La Première ministre et cheffe du Gouvernement de la République démocratique du Congo, Judith Suminwa Tuluka, a procédé, ce lundi, au lancement des travaux de la table ronde nationale consacrée aux défis de l’aménagement du territoire. La cérémonie s’est tenue au Fleuve Congo Hôtel, à Kinshasa.
Dans son allocution, la cheffe du Gouvernement a souligné que cette rencontre s’inscrit dans une démarche stratégique visant à faire de l’organisation de l’espace national un levier structurant de la transformation du pays.
Elle a rappelé que l’aménagement du territoire constitue un enjeu majeur pour la République démocratique du Congo, en ce qu’il conditionne à la fois la valorisation des ressources, l’équilibre du développement entre les provinces et la cohérence de l’action publique.

Selon Judith Suminwa Tuluka, cette table ronde traduit la volonté du Gouvernement de poser les bases d’une politique nationale d’aménagement du territoire cohérente, intégrée et durable. Elle vise, durant deux jours, à réunir les acteurs institutionnels, techniques et politiques autour d’un diagnostic partagé et d’une vision commune.
Les travaux s’articulent autour de quatre axes principaux : l’état des lieux de l’aménagement du territoire au niveau provincial, l’analyse des défis et des perspectives, la contribution de ce secteur aux projets structurants ainsi que la définition d’une vision commune.
La Première ministre a également souligné que cette initiative s’inscrit dans la vision du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, axée sur la transformation structurelle du pays. Elle s’aligne, par ailleurs, sur les orientations du Programme d’actions du Gouvernement 2024–2028, qui fait de l’aménagement du territoire un instrument stratégique pour améliorer la connectivité, réduire les disparités régionales et promouvoir un développement équilibré.
Un engagement renforcé pour la planification territoriale
Le Gouvernement s’engage notamment à renforcer la planification territoriale, développer les infrastructures structurantes, améliorer la gouvernance foncière et intégrer les enjeux environnementaux.
« Consciente de ces enjeux, j’ai signé le décret n°26/09 du 30 mars 2026 portant création du Conseil national de l’aménagement du territoire (CNAT), chargé de définir les orientations et objectifs de la politique nationale, d’arrêter les modalités d’élaboration, de suivi et de révision du plan national d’aménagement du territoire, ainsi que de préparer les schémas régionaux », a déclaré la Première ministre.
Elle a exprimé son attente de voir les travaux déboucher sur un diagnostic précis, des propositions opérationnelles et une feuille de route claire, destinés à alimenter les prochaines sessions du CNAT.
De son côté, le ministre de l’Aménagement du territoire, Jean-Lucien Bussa Tongba, a qualifié cette table ronde d’étape historique dans la marche vers l’émergence économique du pays.

« L’aménagement du territoire n’est plus une option technique. Il constitue désormais un instrument stratégique de gouvernance, un levier de développement économique, un facteur de cohésion sociale et un outil de souveraineté nationale », a-t-il affirmé.
Appelant à une mobilisation collective, il a insisté sur la nécessité d’agir avec discipline, cohérence et détermination afin de bâtir un territoire organisé, productif et durable.
Des défis structurels à relever
Pour sa part, le secrétaire général à l’Aménagement du territoire, Menzu Ngolo Dieudonné, a mis en lumière les défis majeurs auxquels fait face le pays. Il a relevé que l’espace national demeure faiblement structuré, marqué par des disparités territoriales, une faible connectivité et des difficultés d’accessibilité entre les provinces.

Face à cette situation, il a plaidé pour une mise en œuvre effective de la Politique nationale d’aménagement du territoire (PNAT), en vue de réduire les inégalités, renforcer la cohésion nationale et favoriser un développement harmonieux.
Cette table ronde vise ainsi à instaurer un engagement commun entre le pouvoir central et les provinces pour relever les défis du secteur et accélérer la mise en place d’un territoire national équilibré, intégré et durable.
