique. » Donnant l’exemple, le Brésil a annoncé un investissement d’un milliard de dollars dans le TFFF et nous attendons des contributions tout aussi ambitieuses d’autres pays. En outre, nous avons donné l’exemple en devenant le deuxième pays à présenter sa nouvelle Contribution Déterminée au niveau National (CDN) « .
En outre, précise le président Lula, le Brésil s’est engagé à réduire entre 59 et 67 % de ses émissions, incluant tous les gaz à effet de serre et tous les secteurs de l’économie.
C’est dans cette perspective dit-il, que le Brésil appelle tous les pays, à présenter des CDN aussi ambitieuses et à les mettre en œuvre sans délai.
En outre, le président Lula affirme que la transition énergétique est fondamentale pour atteindre les objectifs de la CDN brésilienne. » Notre matrice énergétique est l’une des plus propres du monde, avec 88 % de l’électricité provenant de sources renouvelables. Nous sommes les leaders en biocarburants et nous progressons dans les énergies éolienne, solaire et hydrogène vert » .
Pour lui, affecter les ressources issues de l’exploitation du pétrole pour financer une transition énergétique juste, ordonnée et équitable sera fondamental. Les sociétés pétrolières du monde dit-il, comme la société brésilienne Petrobras, se transformeront, avec le temps, en entreprises d’énergie, puisqu’il est impossible de continuer indéfiniment avec un modèle de croissance fondé sur les combustibles fossiles.
D’autre part, le président Lula reste d’avis que les populations doivent être au cœur des décisions politiques sur le climat et la transition énergétique. » Il faut reconnaître que les secteurs les plus vulnérables de notre société sont les plus touchés par les effets du changement climatique ; les plans de transition juste et d’adaptation doivent donc viser à réduire les inégalités. Nous ne devons pas oublier que deux milliards de personnes n’ont pas accès à la technologie et à des sources d’énergie propres pour cuisiner, et que 673 millions de personnes ont encore faim dans le monde « .
Comment relever le défi ?
Pour répondre à ce défi, le président Lula propose de lancer à Belém, une Déclaration sur la Faim, la Pauvreté et le Climat. Car dit-il, il est essentiel que l’engagement dans la lutte contre le réchauffement climatique soit directement lié à la lutte contre la faim.
Il est également fondamental d’avancer dans la réforme de la gouvernance mondiale. » Aujourd’hui, le multilatéralisme souffre de la paralysie du Conseil de sécurité de l’ONU. Créé pour préserver la paix, il ne parvient pas à empêcher les guerres. Pour cela, c’est notre devoir de lutter pour la réforme de cette institution.
À la COP30, nous proposerons la création d’un Conseil du Changement Climatique à l’ONU, rattaché à l’Assemblée générale. Une nouvelle structure de gouvernance, forte et légitime, pour garantir que les pays tiennent leurs engagements. Un pas concret pour briser la paralysie actuelle du système multilatéral « , à promis le président brésilien, avant de conclure : » A chaque Conférence sur le Climat, nous entendons beaucoup de promesses, mais peu d’engagements réels.
L’époque des proclamations de bonnes intentions est révolue : l’heure est venue des plans d’action. C’est pourquoi nous commençons, aujourd’hui, la « COP de la vérité » « .
José Wakadila
